Lectures analytiques

 

 

 

Lecture analytique numéro 21, Le pain, Le parti pris des choses, Francis Ponge, 1942.

Intro : accroche – groupe « tel quel », influencé par les surréalistes, transformer le langage. Présentation recueil : expliquer le titre Présentation du poème Problématique : Comment Ponge transforme-t-il un aliment quotidien en objet poétique ? Plan : Dans une première partie… I) Une véritable définition poétique a) technique et précision - Poème très structuré (connecteurs « d’abord » puis « Ainsi donc » + chaque strophe possède sa signification) et évolue, on passe de la cuisson à l’engloutissement du pain, de l'extérieur à l'intérieur. - registre didactique : présent de vérité générale. Impératif. Langage spécifique associé au pain. - discours explicatif : « à cause » « lorsque » qui offre une véritable définition complète du pain. b) simplicité et poésie - Poète = simple narrateur, pas de « je » mais « on » et « nous », union poète-lecteur. + prose. = Simplicité. - voc . familier « quasi » « à cause », et voc.courant, accessible : - présent (temps simple), phrase nominale : Forme abordable - originalité : le thème + vocabulaire qui surprend le lecteur : « stellaire » « panoramique » « masse » « respect » « consommation » et la comparaison avec les « sœurs siamoises » et « l’éponge ». Amène la curiosité, des touches de surprise, marque l’originalité dans cette définition. - musicalité : allitération : / répétition : - véritable ode au pain, ouvre les portes de l’imaginaire du lecteur, véritable voyage, lui fait voir ce pain qu’il voit tous les jours mais qu’à force il ne voit plus. (Discours descriptif : beaucoup de comparaisons, adjectifs et figures de style de l'image (métaphore, comparaison)) + Epanadiplose du « pain » (dans 1ere et dernière phrase) marque l’importance du thème. II) pour une allégorie du monde a) Croûte et montagne - vu d’ensemble « panoramique » - adj laudatif « merveilleuse », adverbe « si nettement »... - comparaison hyperbolique ac accumulation ascendante « les Alpes... » - champ lexical de la Nature (vallée, crevasse...) - métaphore de la Genèse. Dc le pain= la Terre, le monde. Surface du pain et mais aussi surface du monde. b) mie et terre - rupture ac tiret + alinéa. Monde moins beau, plus sombre. Adj dépréciatifs « mollesse ignoble » « lâche et froid » (parallélisme) - comparaison écœurante ac l’éponge et anormale ac les sœurs siamoises (allitération en « s ») qui s 'opposent à l’image de la nature ac l’évocation de « feuilles ou fleurs » (paronomase) - image de la terre, la poussière, le sol, mais aussi de la mort (ac les verbes rassir, faner) c) rupture finale - rupture finale visuelle ac les « … », la conjonction de coordination marquant l’opposition « mais » et l’impératif qui suit qui change du présent descriptif - conjonction de coordination « car » marque l’explication finale - comparatif « moins que » montre l’opposition entre respect pour le pain et consommation de l’aliment. Chute finale car Ponge vient de faire l’inverse de ce qu'il est en train de dire. Surprendre le lecteur, le faire réfléchir sur le langage. Double sens du mot « pain » qui est aussi le titre du poème, et « notre bouche » = parler. Il faut manger, se nourrir de la poésie, la transformer en objet du quotidien, qu'elle devienne quotidienne. Et c'est ce que Ponge défend, et essaie de faire en mettant en scène dans ses poèmes des objets ou aliments dits « ordinaires ». Lecture analytique numéro 20, «L'âme du vin », Les fleurs du mal, Baudelaire, 1857. Intro : - accroche : - présentation recueil -présentation du poème - problématique : Dans quelle mesure Badelaire fait-il l'éloge du vin ? - plan : I) Un poème qui enivre a) évolution du poème - jeu ac les temps : passé (chantait)/présent (je pousse)/ futur (tu me glorifieras)= agitation, confusion + projection du vin : le futur termine le poème car le vin se projette, il affirme ses effets, il montre qu'il se connait. - rimes croisées : instabilité - le vin prend de plus en plus de place, de pouvoir, dans le poème : rupture à la 3em strophe : - les strophes 1, 2 et 3 introduisent l’histoire et les personnages ( le vin et l’homme), avec des termes sombres : « prison » « déshérité » « peine » « ingrat » « froids caveaux » les strophes 4 5 et 6 parlent des effets du vin avec l’utilisation de termes optimistes : « ravie » « content » « glorifier » « rare » etc. Montée en puissance du vin, de son discours. (montée de l'ivresse) - sensualité de plus en plus forte, commence par « « éprouver » « chaude poitrine » et finit par « amour » « naisse » « jaillir ». b) effet de l’ivresse dans le poème lui-même - effet physique de l’ivresse sous entendu avec la mise en valeur du mot « tombe » en fin de vers, avec un enjambement (vers 9), et une antanaclase (« tombe » le verbe conjugué, « tombe » le nom commun) et la répétition : « tombe » répété deux fois, + « tomberai » une fois. L’accent sur le mot « tombe » rappelle la chute, l’instabilité, le vacillement que l’on peut ressentir sous l’effet du vin. - champ lexical du chant : « chanter » « chant » « refrain » « entendre » retentir » = ivresse amène le chant, ambiance chaleureuse. - l’euphorie omniprésente avec le champ lexical de la jovialité « chanter « lumière » hyperbole « joie immense » animalisation de l’« espoir » qui « gazouille » comme un oiseau, métaphore du feu avec « allumer les yeux » II) dans lequel l’homme et le vin s’unissent a) l’homme - apostrophe à l’homme « Homme » ouvre le dialogue = le « tu » marque la complicité entre le vin et l’homme. Devient de plus en plus précis ac « ta femme » « ton fils » « l’athlète ». - condition difficile de l’homme ( avec l’apostrophe, la périphrase « ô cher déshérité » + la phrase « usé par ses travaux ») qui devient plus vivable grâce au vin : l’expression « les coudes sur la table » illustre bien la détente de l’homme amenée par le vin. - éloge du vigneron ac accumulation + verbe « falloir » qui marque la nécessité + vu comme Dieu ac le parallélisme « Pour engendre ma vie et pour me donner l’âme » qui marque la puissance du vigneron. -l’homme est un bel écrin pour le vin « chaude poitrine »+ oxymore « douce tombe »+ « gosier » « où je me plais » qui sauve le vin de sa bouteille. L’antithèse « chaude poitrine » et « froids caveaux » illustre l’idée d’un homme sauveur, il libère aussi le vin : « Sous ma prison de verre et mes cires vermeille » est un parallélisme et une périphrase désignant la bouteille qui contient le vin (ouverte par l'homme). - puissance de l’homme, pas slmt du vigneron, vers 22 (fait échos au vers 7) : « l’éternel semeur « périphrase qui peut évoquer Dieu (avec éternel) mais aussi l’homme (qui sème les graines de la vigne) L’homme devient donc créateur, le vin le loue et l’assimile à Dieu. b) le vin - Personnage principal du poème : personnification du vin (« j’éprouve ») avec une prosopopée (le poème est une longue prise de parole du vin) discours direct. - Vin idéalisé : associé au divin « lumière » « âme », périphrase « végétale ambroisie », « grain précieux » « éternel Semeur » « Dieu » + le futur des dernières strophes rappelle le ton des 10 commandements. - Vin dynamique : verbes d’action - vin bienfaiteur, véritable remède ac chiasme vers 17 18, et l’antithèse « frêle » et « raffermir ». - manipulateur, il vante ses mérites pour mieux arriver à ses fins : être bu ! Il adopte une véritable stratégie argumentative : il flatte, il plaint, il s'apitoie, il glorifie l'homme et n'évoque que ses bénéfices. - Véritable être humain : doté d’un corps « en mon sein », d’une « âme » « ‘l’âme du vin », de sentiments (verbes d’état « être » « éprouver ») et de parole. c) fusion/union - Homme et vin sur un pied d’égalité, deux êtres ac âme corps et parole - complicité avec le « tu » le « cher », qst qui marque également l’adresse à l’homme. - sensualité ac allitération en « s » (3e strophe)+ atmosphère particulière « un soir », « engendrer » « chaude poitrine » « douce » « plaire » + le vers « J'allumerai les yeux de ta femme ravie; » et ce que nous avons déjà relevé : « amour » » naisse ». L’homme et le vin rentrent en contact dans le 3e strophe et cela amène la naissance de la poésie (assimilée à un enfant)= procréation (qui rappelle le mot création) - union concret à la dernière strophe avec « notre amour » « naisse la poésie »( = création) qui sera une « rare fleurs »(périphrase) (échos au titre du recueil). Poésie puissante : va jusqu’à Dieu ac l’hyperbole « Qui jaillira vers Dieu ». L’union de l’homme et du vin amène donc la poésie pour Baudelaire. Conclusion du poème. Lecture analytique numéro 19, « L'huître », Le parti pris des choses, Francis Ponge, 1942. Intro : - influence surréalisme (1930), fréquente certains auteurs du Nouveau Roman/ 1960 intègre groupe de réflexion « Tel quel »/ nouvelle manière d’envisager l’écriture et la question de l’écriture poétique. - présentation recueil : parution 1942 (certains poèmes écrits dès 1924)/ expliquer le titre - Présenter le poème. - Problématique : A travers ce poème, comment, et quelle vision du monde poétique propose Ponge ? (L’huître dans ce poème n’est elle décrite que pour elle-même ? ou encore Quels changements poétiques ce parti pris met-il en place ?) - Plan. I) Une poésie originale a)la poésie du texte - structure (trois strophes, extérieur/intérieur/bijoux, du plus accessible au moins accessible (et même au plus rare)+ alinéas sans blanc typographiques = impression de strophe poétique. Texte structuré car connecteur « pourtant » « parfois » amène l’idée d’une poésie dynamique et organisée) - musicalité (nombreuses virgules et « : » divisent les phrases en segments, ponctuation rythmée, impression de césures + différents rythmes (rythme ternaire « les doigts… », rythme binaire « les coups… », un souffle (rythme blanc) « C’est un monde… », phrase divisée en 4, …) (allitération en « g »= aspect granuleux, en « r »= rocailleuse, assonance en « o » : forme et son de la lettre rappelle un enclos, allitération en « k » exprime la difficulté. Etc… syllabe « âtre » qi revient comme une rime.) - images (- comparaison galet, métaphore du monde, métaphore du ciel, parallélisme, personnification, métaphore filée…) et éveil des sens. b) originalité - forme (prose et le vocabulaire) - langage technique (registre didactique, discours explicatif), lgg simple et accessible. - le thème (rendre sérieux et poétique l’huître, normalement poésie chante l’homme et ses sentiments, ici huître qui devient d’ailleurs un sujet sérieux, évoque la réalité de l’homme) II) Au sens caché a) l’huître - extérieur (description, oxymore, chiasme, extérieur hermétique, le « on », métonymie) - intérieur (vital, complet, polysémie, divin, laideur, sens, rondeur, accumulation, opposé au monde précédent) - la perle (ccl de la poésie, beauté, surprise) - réalité prosaïque (détails) b) le monde poétique - sens caché, 2e lecture -dernier phrase éclaire le sens (esthétique de la poésie) - monde clos, paradoxal (jeu opposition), monde divin, monde qui s’ouvre, au lecteur mais aussi à celui qui sait manier la poésie, dimension céleste, monde riche, poésie nourrit intellectuellement

Lecture analytique numéro 18, "L'ALBATROS", les fleurs du mal, Baudelaire, 1857

Intro : - accroches possibles : voyage à la Réunion en 1842, Baudelaire un écrivain inclassable (romantique, parnassien, symboliste), autre… - présentation de l’œuvre/ présentation du poème : très connu, montre la malédiction que fait peser la société sur le génie. - Problématique : Par quels procédés/comment le poète s’assimile-t-il ici à l’albatros ? -plan I) Vivacité du texte a) théâtralité (une véritable scène de théâtre) - un lieu précis (la mer, champ lexical maritime…) - de l’action (verbes d’action…) - des personnages : - les hommes : flou, général « on » « les hommes d’équipage », « l’autre » « l’un », apparaissent cruels « s’amuser » « agacer » « mimer », brutalité des hommes qui raillent, parodient et même insultent l'animal : « huées ». - l’albatros : mis en valeur grâce aux nombreuses périphrases (une pour chaque strophe minimum), liberté mouvement : « voyage » « mer » « suivent » « rois de l’azur » : appuie l’idée de grandeur de l’oiseau et de symbiose ac son environnement l’oiseau est « vaste » comme son environnement. b) une structure évolutive - 1ere strophe : vue d’ensemble/ 2e strophe : vue rapprochée (au sol)/3e strophe : confrontation/dernière strophe : moralité - Le présent (différentes valeurs : descriptif, d’habitude et pour finir vérité générale) - On passe de l’anecdote, (d’un événement particulier) « souvent » « à peine » « naguère » à l’allégorie, l’albatros devient le poète. II) Le pouvoir de l’allégorie a) de l’oiseau au poète - assimilation passe par majuscule de « Albatros » (dans titre) et du « Poète » - termes des périphrases, personnification de l’oiseau. b) un même mal-être - registre pathétique - jeu des oppositions (lieux/beauté-laideur/adj. Laudatif dépréciatif) - climat brutal (torture physique mais surtout morale) - vision : solitude de l’homme de génie (déjà amorcée par La Pléiade et les romantiques), le poète se moque des dangers venant de la terre (les flèches) incapacité du poète à s’adapter à la réalité concrète « au sol », sa patrie à lui est l’espace infini et sublime (la mer, le ciel, l’imagination), sentiment d’exclusion, parias « exilé »

Lecture analytique 17, Phèdre, Acte V scène 6, Tirade de Théramène.

Intro : Accroche classicisme/ longue tirade au théâtre = performance d'acteur (ex : tirade du nez dans Cyrano, tirade d'Yvan dans Art de Yasmina Reza, etc.)/Evoquer la représentation théâtrale et ses contraintes (comment représenter la mort, l'amour, etc. sur scène?). Présentation auteur pièce/présentation extrait (bien parler de début du dénouement). Problématique : Comment Racine parvient-il à faire des contraintes classiques de véritables atouts pour magnifier son dénouement ? Plan : I) Un récit poétique II) pour raconter l'épouvantable I) Un récit poétique et émouvant a) Théramène, un conteur - locuteur = gouverneur d'Hippolyte, 1vers « nous » : lien fort entre H et T - structure du récit : 1498 au vers 1506 = introduction, situation initiale, utilisation de l'imparfait, ambiance pesante : « affligés », « son silence », « tout pensif », « laissait flotter les rênes »= Théramène présente son personnage calme et ailleurs, pris dans ses pensées (calme avant la tempête, annonce la suite). Antithèse « autrefois » « maintenant » qui oppose le comportement vif des chevaux d'Hippolyte autrefois, à celui passif d'aujourd'hui. 1506 à 15516-1517 à 1524 : élément déclencheur : arrivée et description du monstre marin. Encore une fois maîtrise de l'art du récit de la part de Théramène qui crée du suspense : monstre = d'abord par les sons « cris » « voix ».+ Retranscrit dans l'ordre ce qui s'est passé et met le spectateur à la place des personnes présentes à ce moment là. 1525 à 1554 : le combat. « blessure » « javelots », creshendo de la violence on passe de « blessure » à, avec l'hyperbole métaphorique : « Tout son corps n'est bientôt qu'une plaie » 1555 à fin : mort du héros, situation finale. Apparition du « je » pour exprimer l'émotion de Théramène, encore choqué, + DD d'Hippolyte. Dans ces derniers vers, nous avons les causes ( « le ciel », « des dieux triomphe la colère » = pouvoir des Dieux, destin.+ « faussement accusé » = accusation de Phèdre : Hippolyte maudit par son père par la faute de Phèdre) et conséquences (« ma mort », « ce héros expiré », « triste objet( ...)que méconnaitrait l'œil même de son père »)= situation finale, clôture du récit. b) montrer sans montrer ou l'art de la description - vivacité du récit : changement de temps (imparfait, présent, impératif) + Compléments circonstanciels de temps nombreux  (« à peine  nous sortions », « autrefois », « maintenant », « en ce moment », « éternelle » « bientôt » « un jour ») divisent bien les événements et rythment le récit + Multiplicités des pronoms personnels : « nous » « on » « il » « ils » « votre ».+ Enjambements  (exemple : vers 1498, vers 1499,etc), un vers = une unité (exemple : vers 1501 1502 1517 etc), hémistiches (vers 1503, 1519 ... ) groupe ternaire (ex vers 1515 1516 1524 …) rejet (« un dieu » vers 1540), contre-rejet (« l'intrépide Hippolyte » vers 1542 « cette image cruelle » vers 1545). - hypotypose : détails visuels (couleur « ils rougissent le mors d'une sanglante écume », « les rochers en sont teints », « jaunissantes »)+ détails sonores  (« cri » « voix » « gémissant » « un gros bouillon » « mugissant » « il veut les rappeler » « nos cris de douleur » « je l'appelle » « il dit » « à ce mot »)+ champ lexical du corps + adjectifs (« œil morne » « tête baissée » « le crin s'est hérissé » « cornes » « corps » « écailles » « sa croupe » «  une main sûre » « aux pieds » « gueule » « cheveux » « bras »...) - poésie : pouvoir de l'image (nombreuses métaphores ex :1511 « notre sang s'est glacé », personnifications, ex :vers 1557-1558, répétition des 4 éléments, thèmes poétiques : « flot », « air » « terre »), musicalité (rythme dont nous avons déjà parlé + nombreuses allitérations, ex : en « m » pour décrire le monstre, en « f » pour faire entendre l'arrivée du monstre et le bruit des vagues, en « s »vers 1528 : détermination d'Hippolyte, jeu sur les sonorités des mots (« fois » avec « ni le frein ni la voix » « sa croupe se recourbe » « précipite » et « intrépide » « plaie » « plaine »). transition : bienséance respectée grâce à l'éloquence de Théramène , pourtant récit reste particulièrement violent. II) Pour raconter l'épouvantable a) le monstre et la lutte - Puissance du monstre (registre fantastique + périphrases (« montagne humide », « indomptable taureau, dragon impétueux » = parallélisme de construction + jeu sonore sur le « t » et « p » « monstre furieux » « monstre épouvantable », « monstre sauvage », répétition « monstre », champ lexical animal : « son front large » « cornes » « écailles » « sa croupe » « mugissant » « gueule ») - les autres : personnification des éléments (même eux ont peur « avec horreur » « s'en émeut » « recule épouvanté » … + hyperbole « tout fuit » = pas que êtres humains, le matériel( les humains, les êtres vivants) et l'immatériel (les éléments) + réaction des chevaux. - registre épique lexique du combat, modalisateurs forts, hyperboles, rythme . - dégoût « écailles jaunissantes » « l'air en est infecté », énumération « de feu, de sang et de fumée », métaphore « sanglantes écumes », « trainé par les chevaux », « de son généraux sang la trace nous conduit », « les ronces dégouttantes...dépouilles sanglantes » + DD d'H = émouvant + « un corps défiguré » +« que méconnaitrait l'œil de son père » métonymie . b. Mort d'un héros - registres pathétiques et tragiques  (Dieux évoqués plusieurs fois, champ lexical de la mort, hyperboles, dilemme du héros, nom « Hippolyte »= ironie, mort : tiré par ses propres chevaux et non par le monstre, émotion de Théramène, impératif + répétition « j'ai vu »+ hyperbole vers 1551 « Hippolyte voit voler en éclat tout son char fracassé » + « trainé par les chevaux que sa main a nourris » métonymie accentue pitié.) = ironie du lieu où H va mourir : cc de l (vers 1553-1554). Pour toucher le lecteur, émouvoir l'assemblée (spectateurs mais aussi et surtout Thésée) réabilité Hippolyte. - éloge d'Hippolyte : mis en valeur car début de vers + « il » pas besoin de le nommer + hémistiche. + forte présence de pronoms possessifs « son » « sa » « ses ».= pouvoir + lien ac chevaux le montre comme un guerrier obéi « ses superbes coursiers » « si noble obéir à sa voix » « se conformer à sa triste pensée » il est suivi même par ses chevaux. + césure à l' hémistiche et termes mélioratifs vers 1527 et adjectif « intrépide » + parallélisme de construction vers 1528 = rapidité d'Hippolyte, sait réagir, + est efficace : « large blessure » = se bat jusqu'à la dernière seconde «  il veut les rappeler... » + noblesse d'H : dans son DD n'évoquera ni vengeance ni haine, seulement l'être aimé « Aricie ». + rappel de son sang royale « des rois ses aïeux », + mort d'H déjà un mythe, référence à Jésus avec les ronces ensanglantées et avec l'utilisation de « on dit... » (vers 1539-1540) = déjà des rumeurs sur sa mort. = un héros (comme le nomme T à la fin de sa tirade). Conclusion : Tirade tous les ingrédients d'un récit épique, T mêle virtuosité de la langue et témoignage. Racine nous montre tout son talent en respectant les règles classiques tout en touchant profondément le spectateur.... ouverture :

Lecture analytique n°16, Hernani, Acte V, scène 6, Victor Hugo, 1830, de "hélas, qu'as-tu fait malheureuse?" à  la fin.

Intro : accroche (mouvement romantique, la mort au théâtre, Cyrano...). présentation œuvre, présentation extrait (dénouement). En quoi cette scène tragique peut-elle être perçue comme une victoire ? I) Une scène émouvante a) Registre tragique - phrases exclamatives, mais nous avons aussi une ponctuation expressive qui montre l'agitation des personnages. - apostrophe au « Ciel », évocation de la « fatalité » - interjections - description tragique de l'effet du poison ac métaphore du feu, contre-rejet « ma raison » « ce poison », personnification du poison b) pathétisme - stupeur des héros ac les exclamations, l'impératif. - Désespoir de Dona Sol « oh », et ses questions - stichomythies, échange syncopé, rythme saccadé qui appuie sur le pathétisme du dialogue amoureux dominé par le poison - comparaison qui revient entre le lit nuptial et le sépulcre - l'horreur du poison évoquée dans une métaphore « l'hydre » pour toucher le lecteur - naïveté de Dona sol : ses questions l. 6, 1.5, l. 24, amène un côté enfantin au personnage, sa naïveté, sa douceur (qui s'oppose à l'horreur de la scène, suicide du couple) - mort du rival « il se tue », parle jusqu'au dernier souffle de sa bien aimée « morte ». II) qui met en scène la mort comme une victoire a) évolution de la scène - actions précipitées à gestes adoucis ( didascalies, verbe « se jeter », ensuite « elle retourne la figure d'Hernani », plus calme), la voix aussi s'affaiblit ( didascalies « d'une voix de plus en plus faible » « un soupir ») - transformation on commence par « mon don juan » « mon amant », puis vient « une fiancée » puis « mon époux » - rimes passent par exemple de « malheur », « affreuse » au début de l'extrait à « dormons » « aimons » fin de la scène. b) l'union des personnages - jalousie de Don Ruiz Gomez, « ô douleur » plainte lorsqu'il les voit s'embrasser, « qu'ils sont heureux ! » montre DRG comme envieux de leur bonheur. - comparaison qui revient régulièrement et dont nous avons déjà parlé du lit nuptial et du tombeau, qui rapproche les deux héros. - Apaisement de Dona Sol, « je suis mieux » « rien, plus rien » ac répétition pour insister. -passe du « je » au « nous ». Elle est heureuse grâce à cet union,ce rapprochement. - rapprochement physique, didascalie « ils s'asseyent l'un près de l'autre » « ils s'embrassent.” c) la poésie. - métaphore qui les transforme en oiseau avec « ouvrir nos ailes » « vol », « clartés nouvelles » - euphémisme de la mort « clartés nouvelles » verbe « dormir » qui annonce un repos éternel - parfaite illustration du drame romantique (refus des règles classiques (ici nous avons le refus de la bienséance : trois morts sur scène), rejet du moralisme (suicide), lyrisme, héros portés par désirs, défis, mais rencontrent la fatalité qui mène à la mort)

Lecture analytique n°15, scène d'au, Acte V, scène 5, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897, de "Chacun de nous à sa blessure" à " Ce sang était le sien." 

 

Introduction :

Amorce :

Présentation œuvre et auteur :

Présentation de l'extrait :

Problématique :

Plan :

I) Une scène d'aveu

a) Suspense (montée du drame)

- ponctuation émouvante (avec la multiplication des points de suspension)

- répétition « Comme vous la lisez », « sa lettre », deux interrogations (vers 2437)qui se suivent (l'action est retardée), « d'une voix » : on suit l'aveu à travers la pensée de Roxane, ses souvenirs, on les sent remonter à la surface. Elle passe de l'affirmation sans crainte : « Tenez » à la suspension, l'effacement : « rêveuse » + verbes d'état : « étonnée », « troublée », « rêveuse », « elle trésaille ». Ses sentiments évoluent, on s'approche du drame avec elle.

- les mouvements sont comme des « vas et vient » nourrissent la tension dramatique entre les deux personnages : « debout près de lui » puis « elle revient à son métier » « elle s'approche tout doucement, sans qu'il s'en aperçoive... regarde la lettre. » : cette dernière didascalie avec l'aveu fait monter le suspense en multipliant les verbes d'action et en détaillant avec précision l'action.

- nous avons un aveu retardé, Cyrano nie les accusations de Roxane à l'aide de répétitions, qui amènent un certain suspense : « je vous jure » « ce n'était pas moi » « non » ; Roxane arrivera-t-elle à faire avouer Cyrano ?

b) Le cadre

- saison. Automne, les feuilles tombent comme les masques sont en train de le faire (ou les secrets), ajoute à la mélancolie, au pathos de la scène.

- la nuit (importance des didascalies, véritables parallélismes de construction « le crépuscule commence à venir » « la nuit vient insensiblement », ombre répétée deux fois, = reflètent une atmosphère particulière+ métaphore de la mort qui progresse et va emporter Cyrano+ permet l'aveu.

- le temps (14 années répété deux fois). Rien n'a changé, Cyrano est toujours là pour faire rire Roxane. Marqueurs temporels : « toujours vive » « blessure ancienne »antithèse qui met en parallèle le passe et le présent, comme s'ils étaient les mêmes. « papier jaunissant »+  conditionnel futur « qu'un jour vous me la feriez lire » prouvent le passage du temps. + importance du moment présent avec « aujourd' hui » et « ce soir ». - la blessure de Cyrano : il sait qu'il va mourir, c'est donc plus facile pour lui de laisser Roxane comprendre la supercherie.

c) le rôle de la lettre

- rôle primordial : « lettre » répété 7 fois + champ lexical lecture « lire » « lisant » « lisez » : force du langage, des mots. + « met la main sur sa poitrine » + « sachet pendu à son cou »= présence de Christian, la lettre figure Christian.

- point de départ de l'aveu ac l'exclamation « Sa lettre ! » + cond. Futur et formule restrictive + « je peux ouvrir ? » = délicatesse de Cyrano (tout en étant manipulateur, il sait ce qu'elle contient...Il se souvient des mots puisque ce sont les siens...)

- immortalise l'amour de Cyrano (redondance balcon et indices sur sa personne) ici aussi la lettre prend un sens moderne (14 ans après) : « Roxane, adieu, je vais mourir/ c'est pour ce soir je crois ma bien aimée/j'ai l'âme lourde d'amour encor inexprimé. »

+ lyrisme : « je » « vous », exagération (ex : gradation « ma chère, ma chérie, mon trésor »), métaphore « mes regards dont c'était les frémissantes fêtes » champ lexical de l'amour : cœur, amour, aimer baiser...etc

- amène l'aveu, devient une preuve. « Comment pouvez-vous lire à présent ? »

II) Un dénouement tragique

a) véritable tragédie

- situation tragique. Cyrano va mourir, le spectateur le sait ( précédemment didascalies : « pâle » « visage altéré » « ferme les yeux. Sa tête tombe. » + scène précédente il s'est pris un coup sur la tête. Ici aucun didascalie sur son état excepté « d'une voix qui faiblit » mais on ne sait pas si c'est sa blessure ou l'aveu qui engendre ce mal, et d'écoule de l'absence d'indication sur son état de santé l'idée que lire la lettre, parler d'amour, lui fait oublier sa douleur, le ragaillardit.

- registre tragique : interjections, champ lexical de la mort et la souffrance.

- cc de temps : « et pendant 14 années » deux fois + le pronom personnel « il » accentue la surprise de Roxane, son hébétement et donne l'impression qu'elle ne le connait plus. + « ce rôle » « ami » « drôle » : paradoxe : il l'aime et il souffre + oxymore « généreuse imposture » Idée d'un usurpateur

b) Roxane et Christian

- Christian présent dès le début de l'extrait à travers la lettre. Passe de « sa lettre » à « cette l'autre » et devient « l'autre »= Christian disparaît. + amertume de Roxane «  lui n'était pour rien » et c'est Cyrano qui le réhabilite « Ce sang était le sien » (opposé aux larmes et à l'âme de Cyrano, Christian reste donc associé au trivial) +  « j'aurais dû deviner quand il disait mon nom » on ne sait pas qui est désigné par le « il » est-ce Cyrano qui vient de répéter deux fois « Roxane » ou bien Christian qui manquait d'éloquence même lorsqu'il la nommait. Les deux personnages restent liés (d'ailleurs le parallélisme final « Ces pleurs étaient de vous ? » « Ce sang était le sien » appuie cette idée.

- Roxane : évolue tout le long de la scène . Passe de sereine à agitée. Elle bouge, réagit, elle est vivante alors que Cyrano est assis, passif ; Tous les deux s'opposent. Marque de l'étonnement ac didascalies + répétition, elle est tellement choquée qu'elle est en boucle « c'était vous ! » Comme une litanie. Montre encore une fois importance des mots : gradation dans ses répliques « les mots chers et fous » « la voix » « l'âme » :accentue l'esprit encore aujourd'hui. + on voit aussi de la confusion chez Roxane ac antithèse « que de choses qui sont mortes...qui sont nées » et ces dernières interrogatives. Elle ne comprend pas.

c) Cyrano

- Cyrano : déjà mort (ne bouge pas, ressasse le passé, demande à lire la lettre : reprendre son meilleur rôle...), peu de didascalies « lisant » « continuant » il est centré sur/accaparé par la lettre.

Répétition de « non » « Roxane » « je ne vous aimais pas » pour essayer de s'auto-persuader, il ne veut pas entacher la mémoire de son ami. L'antithèse « Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas » apparaît comme un aveu, comme un essoufflement, il n'a plus la force de nier.

Il est lié aux deux autres personnages, à Christian par la lettre et à Roxane par le dialogue : stichomythies + alexandrins explosés+ Roxane dans l'affirmation et lui dans la contradiction dévoilent une opposition entre les personnages. Ils ne peuvent pas s'appartenir, c'est le destin.

Conclusion :

- synthèse :

- ouverture :

Intro : Amorce : - comparaison scène du balcon de Roméo et Juliette, ou encore du trio amoureux de l’école des femmes, de la déclaration d’Arnolphe à Agnès à l’acte V, possibilité aussi de parler de l’indéfinissable genre de la pièce, ou du contexte historique et de la France déchirée par les régimes politiques, ou du genre théâtral et de sa spécificité d’être dit. - présentation œuvre et extrait (évoquer le nœud dramatique, milieu de la pièce) - problématique et plan : Par quels procédés Cyrano arrive-t-il à faire succomber Roxane ? Quel est l'enjeu de cette déclaration d'amour ? En quoi cette déclaration d'amour est à double sens ?

Lecture analytique n° 14, Scène du balcon, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897, de "Quels mots me direz-vous?" à "un baiser!".

I) Déclaration d’amour à une précieuse... a)Situation d'énonciation - Quiproquo : Roxane pense que c'est Christian qui parle or il s'agit bien de Cyrano caché par la nuit et la hauteur du balcon. - Roxane une précieuse : à refuser les mots de Christian la scène précédente, qui manquait d'éloquence, Roxane en veut plus, elle cherche la poésie. + évocation de ses manières, elle fait attention aux apparences (vers 1449 « Pour sortir le matin tu changeas de coiffure ») - cadre idéal : « ce soir » la nuit permet le quiproquo+ topos romantique. + présence de la Nature : « bouquet », « jasmin » « branche » « feuille » b) langage précieux. TROUVER DES EXEMPLES ! -lyrisme (« je », apostrophe « Roxane », voc.émotion/sentiments : adverbes d’intensité : comparaisons/métaphores : ). -idéalisation de la femme aimée : assimilée au Soleil, champ lexical de la lumière. - Cyrano parle de « vertu nouvelle » , vertu= notion primordiale chez les précieuses, trait de caractère indispensable, importance de la morale, du courage. c) amour sensuel et absolu -sensualité : fait appel aux sens (la vue, l’ouï, le touché, le goût ac l'ivresse répétée deux fois, l'odorat ac le « jasmin ») + sensations physiques : « trembler », « sentir », « étouffer » « frissonner » + réaction de Roxane avec une didascalie « d'une voix troublée » Roxane est touchée par les mots de Cyrano. + gradation «  Oui, je tremble, et je pleure, et je t'aime... » ac répétition de la conjonction de coordination « et » qui marque l'accumulation des sentiments de Roxane qui s'abandonne aux mots de Cyrano. - absolu : évocation de la mort, marqueur de temporalité absolu « tout le temps », obsession de Cyrano pour Roxane (argument d'expérience : évocation d'un souvenir avec une gradation de plus en plus précise)= exagération « chaque regard », répétition de « tout » - lien entre les deux amoureux : jeu avec les pronoms « ton bonheur », « le mien », « moi, vous, » « je » « tu ». II)...qui en cache une autre. a) un masque qui tombe... -opposition entre Christian trivial (« un baiser ! ») et Cyrano poète. - Cyrano laisse des indices sur sa personne : le souvenir du douze mai (l'année dernière Roxane et Christian ne se connaissaient pas), adjectifs « jaloux » et l'amour (de Cyrano) : « il n'est pas égoïste » et le nom « sacrifice » font penser à la situation + les questions posées à Roxane sont emplies de sous-entendus avec des verbes liés à la compréhension. + v 1466 « Sens-tu mon âme » métonymie qui désigne Cyrano et son esprit, « dans cette ombre » évoque la nuit mais aussi l'ombre de Christian.1467 à vers 1470 : accentuation du moment avec le pronom démonstratif « ce  soir », et les points d'exclamation amènent la surprise, cette déclaration avant n'était pas possible, Cyrano est surpris de pouvoir ouvrir son cœur. « Dans mon espoir même le moins modeste » allitération en « m » et litote (pour dire espoir le plus fou) + polyptote « espoir » et « espéré » pour montrer l'amour de Cyrano, + répétition vers 1479 « moi, moi » fier de réussir à faire succomber Roxane. b) … d'un personnage agité... - longueur des deux répliques - ponctuation expressives - perdu dans les pronom vous tu elle. - mouvement « descendre », « baise «éperdument », « ivresse ». - rythme changeant, vers binaire (1459, 1469, 1473...) groupe ternaire (ex : vers 1440, v1442, 1445, 1446, 1447, 1448) , vers dit en un souffle (1444, 1449, 1450, 1460,1476...) nombreux enjambements 1440-1441;1450-1451;1455-1456-1457 ;1461-1462 ; 1463-1464, 1471-1472... et rejet: anaphore « De l'amour »,+ 1469 « C'est trop » - tempête de sentiments : jalousie, amour, souffrance, joie. - répétitions nombreuses c) … qui souffre - champ lexical de la souffrance - évocation de la mort dont nous avons déjà parlé - oxymore « fureur triste » - répétition de « c'est trop » - gradation « je t'aime, je suis fou... » - étouffer, inonder, éblouir, envahir, trembler. Verbes connotés danger - réactions extrêmes : polyptote de trembler+ Cyrano accentue cause-effet, + ivresse et gradation de Roxane Ccl :-synthèse du devoir, - ouverture : dans cette scène :la seule fois où Cyrano va parler de son amour à Roxane, on trouve un quiproquo dans cet extrait, = amorce de la tragédie, faire un parallèle avec la scène finale, ou parler de Notre Dame de Paris de Victor Hugo (trio amoureux). Lecture analytique numéro 13, Acte I, scène 4, tirade du nez, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897.

Tirade du nez

- structure : ouvre sa tirade avec une entrée en matière qui va humilier le vicomte qui a fait preuve de peu d'éloquence. Va prendre sa place. Puis : 20 adjectifs donnant le ton d'une réplique. Création de personnages, de situations. Cyrano fait l'acteur et le metteur en scène. Fin de la tirade : retour au vicomte, humiliation directe, argument ad hominem. Rimes suivies+alexandrins (enjambements nombreux)

- grande place à l'humour : comique de mot, (jeu de mot « pétunez » « gros lot », autodérision permanente. Jeux avec les images, les situations (mer rouge, feu de cheminé) les personnages (campagnard).

- objectif : humilier son adversaire, montrer son aisance face à un public, son éloquence (Cyrano maitre des mots, homme de lettres, érudit ac néologisme, références, maïtrise le langage (soutenu courant familier), et faire preuve d'humour mais cache une profonde sensibilité, un malêtre, Cyrano susceptible car pas sûr de son physique, se trouve laid.

- 3 premiers vers, introduction à la tirade avec intensité/agitation (point d'exclamation), l'exagération ( apostrophe à Dieu, expression « bien des choses en somme ») idée d'improvisation ac l'impératif « tenez », idée aussi que Cyrano maitrise l'art de la répartie « en variant le ton »+ humour « tenez » impératif ac nez.

dévoile surtout l'idée que Cyrano est tjr préparé pour dégainer sa rhétorique, qu'il a des réponses prêtes pour ceux qui oseraient se moquer de son nez.

1) violence (tel nez accentuation + amputer), comique (immédiateté + métaphore nez assimilé à un membre plus imposant comme le bras ou la jambe) grosseur.

2) conjonction de coordination opposition montrer pas ordinaire. Hyperbole. Prévenant. Nez dans l'action.

3) La plus connue ! Gradation ascendante. Exagéeation, nez assimilé à la Nature. Aspect du nez. grosseur

4) ponctuation, apostrophe « monsieur » (souvent répété, bien rappeler la situation). Praticité du nez. Hyperbole

5) Utilité du nez. Nature. Allitération en « p » praticité du nez, adverbe lie à la famille sensibilité de la personne ayant le nez. Prévenant.

6) dévalorisation « ça » jeu de mot sonorité « pétunez » on entend le « nez » final. Discours narrativé le nez touche tout le monde (même un voisin). Action. Danger.

7) Prévenant, rejet mise en valeur du poid, nez danger.

8) Prévenant aspect, beauté, répétition de « petit » paradoxe avec nez.

9) aspect néologisme qui fait appel à des animaux énormes ou ac difformité (trompe bosse), autorité Aristophane, parallele répétition bcp de matière, Cyrano homme de lettre.

10)apostrophe ami, mélioratif, praticité

11) Admiratif, apostrophe adresse direct au nez, hyperbole tout entier, mistral magistral : grosseur nez, grandeur.

12) métaphore, danger. Rythme s'accélère.

13) admiratif, mélioratif

14) double jeu triton conque= mollusque, aspect du nez. Mais !! Jeu de mot conque triton= divinité le Triton mi homme mi poisson ayant pour emblème la conque et le trident. Entre la fascination et le dégout, la divinité et le molusque.

15)métaphore, mélioratif, pratique et même reconnu par tous.

16) impératif,admiratif, + insistance « c'est là » « pignon sur rue » une chose, encore un bâtiment.

17) jeu acteur avec accent, comique de personnage, métaphore, parallélisme ac antithèse géant-nain. Nature

18) Danger. Ordre. Pratique à la nation.

19) admiratif. Jeu de mot ac « gros lot », gros = tailleur et en même expression le meilleur des lots.

20) argument d'autorité, parodie, tragique (montre émotion de Cyrano quand même blessé par ce nez). Personnification, lgg guerre, péjoratif. Actif nez = traitre.

- fin du passage : finir sa réplique avec une humiliation virulente, plus directe, sans détour, du Vicomte. Ne prends plus sa place ette fois s'adresse directement à lui.

« mon cher » ironie

conditionnel pour appuyer le peu d'esprit qu'a le vicomte, périphrase « ô le plus lamentable des êtres » pour désigner le vicomte

hyperbole « atome »

contre rejet « et de lettres » pour accentuer le peu d'esprit

lgg familier « sot »

rappelle situation = flatte les spectateurs « nobles galeries »

« folle plaisanteries » humour, folie, légèreté

restriction vicomte n'a pas grand chose

gradation numérale

car tirade structuré, finit sa réplique, explique tout. Brillant boucle bouclée.

Je me moi même: omniprésence première personnelle

répétition (anadiplose ? Polyptote?) de servir. Déf de Cyrano : lettré, drôle, susceptible.

Introduction :

Le XIXe siècle est connu pour sa pluralité des mouvements littéraires : réalisme, naturalisme, romantisme, symbolise, parnasse, on vacille entre lyrisme exagéré, sobriété la plus marquée, texte empreint d'illogisme, musicalité de la langue, ou prosaïsme vulgaire. L'art et la culture sont les reflets d'une société qui se cherche et d'une certaine instabilité (et même morosité, affaire Dreyfus...) politique et sociale. En effet, c'est l'ère industriel qui commence, on voit de nouvelles classes sociales naître, des régimes politiques s'enchainer et le paysage urbain se transformer. Cyrano de Bergerac écrit en 1897 par Edmond Rostand représente parfaitement cette fluctuation, c'est assurément une pièce inclassable que l'on nomme comédie héroïque ou encore drame romantique, ou même tragédie comique, ou du théâtre romantique. C'est le seul succès de son auteur, Rostand, qui accouchera de cette œuvre dans la douleur (en pleine dépression) mais qui lui amènera une reconnaissance éternelle et un franc succès à l'époque. L'histoire met en scène un triangle amoureux : un personnage ayant existé (Savinien de Cyrano de Bergerac), Cyrano, grand orateur et grand guerrier, fou amoureux de Roxane, sa cousine, précieuse et amoureuse, elle, de Christian, jeune premier amoureux lui aussi de Roxane, très beau mais simple d'esprit. L'extrait étudié est issu de l'acte un, scène quatre. Il représente la fameuse tirade du nez qui comprend la réplique la plus connue de la pièce, dite « culte » : « c'est un roc...c'est un pic...c'est un cap... Que dis-je c'est un cap ? C'est une péninsule. ».C'est aussi la première vraie réplique de Cyrano, on y découvre donc tous les traits de caractère de ce héros si particulier. C'est pourquoi nous pouvons nous demander ce que dévoile le personnage de Cyrano à travers cette longue tirade qui dévalorise son nez ?

ANNONCE DU PLAN :

Plan linéaire :

vers 311 au vers 334 : Cyrano susceptible et acteur vers 335 au vers 352 Cyrano un personnage comique vers 353 à la fin : Cyrano agressif et brillant.

Première proposition :

I) Un acte (ou une tirade) théâtral (une scène) à part a) une mise en abyme (une scène à tiroirs) (structure de la scène, intro-dev-ccl+20 adj. Cyrano joue Vicomte, etc) b) une scène comique (ironie,jeux de mots, grandiloquence) c) une vraie performance d'acteur (longueur, 20 interprétations, énergie, rythme)

II) porté par un personnage haut en couleurs

a) un homme de lettres

b) agité et colérique

c) un poète qui souffre

III) avec un nez hors normes

a) nez pratique (nez loué)

b) nez énorme (nez déprécié)

c) révélateur du caractère de son maître.

Deuxième proposition :

I)Un personnage atypique

a) autodérision (le comique)

b) colérique

c) cultivé

II) Une tirade construite

a) théâtre dans le théâtre

b) poétique et structurée

c) nez au centre

Troisième proposition

I) Cyrano défini par son nez

a) un appendice gênant

b) un organe fabuleux qui suscite l'admiration (et la protection)

II) Cyrano, un personnage intelligent aux multiples capacités (talents)

a) il manie la langue

b) un talent d'interprétation certain

III) Cyrano un personnage paradoxal

a) capable d'humour et d'autodérision

b) mais sensible et susceptible

Conclusion : (reprendre vos parties pour faire un bref résumé de votre analyse).

Le personnage de Cyrano est un véritable délice pour tout comédien devant l'interpréter car il fait tout jouer : colère, agitation, sensibilité, courage, manipulation... Autant de traits de caractères que de pistes à explorer pour incarner ce personnage mythique. La tirade du nez en est la preuve c'est une vraie performance d'acteur qui nécessite technique et inventivité. Cyrano nous dévoile toute sa palette d'acteur : comique, tragique, sensible et véritable orateur, il humilie le vicomte dans un tour de force porté par sa poésie et sa comédie. Cet extrait nous fait penser à la tirade d'Yvan (qui interprète devant ses amis, sa femme et sa mère lors d'une conversation téléphonique) dans Art de Yasmina Reza qui est également un incontestable exercice de comédie aussi.

Lecture analytique n°12, L'éducation sentimentale, scène de séparation, Flaubert, 1869.

N'oubliez pas de compléter ac des citations !!!

Par quels procédés l'auteur nous montre une scène d'amour romantique teintée d'ironie ?

Intro : accroche : réalisme ou sur le héros ordinaire ou sur le genre romanesque.../présentation/ Problématique/Plan

I) Une scène d'amour dévorant

a) Un amour spectral

- le registre lyrique (expression des sentiments (trouvez les citations!!), pronoms je/vous/nous, images et exagérations)

- physique= position de demande en mariage, + champ lexical (genoux, mains...) + rapprochement= "penchait vers lui", le verbe serrer répété deux fois, contact... - jeu de lumière : entre lumière et obscurité

b) une héroïne agitée

- exaltation (exclamations, interjection « Déjà », geste violent « coupe brutalement »...) sa jalousie marque aussi son exaltation : antithèse « aucune »/ »toutes celles » « à mon âge/être jeune ». Refus des autres femmes, elle s'oppose à elles et marque sa différence.

- entre le rapprochement et le refus : RAPPROCHEMENT : « avec ravissement » aime les mots de Frédéric, elle s'offre à lui « elle y restait » « émerveillée », répétition « il n'y a que vous » , « Mon âme ne vous quittera pas » de nouveau allusion mariage, amour absolu./ REFUS : « Un mouvement de pudeur la fit se lever », « Non », « Tout à coup, elle le repoussa » « observait la pendule ».

c) un héros romantique (outrancier?)

- importance du corps : main, bottine, pied, yeux...+ trouble : « trouble », « défaillant ».

- Mme Arnoux= un idéal, un fantasme auquel il tient et qu'il ne veut pas abimer : « par prudence et pour ne pas dégrader son idéal »

- drame : « à cause », verbe « supplier »

- évocation du passé : paragraphe très lyrique, rempli de poésie allitération en « m »(L5), comparaison poussière (musical, image du battement teintée de tristesse), métaphore clair de lune(topos du romantisme,+ nature),énumération, périphrase pour l'Amour, bienséance (c'est "le nom" que Frédéric embrasse et non Mme Arnoux), appel à la réalité ac une énumération pour prouver sa bonne foi (de ne pas désirer un fantasme)mais contradiction : « C'était Mme Arnoux telle que vous étiez » et « cette image-là », affirme de nouveau ne pas penser à la sensualité, annonce un amour passé pur « Est-ce que j'y pensais seulement ! »et termine par un parallélisme de construction. Frédéric veut montrer un amour innocent et authentique. Mais le lecteur sait qu'il n'est pas complètement vrai....

II)Une rupture inévitable

a) Litanie de fin

- évocation répétée de la notion de fin : image des cheveux blancs répétée deux fois (temps qui passe, mort)+ échos amer au « ce fut comme une apparition » de la scène de rencontre. « Ce fut comme un heurt en pleine poitrine », comparaison violente, image du coup de poing, douleur terrible ressentie par Frédéric. Se rend compte du temps qui est passé, son idéal, sa grande histoire d'amour se fissure. + « Adieu » « Je ne vous reverrai jamais » « dernière »= un au revoir irrévocable.

- notion du temps : champ lexical « pendule » « aiguille »... Impression d'un temps interminable.

b) la déception - registre pathétique (interjection, plainte, thème du temps qui passe)

- vieillissement de Mme Arnoux= point de départ. Passe d'une femme à une mère (« inceste » « mère »), de l'amour parfait à l'objet du désenchantement, champ lexical de la répugnance : « répulsion » « dégoût ». Lui, passe du jeune impétueux et rêveur « je n'imaginais rien au delà » à un homme mûre qui suppute, essaie d'être lucide : « soupçonner ».

- Narrateur : « pour lui cacher sa déception » annonce l'état de Frédéric et explique son lyrisme. On comprend que Frédéric « surjoue » car il est mal à l'aise, déçu, désenchanté, désillusionné, dépité. Il ne peut donc que parler du passé et non de Mme Arnoux aujourd'hui. « Frédéric, se grisant de ses paroles, arrivait à croire ce qu'il disait. » écho à l'incipit, Frédéric aime s'écouter parler, il essaie de s'auto-convaincre de son amour pour Mme Arnoux qui a disparu à la minute où elle a défait son chapeau. Le narrateur est ironique car il nous raconte une scène d'amour qui finalement est une scène de rupture. Il nous dépeint un Frédéric romantique alors qu'en réalité Frédéric est devenu bien plus trivial.

  • + vérité générale maxime (l52)

c) des personnages opposés

- Mme Arnoux se méprise sur les sentiments de Frédéric. Elle s'offre toute à lui (énumération L 35). + conditionnel, aveu de son amour. Encore ici ironie du narrateur qui dévoile une héroïne hésitante qui ne sait pas ce qu'elle veut. Différence entre mme Arnoux= dans la contemplation et Frédéric dans le concret (se roule une cigarette), elle est amoureuse et heureuse « son visage s'épanouit » et lui répond ac complaisance + ressent du dégoût + la voit aujourd'hui comme une mère+ en est embarrassé. Elle, tjr un fantôme : à la première rencontre « une apparition » (+ « clair de lune »), par sa beauté = une chimère, ici par son vieillissement ! (« somnambule », « blanc »).

- Frédéric trivial: champ lexical du physique : délices de la chair, caresse de son haleine (personnification érotique)+ érotisme dans « à travers ses vêtements » « venue pour s'offrir » « il était repris par une convoitise plus forte que jamais, furieuse, enragée. » Arnoux devient un objet, le désir le transforme en une bête.+ moment ac bottine.+ ce qu'on a déjà dit faux semblant, cache ce qu'il ressent vraiment.

En fait nous avons une Mme Arnoux qui se refuse mais qui aimerait que Frédéric insiste et un Frédéric qui dit oui mais qui pense non. Deux personnages qui ont loupé leur histoire d'amour et qui portent encore des masques à leur rupture. Aucun ne dit ce qu'il pense.

Lecture analytique 11, La princesse de Clèves, « la rencontre », Tome I, Mme La Fayette, 1678

Intro : accroche (le classicisme), présentation générale puis plus précise, problématique : En quoi cet extrait met en scène un véritable coup de foudre tout en révélant les mœurs d'une époque ? Annonce du plan.

I) Une scène de cinéma/théâtre

a) l'art de faire voir au lecteur

- discours narratif

- Une scène (événement de l'histoire est raconté ac détails, temps du récite te de l'histoire se superposent dialogue des personnages et récit)

- dynamisme (jeu ac les pronoms, jeu ac les discours rapportés)

b) Tous les ingrédients d'une scène d'amour

- divertissements, le palais au cœur de l'histoire, frasque et luxe.

- l'attente et les préparatifs

- le jeu de regard

II) La destinée toute tracée de deux personnages magnifiés

a) la Princesse de Clèves

- une précieuse dans toute sa splendeur (beauté/jeunesse/naiveté/ timidité)

b) M. de Nemours

- beauté - séducteur

- qui connait les principes de la Cour

c) L'amour

- rapprochement (danse/ attente)

- l'entrelacement ( jeu avec les parallèles)

III) une scène d'amour révélatrice d'une époque

b) la cour

- témoin, un vrai personnage

- pouvoir, elle pousse les personnages l'un vers l'autre

c) la Royauté

- roi : intervient, autoritaire

-reines : interviennent, complicité - taquine leurs sujets

-Pouvoir

Lecture analytique numéro 10, L'incipit de Bonjour Tristesse, de Françoise Sagan, 1954.

Intro : - accroche : Roman hors normes ( âge Sagan, succès, scandale) - Présenter roman : 1954, existentialisme, Sagan: personnage sulfureux. Roman d'analyse, d’apprentissage. L'extrait : début, incipit, annonce la suite, un été particulier pour une adolescente. - problématique : En quoi cet incipit dévoile une situation initiale ambivalente ? I) un incipit simple et efficace a) le style de Sagan - voc. Simple : langage courant ( trouver exemple) de nombreuses répétitions(idem) de nombreuses juxtapositions d'idées : d'accumulations et d'énumérations (exemples....) qui correspondent à l'idée de dire plusieurs fois la même chose. - structure accessible : introduction (définition de la tristesse, lien ac le titre, accroche le lecteur, le plonge dans une certaine ambiance), ensuite présentation des personnages, puis présentation du cadre en terminant par une pensée du personnage principal. + analepse (retour dans le passé). - discours simples : narrativisé : discours descriptif, véritable hypotypose (description détaillée, réaliste, animée, faire voir au lecteur) : b) situation initiale - Date : cet été-là (complément circonstanciel de temps)+ répétition, qui montrent l'importance de cet été (épanadiplose). De nombreux CCT tout au long du texte pour éclairer la lecteur sur le moment (cet été) crucial pour l'héroïne. - Lieu : Paris d'un côté, et la « Méditerranée » de l'autre, « villa ». - Personnages : « je » adolescente de « dix-sept ans », « mon père », « Elsa ». II) Une héroïne dans un cadre enchanteur (une atmosphère de légèreté, idéale, etc.)... a) Légèreté - personnages (pensées de Cécile, un père léger, Elsa une femme simple) - les vacances b) Une Nature idyllique - Nature très présente, et enchanteresse. - Forte présence des couleurs - Une maison qui domine c) Un père idéalisé - héroïne admirative : description de la ligne 11 à 18, avec deux accumulations. + elle emploie « estomac » pour ne pas parler du ventre de son père. - importance des femmes, de son côté séducteur, de son physique. - homme d'affaires, sait « manipuler » (séduction+ dans les affaires). Donc possède toutes les qualités: beau, gentil, riche, intelligent... III) … qui annonce le drame. a) Vision des adultes - le père : véritable possessivité de Cécile envers son père, lien plus amical que paternel (point d'exclamation, lien amical« (…) jusqu'à demander si... », possessivité « ...ne nous... », étrangeté « je n'eux aucun mal à l'aimer ») - Elsa : jugement péjoratif de Cécile envers Elsa, la décrit comme un peu trop naïve, idiote. b) jeu d'opposition - d'un côté Cécile et son père, (leur peau au soleil) de l'autre Elsa. - ambivalence de Cécile, adolescente heureuse/tristesse et philosophie. - Paris/ mer - espoir/réalité, - légèreté/obscurité, - précision/approximation c) Importance de la mélancolie. - chaleur : « écrasante », comme une menace qui va faire tourner les têtes - la maison parfaite donne l'image d'un château (comme celui de la belle aux bois dormants) inaccessible. Elle est à l'écart : « cachée » - définition de la tristesse dès les premières lignes, fait écho à la fin du passage, les pensées « facile(s) » de Cécile.

Lecture analytique numéro 9, Incipit de la Princesse de Clèves, Mme de La Fayette, 1678, En quoi cet incipit annonce l’arrivée d’une héroïne hors norme ?

Un incipit dans les règles a) informer -présente le contexte : « à la cour », présentée dès les 1ers mots, on comprend donc qu’il va s’agir d’une intrigue de cour + « les yeux de tout le monde » hyperbole pour accentuer l’intérêt des courtisans pour l’héroïne. « dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes » : l’adverbe de quantité « si » amène une pression, et l’idée que l’héroïne est donc hors normes puisqu’elle bouleverse la cour dans ses habitudes, cela montre également l'importance de l'apparence à la cour et la richesse des personnes s'y trouvant. On a donc bien par déduction le lieu et l'époque. - situation initiale : Mme de Chartres souhaite marier sa fille « elle voulut la mener à la cour » ( ATTENTION !!! À SAVOIR : L'intrigue de La princesse de Clèves se passe au XVIe siècle, alors que Mme de La Fayette est une auteure du XVIIe!)

b)troubler - absence des héros : « une beauté », « elle », « sa fille », « cette héritière » : nous n'avons pas son nom, finalement son portrait reste vague. On voit qu’elle n’est décrite que par son physique et son statut social + absence des hommes. - Tragédie amorcée : on sent un destin hors du commun pour cette jeune femme sublime, elle « attire » beaucoup l’attention.+ fragilité « quoiqu’elle fut dans une extrême jeunesse » assonance en « e » et utilisation adjectif exprimant un haut degrés d’intensité pour accentuer le jeune âge de l’héroïne. + « …extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille » : allitération en « r » et assonance en « e »,montre la pression, l’exigence, les prétentions de la mère, (absence de l’opinion de la fille) déjà amorcée avec l’importance de la vertu : « honnête femme » correspondant au modèle de l’honnête homme du XVIIe, « vertu » répétée deux fois associée à « éclat », « élévation » pour montrer les bienfaits de cette disposition, qualité humaine, opposée au champ lexical de la tromperie « dangereux » « tromperies » « malheurs domestiques » pour bien montrer que l’homme peut être vil, et que l'amour conjugal (le mariage) est plus sûr que l’amour passionnel (l'amour hors mariage, l'amour avant le mariage, etc.). Le lecteur se demande alors si la jeune fille pense la même chose.

II) Un personnage parfait

a) Portrait physique

- champ lexical du physique : beauté, belle, admiration, teint, cheveux, traits…

- un personnage sublime, à part : pronom indéfini qui définit l’héroïne qui devient « une beauté » (métonymie) le mot « beauté » est d'ailleurs répété 4 fois et employé avec adjectifs « parfaite » ou/et « grande », montrent une beauté sans limite, « la blancheur… » : chiasme accentue l’harmonie des couleurs de cheveux et teint du personnage, « éclat que l’on… » : allitération en « qu » idée de charisme, « tous ses traits… » : allitération en « t »+ adj. indéfini « tous » beauté totale, répétition « et », accumulation ascendante donne l’impression de la perfection infinie du personnage.

- regardée de tous : « tout le monde » « plusieurs mariages »

- surprend « il fut surpris…il en fut surpris avec raison » : parallélisme associant beauté de la jeune fille et la raison du vidame, pour faire entendre voix de l’auteur qui appuie la beauté fascinante de l’héroïne.

b) social

- « même maison que le vidame », bien de cette famille-là, allitération en « m » appartenance à la maison

- « une des plus grandes héritières de France » parallèle, écho « un des grands partis qu’il eût en France » insiste sur la richesse de l'héroïne.

- père mort + « sous la conduite de Mme de Chartres, sa femme »

c) moral

- importance de la vertu « elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable », « vertu » répété plusieurs fois, paragraphe consacrée à sa définition.

III) Toute une époque

a) la cour

- « on » pouvoir de la cour, on sent l’envie de Mme de Chartres de présenter sa fille.

Elle abandonne toute vie mondaine pour se consacrer entièrement à l'éducation de sa fille comme l'indique l'expression « elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour », faisant ainsi un sacrifice de soi.

b) l’éducation

- champ lexical : « éducation », « sous la conduite » « cultiver son esprit et sa beau », importance de l'éducation chez les Chartres. Montre aussi l'association dans cette éducation du corps et de l'esprit, + bienséance, bonne tenue.

- éducation différente, mère originale « La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner » mentionne l'attitude habituelle des mères qui dissimulent les dangers de la séduction. La phrase longue qui vient après, composée de courts segments séparés de point-virgules déclare au discours narrativisé que Mme de Chartres, au contraire, ne cache rien à sa fille. Mais « vertu et mérite » sonorité « t » « r » pour montrer le caractère noble de Mme de Chartres.

- L'anaphore de « elle lui » insiste sur l'implication de Mme de Chartres dans l'éducation de sa fille

c) l’amour

- l’amour : « souvent à sa fille des peintures de l’amour » « agréable », d'abord décrit comme positif.

- « honnête femme » amène au bonheur : « grand soin de s’attacher à ce qui seul…»

« le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimé », c'est à la femme de se faire aimer.

- combat permanent pour la femme : « il était difficile » « extrême défiance de soi, »

- critique des hommes : « peu de sincérité », « tromperies », « infidélité », « malheurs domestiques ».

Lecture analytique n°8, lettre 141, Les liaisons dangereuses, Laclos, 1782

Intro : Amorce (ex : libertinage, siècle des lumières, etc)/présentation générale de l'œuvre et de l'auteur puis présentation de l'extrait avec précision/ Problématique : En quoi cette lettre est-elle une véritable leçon d'éloquence dévoilant une relation ambigüe entre les deux protagonistes des Liaisons dangereuses ?/ Annonce du plan :

Dans une première partie nous étudierons l'art de la rhétorique de la marquise puis nous verrons les marques de sa supériorité et enfin nous analyserons sa critique virulent de Valmont .

I) L'art de la rhétorique

a) une lettre structurée

- en trois parties : introduction (réponse aux précédentes lettres de Valmont) puis viennent les remontrances et finit par un apologue, (un mise en abyme (récit dans un récit) et formules épistolaires particulières)

- connecteurs

- raisonnements construits : concessif (« un libertinage d'esprit qu'on aurait tort de vous disputer ») et déductif (parle du libertinage, de l'amour en général pour arriver à celui éprouvé par Valmont pour la présidente) et plusieurs raisonnements par analogie (sultan et apologue).

b) l'art de l'apologue

- finit par un récit enchâssé d'un ami ayant reçu une lettre d'une de ses bonnes connaissances, de la marquise mettant implicitement en scène le trio Merteuil/Valmont/Tourvel (utilisation d'une comparaison : « qui comme vous »,...)

- poésie et cruauté (comme une chansonnette avec l'utilisation de l'épiphore «  ce n'est pas ma faute ») forme légère mais fond cruel, lettre de rupture (raisonnement par l'absurde+ termes opposés « on s'ennuie de tout/ mon Ange ; occupé entièrement/quatre mortels mois ; oxymore impitoyable tendresse  ; bon/mauvais ; constance (de tromper chez les hommes)/ obstination (des femmes à vouloir changer l'homme) ; parallélisme de construction je t'ai prise avec plaisir/ je te quitte sans regret..).

- cet apologue est une véritable menace, la marquise prévient, par ce récit, Valmont des risques qu'il encourt (révéler ses frasques aux yeux de la société).

II) Marques de supériorité de la Marquise

a) agitation

- ponctuation expressive

- tempête de sentiments (jalousie, colère, menace, complicité (formule finale, plan Cécile))

b) humiliation

- termes péjoratifs (dépréciatifs)

- arguments ad hominem

- moquerie envers Tourvel

- un enfant

c) relation professeur-élève

- marques de la première personne du singulier très présentes

- registre didactique (présent de vérité générale, impératif, discours injonctif, champ lexical spécifique (manipulation-sentiment), raisonnement par analogie (sultan : lui, sultane Tourvel, simple odalisque : Emilie (prostitué)+ apologue)

- opposition elle et lui, elle critique la vantardise de Valmont et ses contradictions et lui donne une véritable leçon sur le libertinage, l'amour et l'amitié.

III) Critique virulente

a) un mauvais ami

- questions rhétoriques, trouble de la marquise, ne reconnaît pas son ami, dépendance (rien de pire pour un libertin) il attend une réponse.

- importance de la vérité (« Parlez-moi vrai »), reproche de jouer aussi avec elle, manque de sincérité avec sa plus grande amie.

- plus de nous, utilisation « je » et « vous »

- champ lexical de la guerre

b) un mauvais libertin

- instable, extrême (antithèse toujours/jamais ami amant/ esclave tyran)

- Valmont pas en accord, différence entre ses discours et ses actes, + le trouve hypocrite (dit au monde qu'il collectionne les conquêtes, un clown dans la société mais dans l'intimité amoureux et aux abois, la marquise inverse : montre une femme droite dans la société mais en secret additionne les conquêtes : une certaine jalousie de ne pas pouvoir faire la même chose, ne pas pouvoir s'affirmer et montrer son vrai monde, sa véritable personnalité car c'est une femme alors que Valmont lui le peut.)

- vision de l'amour de la marquise, donne une leçon sur le libertinage (on peut aimer et tromper donc les actes de Valmont ne prouvent pas son désamour pour Tourvel)

- un libertin doit être libre est pour arriver à cela une personne sans cœur ( apologue), égocentrique et de mauvaise foi mais en accord avec lui-même.

Ccl : Répondre à la problématique en reprenant les titres des grands axes mais avec subtilité 😉 (utilisez des synonymes) expliquez aussi qu'en réalité Merteuil regrette le Valmont insouciant vrai libertin et scélérat( qui est ici un compliment!) devenu aujourd'hui un esclave. Dire aussi que cette lettre = amorce la tragédie.

Et ouvrir (sur une autre lettre des liaisons, sur une autres œuvres ex Les lettres Persannes de Montesquieu, etc).

Lecture analytique n°7, Lettre 81, Les liaisons dangereuses, Laclos, 1782. (avoir sous les yeux, le relevé linéaire fait en cours)

En quoi cet extrait dresse-t-il le portrait d'une femme subversive ?

Intro : accroche/présentation générale de plus en plus précise de l'auteur et de l'extrait étudié/problématique/plan

I) Un autoportrait maitrisé a) structure du récit - récit de son enfance à son veuvage « entrée dans le monde dans le temps où, fille encore »+ « j'étais bien jeune encore », « je n'avais pas 15 ans », à « il mourut » (son mari). - discours narratif : Utilisation des temps du récit (imparfait, passé simple), personnage très présent, indices temporels. »dès lors », « dès ce moment », « je n'avais pas 15 ans », « au bout de quelques mois »... - discours explicatif : connecteur « tandis que » (conjonction), « cependant »(adverbe) « c'est ainsi », vocabulaire spécifique : champ lexical de la dissimulation, récit évolutif. Phrase n° 7. Encore une référence à Valmont qu'elle utilise pour se vanter , puissance surprenante.

b)autoportrait et auto-congratulation - un « je » omniprésent : 3- Omniprésence du « je , mon , ma » . + 5. Champ lexical des sentiments ⇒ REGISTRE LYRIQUE : Pour impressionner le lecteur et lui montrer son expérience . - une complicité avec Valmont : 3 - Référence à Valmont , argument d’expérience « que vous louez si souvent » ⇒ complicité entre les deux + talent de la Marquise dans la dissimulation ,validé par Valmont . = - 7. Encore une référence à Valmont qu'elle utilise pour se vanter , puissance surprenante. + - 10. Argument d’expérience « et j’y gagnais ce coup d’œil pénétrant ». - Modalisateurs (adjectifs et adverbes) qui montrent sa vantardise.

II) Une éducation personnelle et différente a) critique implicite - 3. Champ lexical de l'éducation : « instruire , apprendre , guider » ⇒ Éducation 1- 1. Elle donne une idée de l'éducation des filles de l'époque (« silence » , « inaction ») : critique de l’éducation des filles du 18eme siècle - (Même phrase) : Elle oppose « silence » et « inaction » à « observer et réfléchir » , cela nous montre la différence de marquise des autres femmes de l'époque. - 8. Revendication de madame de Merteuil :liberté de pensée des jeunes filles notamment. « je » « moi » ⇒ se différencie des autres femmes de l’époque. Champ lexical du vol « ravir » « surprendre » - 8 Conjonction de coordination « mais » qui montre une opposition entre son image dans la société qui apparaît « sans intérêt » et son image personnelle ⇒ terme dépréciatif.

b) éducation de la marquise - 2. Verbe d'état « croire » qui montre que l'on se trompait déjà sur elle ( n'était pas étourdie ou distraite mais déjà dans la réflexion , l'observation . Parallélisme de construction « les discours qu'on s'empressait à me tenir»/« ceux qu'on cherchait à me cacher » idée d'adulte trompeur et l'intérêt de la marquise dès son plus jeune âge pour le secret (découverte de ce qu'on veut lui cacher) - (Même phrase) : « avec soin » montre l'application de la Marquise à aller vers l'interdit 3 - Mise en valeur de l'art de la dissimulation : « cacher , dissimuler , distraire » + la dissimulation passe par le regard chez la Marquise ⇒ LETTRE 33 . Aussi , mise en valeur de la curiosité ⇒ début de phrase et de § , amène l'apprentissage de la dissimulation . La marquise apprendre à dissocier être et paraître. - 4. Passe des yeux à la figure entière ⇒ une éducation étape par étape - 5.Autre étape de son éducation et pas des moindres ⇒ La tricherie / Faux-semblants + antithèse : « chagrin/joie » , « sérénité/douleur » . Exemple de pratique : se faire mal mais garder le sourire ⇒

Violence mais montre la force de la Marquise et surtout son côté extrême. - 9. Métaphore du combat « ennemi » ⇒ l’ennemi est donc la société . - aime étudier : « douce occupations »

III)Une libertine a) rationalité et science : une caractéristique des Lumières - 6. termes spécifiques : « symptômes , physionomie , expérience , observation , science « , pour elle , l'étude de l'être humain est une science , une véritable technique. - 10 : « Ce travail », début de phrase + adjectif démonstratif valorisent l'art de la dissimulation en l'attribuant à un véritable exercice professionnel - 10 Champ lexical de l’observation . - 14 présent de vérité général. Idée que l'amour n'est pas un plaisir, mais un prétexte au plaisir, on cherche l'amour surtout pour éprouver du plaisir d'après la Marquise. Critique de la société hypocrite avec le verbe « vanter ». b) plaisir - 9 Champ lexical de l’amusement qui montre que Merteuil trouve la manipulation comme un jeu , un divertissement . Surabondance/Répétition du pluriel « mes ,mes,mes... »beaucoup de situations ⇒ beaucoup de choses .+ Parallélisme de construction (circonstances/fantaisies)qui montre l’adaptation de Merteuil à toutes ces situations - Allitération en « m » ⇒ masque ⇒ rapport à la comédie / actrice . - « me montrer sous des formes différentes » ⇒ sentence qui explique tout le jeu de Merteuil ⇒ importance +++ . - 12. société désignée par une métaphore « tourbillon du monde » désignant les plaisirs de la haute société. Mais critique car associée à « distractions futiles »+ faute d'apprécier ces divertissements : verbe « avouer ». = originalité, La marquise apparaît alors comme une libertine distincte des autres, elle ne s'adonne pas au plaisir et à la futilité, elle est là pour étudier, progresser et dominer.

Lecture analytique n°6, Lettre 33, Les liaisons dangereuses, Laclos, 1782. Quelle leçon nous donne la marquise sur la lettre d’amour (ou : sur le langage, sur l’art du discours. Ou encore Quelle opposition fait ici la marquise ? Etc.)

Intro : Accroche (le libertinage, le siècle des lumières etc.)/présentation de l'œuvre et de l’auteur (donner qlqs infos sur les deux) puis présentation plus précise de l’extrait (résumé de ce qui s’y passe, place dans le roman, situation d’énonciation)/ Problématique/Plan.

I) Du professeur à son élève a) complicité Marque d’affection - moquerie/taquinerie : « votre Dévote » pronom possessif, « chef d’œuvre de prudence »= hy…. - elle connait Valmont et sait ce qui serait mieux pour lui « parlez vrai » « faire illusion » « par hasard » « enfant »+ pacte qui les lie (Tourvel) - Amène la confiance « croyez-moi ».

b) supériorité de la marquise - registre didactique : impératif, injonction, vocabulaire précis (le discours, la parole), maximes, présent de vérité générale… - relevé des erreurs de Valmont : champ lexical de l’erreur : champ lexical du combat (elle est sûre d’elle, de ses positions, pas peur de l’affrontement) : -comparaison avec enfant, raisonnement par analogie. -donne des conseils : II) Pour une leçon sur l’art de séduire. a) Critique de la lettre
  • Qst rhétoriques ac ironie « par hasard » pour montrer l’idiotie de Valmont, il se méprend sur le pouvoir des mots, le pouvoir de sa lettre. Pour la marquise une lettre peut faire de l’effet mais le temps l’effrite, le fait s’atténuer peu à peu. Opposition entre le temps et l’aveu. + absence des récompenses : à la lecture l’émetteur du courrier n’est pas présent, donc effet non vérifiable + impossible d’exploiter les effets, de s’en servir…
  • Les mots peuvent amener des sentiments forts : personnification des « belles phrases  » + métaphore de l’ivresse. («état de métamorphose éphémère, notre état est transformé par la lettre) mais seulement un temps.
  • « Héloïse » : de Rousseau, argument d’autorité qui montre la culture de la marquise, son goût pour la littérature et la philosophie. « défaut des romans » antithèse auteur/lecteur. Critique du roman épistolaire, les auteurs en font souvent trop. Paradoxe ironie de Laclos qui écrit lui même un roman épistolaire : complicité ac le lecteur (clin d’œil) + amène un côté réaliste à son roman + « un roman doit faire vrai » : cf préface des liaisons dangereuses (Laclos s’amuse à « faire vrai »).
  • Véracité des propos : « une vérité de sentiment et non de démonstration…attendrir et non raisonner » reproche à Valmont d’être trop dans la raison, dans les remontrances dans sa lettre à Tourvel, d’être trop construit, pas assez dans l’expression de ses sentiments. Parallélisme montrant qu’il faut savoir parler de soi et émouvoir.
  • « rien de si difficile en amour que d’écrire ce qu’on ne sent pas » importance de la notion de ressentir chez Merteuil. « je dis écrire d’une façon vraisemblable » vérité générale, sonne comme une maxime. Difficile de mentir à l’écrit car tout de suite dans l’exagération ou dans le hors sujet (comme Valmont qui ne fait que reprocher et non déclarer son amour) ou dans la modération, le lecteur avisé (à l’inverse de Tourvel) reconnait le mensonge, les faux semblants. « vraisemblance »= faire vrai, ici on devine que Merteuil parle quand même de triche, non de véracité, mais de « faire vrai », donc la lettre amoureuse peut rester un exercice de manipulation mais difficile et moins efficace que l’entretien.b) Eloge de l’entretien
  • Opposition entre la lettre amoureuse et l’entretien directement annoncée avec une formule restrictive «  il n’en est pas de même en parlant. »
  • - la parole est l’art de la dissimulation,. C’est une véritable technique pour Merteuil : « travailler son organe », « facilité des larmes » «l’expression du désir se confond  dans les  yeux …» « air de trouble et désordre »On cherche à troubler l’autre, mise en place d’un stratagème, d’un jeu de dupe, technique pour mieux mentir, pour « faire croire à » avec le physique (la respiration, le regard, etc.) parle « d’éloquence de l’amour » pour désigner les subterfuges physiques des manipulateurs = technique littéraire pour persuader, émouvoir.
  • « trouble » « empêche la réflexion et nous fait désirer d’être vaincues ». On arrive à attendrir, tjr plus difficile de résister à l’autre lorsqu’il est en face de nous, pas envie de lui faire du mal, + plus facilement touché (alors que pour être touché par des mots il faut qu’ils soient bons). - lyrisme : champ lexical de la tendresse : « amour » « trouble » « désir ».
  • Formule finale : Valmont doit parler, conseil de Merteuil, + prédiction : «  je prévois qu’elle les (ses forces) épuisera pour la défense du mot, et qu’il ne lui en restera plus pour celle de la chose. »parallélisme de construction et humour qui oppose mot (abstrait) et la chose (concret). Si Valmont continue ainsi il va  pousser à bout, excéder, fatiguer,  Tourvel et n’obtiendra pas ses faveurs.

Lecture analytique n°5, La Bruyère, Les caractères, "De l'homme", 1688, Bac blanc. Introduction : - accroche : parallèle ac La fontaine, parler de l'honnête homme, du XVIIe/ Présentation auteur texte et extrait/ Problématique : Comment La Bruyère s'y prend-il pour mener sa critique de l'égocentrisme ? (en quoi peut-on parler de caricature?quelle est la cible de LaB?) I) Un être répugnant a) qui se goinfre - structure : première moitié du texte consacrée à la description de Gnathon en train de manger, lecteur focalisé sur lui et son repas. - impression de gloutonnerie (d'abord Gnathon ressemble au mot « glouton »), d'énormité : - 2e phrase : longue, avec répétition de « il », de virgules,+ verbes d'action « servir », « manger » « enlever » « écurer » etc. Cela amène la rapidité, + finit par « … tous, tout à la fois » (donc mise en valeur car fin de la phrase). Jeu sur la répétition du mot « tous » deux fois, et « tout », adjectif indéfini/pronom indéfini. - Repas éparpillé, passe d'un plat à l'autre sans l'avoir fini, sans faire attention à l'ordre, au goût : « il écure ses dents, et il continue de manger », impression que Gnathon ne cessera jamais de manger. - dégoût, répugnance : passe par la description de détails grossiers (prosaïques, triviaux), avec termes péjoratifs « malpropretés dégoutantes », « le jus et les sauces...du menton et de la barbe »,+ bruyant ac adjectifs « haut et grand » « bruit »+ utilisation du présent = lecteur vit la scène, La Bruyère éveille les sens du lecteur ( la vue, l’ouïe)qui est écœuré lui aussi. Métaphore animal : « on le suit à la trace », « râtelier » accentue le dégoût, Gnathon est déshumanisé. b) sans aucun scrupule - seul et écrase les autres : La 1er phrase dit tout ! Formule restrictive : « ne vit que pour soi »+ « tous les hommes... comme s'ils n'étaient points » répétition « tous » et « ensemble », hyperbole, impression du monde entier face à Gnathon. - Utilisation du verbe « oublier » + « ne souffre pas d'être plus pressé » pour montrer que Gnathon n'est pas altruiste, il oublie les autres, ne les veut pas près de lui. - Jeu sur l'espace : église, théâtre, assimilés à la chambre pour Gnathon, souhaite être seul. - Répétition du superlatif « meilleur » deux fois, dans un parallélisme de construction pour montrer que lui seul compte. Expressions « tourner tout à son usage », « pour son service », « si on veut l'en croire, il pâlit et tombe » : manipulateur, mensonge pour arriver à ses fins. II) Egocentrique a) centré sur lui - anaphore de « il » opposé aux pluriels qui généralisent davantage : « tous les hommes », « autres », Gnathon s'impose, domine : « occupe à lui seul celle de deux autres » « première place » « maitre du plat ». b) indifférent aux autres - nombreuses formules restrictives « ne..que », ne se préoccupe que de lui ex : 1er phrase « comme s'ils n'étaient point » - verbes qui décrivent le malêtre des personnes qui l'entourent : « épargner » « ôter l’appétit » « embarrasser », « ses restes » , les autres deviennent des animaux. - Gradation finale « il embarrasse...humain » dernière phrase : accumulation de traits de caractères péjoratifs du héros. + commence et se clôture par une référence au monde « tout le monde » et « genre humain » : hyperbole qui prouve que Gnathon touche/énerve le monde entier. III) l'art de la caricature a) caricature - surabondance de « il » - ridicule ac la référence animalière et l'expression « roule des yeux » impression de folie, petit rongeur fou. -nombreuses exagérations b) généralisée - Moraliste effacé : utilisation du « on » + focalisation externe, l'auteur souhaite disparaître. - nombreux pluriels pour généraliser : tous, ensemble... - LB passe par un personnage (Gnathon= nom drôle, consonance étrangère) - présent indicatif, presque présent de vérité générale (ex : « ne vit que pour soi » ) car Gnathon n'est pas un personnage mais bien l'allégorie de l'égocentrisme. Ccl : parler du siècle et de la remise en cause de certains comportements humains. (préciosité, honnête homme, moraliste, siècle de droiture) Lecture analytique n°4, « Discours sur le bonheur » Madame du Châtelet, 1779. Intro : accroche/présentation générale, présentation précise /Problématique: En quoi ce texte est-il un plaidoyer en faveur des femmes? /Plan I)Un argumentaire construit a) pour les passions Dans cet argumentaire construit, Mme du Châtelet se propose de défendre la passion de l’étude, le mot « passion » étant à prendre ici au sens large de : goût vif, ardeur. La thèse qu’elle défend est clairement posée aux lignes 11à 14 «[...] l’amour de l’étude est de toutes les passions celle qui contribue le plus à notre bonheur [...] le goût impossible». Cette thèse est posée par opposition, au terme d’un raisonnement que l’on pourrait qualifier de concessif. La locutrice commence en effet par rappeler la thèse d’ensemble de son discours:«il faut avoir des passions pour être heureux». Cette thèse fort originale marque l’esprit philosophique éclairé, qui s’oppose à la méfiance de la morale classique pour les passions considérées comme destructrices. Puis la locutrice concède qu’il est des passions dangereuses, et notamment l’ambition, dont elle mène une critique nuancée, en distinguant d’abord ses avantages (« ce n’est pas par la raison [...]», «ce n’est pas parce que [...]»), pour souligner ensuite son inconvénient majeur:«de toutes les passions c’est celle qui met le plus notre bonheur dans la dépendance des autres». Cette comparaison explicite lui permet donc enfin de valoriser par opposition la passion de l’étude. b) éloge de l'étude Pour défendre cette passion, elle s’appuie essentiellement sur trois arguments. Elle montre d’abord, et c’est son argument principal, que cette passion assure les conditions d’une indépendance de l’être au contraire de l’ambition qui suscite une aliénation dans la quête frénétique des marques de distinction. Elle développe surtout son deuxième argument : l’amour de l’étude rend possible l’accès à la gloire. Il s’agit là de deux passions différentes, mais qui sont montrées comme étroitement reliées:«dans l’amour de l’étude se trouve renfermée une passion [...] celle de la gloire. » On suppose donc que, pour Mme du Châtelet, l’étude doit nécessairement conduire à des travaux ou des découvertes qui permettent de se faire connaître. Enfin, et c’est le troisième argument, la passion de l’étude permet d’affronter plus sereinement l’adversité : « [...] c’est une source de plaisirs inépuisables »+ “ressource et appui”. Elle a donc une vertu consolatrice pour reprendre le terme employé et de véritable soutien. II)Un plaidoyer en faveur des femmes a) la privation du savoir : une terrible injustice Mais cet éloge de l’étude n’a de sens que dans la mesure où il permet à la locutrice de parler de la situation faite aux femmes au XVIIIe siècle. Madame du Châtelet s’attache en effet ici à montrer l’injustice de leur sort. Elles sont d’abord désignées par une périphrase à la ligne 19:«la moitié du monde» – moyen de rappeler, bien sûr, la légitimité de leurs revendications. La locutrice dénonce ici en une formule incisive l’éducation qui leur est donnée : elle leur «ôte les moyens» et «rend le goût impossible» de la gloire et de l’étude. La seule éducation possible à cette époque pour les femmes est en effet tournée vers les arts d’agrément, outre quelques éléments de culture littéraire. Mme du Châtelet constitue en elle-même une exception, puisqu’elle a bénéficié, grâce à l’amour de son père, d’une solide éducation scientifique. Cet accès inégal à l’éducation compromet donc toutes les chances des femmes de s’illustrer. b) inégalités homme-femme Dans le deuxième paragraphe du texte, la locutrice s’emploie à comparer la situation entre homme et femmes en dénonçant l’inégalité entre eux des chances et des carrières:«les hommes ont une infinité de ressources pour être heureux qui manquent entièrement aux femmes». Le recours à l’hyperbole («une infinité de ressources») conjugué à l’antithèse («ressources [...] qui manquent) permet de faire ressortir la cruauté du sort réservé aux femmes. Madame du Châtelet rappelle ensuite toutes les carrières qui s’ouvrent aux hommes, et aux hommes seuls : carrières politiques, militaires, diplomatiques. Il faut donc remarquer ici l’opposition entre «ils ont bien d’autres moyens d’arriver à la gloire» et «mais les femmes sont exclues, par leur état, de toute espèce de gloire ». III)Un discours plein d’émotions a) forte présence de l'auteur Même si ce texte n’était pas destiné à la publication, il n’en reste pas moins un discours dans lequel la locutrice s’implique et tente d’impliquer son locuteur. Au-delà des formules à valeur de maxime, et du présent gnomique( ou présent de vérité générale) qui les accompagne, («il faut avoir des passions pour être heureux »), il faut remarquer l’emploi du «je», discret mais bien présent:«je ne parle pas ici», «je crois» et qui s’affirme aussi dans une formule comme finale «j’ai dit que...». La locutrice tente d’ailleurs d’impliquer son lecteur dans son énoncé grâce à l’emploi du « nous », jusque dans la formulation de sa thèse : « l’amour de l’étude est de toutes les passions celle qui contribue le plus à notre bonheur». b) l'expérience de l'auteur A plusieurs reprises, on peut même deviner l’expérience de la femme et son vécu personnel derrière les formules généralisantes. La périphrase «une âme élevée» employée deux fois dans le texte fait clairement référence à la sienne:c’est elle, cette âme élevée qui recherche la gloire, et qui aurait aimé, pour y arriver, un choix de carrières semblable à celui des hommes. c) indignation L’indignation de la locutrice devant les inégalités entre hommes et femmes paraît ici clairement derrière les formules employées:le terme exclusion employé deux fois , le mot « condamnée » pour parler du sort fait aux femmes, l’expression « il ne lui reste que l’étude» marquée par l’emploi de la négation restrictive. Conclusion : Mme du Châtelet revendique ici surtout, pour les femmes, un accès égal à l’éducation. Plusieurs arguments lui permettent d’appuyer cette revendication:elles sont «la moitié du monde» et ne sauraient donc être laissées de côté;l’étude est pour elles le seul moyen d’accéder à la gloire;l’étude les console de toutes les autres carrières auxquelles elles ne peuvent accéder. Ouverture :

Lecture analytique n°3, "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne", discours, Olympe de Gouges, 1791

INTRODUCTIOn(accroche/Présentation/problématique " En quoi ce discours est-il polémique?) I) Un plaidoyer structuré a) texte officiel -pastiche : le titre, + « le droit » « article 1er », « en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants » : utilisation d’un texte historique pour appuyer son propos, mettre en exergue l’absurdité de l’oppression des femmes (devraient être considérées comme les hommes de la déclaration des droits de l’homme) et donner une valeur officielle à son texte. - le pronom « je » est très peu utilisé, l’auteure s’efface à la faveur de sa cause. Mais cela reste de l’argumentation directe. - solennité : registre oratoire, adresse directe aux hommes (apostrophe « Homme » + champ lexical juridique « droit » « assemblée » « législature » + questions rhétoriques, on est donc dans un plaidoyer), et du sérieux « sacré » « solennelle », Olympe de Gouges utilise donc un vocabulaire technique pour convaincre son lecteur. b) arguments de la raison - texte structuré : - Apostrophe, ouvre le discours - Généralités parlant à tous - texte officiel : intro/droit et devoir/pouvoir des femmes/ les réclamations à écouter des femmes /ccl.) On remarque donc une vraie progression. - connecteurs « « l’exemple », « afin que » répété trois fois, « en conséquence », - raisonnement déductif, passe d'une représentation de la Nature où règne l’égalité, à la société humaine (et surtout à l'homme), dans laquelle règne l'oppression, s'appuie donc sur un raisonnement logique et une preuve, une comparaison, universelle et invite l'homme (et ainsi le lecteur) à une démarche expérimentale : montre encore une fois que les hommes sont une « exception » dans la nature. - anaphores : « Partout », « afin que » pour appuyer son propos, insiste sur l'idée d'une égalité « partout » dans la Nature, excepté chez les hommes. L'anaphore d' « afin que » met en valeur toutes les revendications, les souhaits d'Olympe de Gouges pour améliorer la condition des femmes. c) universalité - argument universel, compare l’homme à la Nature « végétaux » « nature ». Montre la singularité de l'espèce humaine à séparer les hommes et les femmes. - ouverture de son propos sur les institutions : « corps social » « institution politique » « constitution » « des bonnes mœurs, et bonheur de tous », « les auspices de l’Être suprême » « malheurs publiques » « gouvernement », montre l’universalité de sa cause, souhaite que tout le monde l’entende et l’écoute, le changement doit venir d’en haut, espère le soutien des institutions, l''auteure s'emploie à défendre le droit des femmes à une représentation politique (comme les hommes), formulation d'une requête, mais sans appel : « A décréter par l'Assemblée nationale... » II)pour une dénonciation émue de la condition des femmes a) dévalorisation des hommes - tutoiement : amène de la familiarité, adresse directe « Dis-moi », Olympe de Gouges annonce donc dès le début de son discours à qui elle s'adresse. - ironie de l'auteure « es-tu capable d'être juste ? », « ta force ? », « tes talents ? » « Si tu le peux » pour bousculer les hommes et les lecteurs. - insultes directes dans une gradation ascendante « bizarre, aveugle, boursoufflé... » qui finit par « despote »+ utilisation d'un superlatif « la plus crasse », la bêtise des hommes laissant les femmes en bas de l'échelle est assimilée à de la saleté en même temps qu'à de la méchanceté, l'idiotie des hommes est aussi mis en valeur par l’opposition qui précède « dans ce siècle de lumières et de sagacité » - l'homme est dépeint comme un persécuteur : « empire tyrannique », « despote » or nous sortons de la Révolution qui a déchu le roi et son pouvoir absolu, on ne veut plus de pouvoir dictatorial, l'homme est donc assimilé à ce qu'on a combattu pendant la Révolution. - « es-tu capable » « si tu l'oses », « si tu le peux », la forme interrogative et la conjonction de coordination « si » exprimant l'hypothèse, réduisent l'homme à un être incompétent, tout comme « s'est fagoté », et les verbes d'état « tu sembles » « il prétend ». - allitération en « s » « L'homme s'est fagoté... » exprimant la sournoiserie des hommes. - emploie de l'impératif « Observe », « Remonte » « rends-toi »... Olympe de Gouges ordonne un changement. b) Valorisation des femmes et de l'égalité entre les êtres - On devine les aspirations d'Olympe de Gouges pour un monde meilleur et plus juste à travers les expressions « ensemble harmonieux » « coopèrent », « évidence », et montre l'égalité comme une « sagesse » (assimilée à Dieu dans le texte car Dieu a créé un monde où l'égalité triomphe) « grandeur », « chef d'œuvre immortel » (assimilés à la nature car la Nature ne distingue pas les sexes) . - la femme est finalement décrite, on parle de sa « beauté », de son « courage », de sa « liberté », ayant « toutes les facultés intellectuelles » qu'il faut, l'écrivain souhaite valoriser le sexe féminin. - Olympe de Gouges cherche aussi à apitoyer le lecteur en évoquant la dure condition des femmes et leurs « fléaux » leurs malheurs, leurs souffrances et rappelle la dignité de son sexe : « ignorance » « oubli » « mépris » « oppression » « souffrances maternelles » l'hyperbole : « les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements » - recours à un groupe ternaire : « mères, filles, sœurs, » + « représentantes de la nation »qui illustrent une revendication légitime en rappelant les liens étroits entre les hommes et les femmes, toucher le monde entier car tout être humain a une mère. - Enfin Olympe de Gouges se veut la porte-parole de cette communauté (les femmes), elle utilise donc comme nous l'avons déjà dit l'argumentation directe. On sent également une certaine agitation, ébullition, emportement, dans son discours, avec le changement de pronom « tu » « il » « moi » « elles » qui sert également à impliquer toutes les corps de la société, mais et surtout elle-même : « c'est une femme qui te pose la question » « mon sexe », allitération en « m » dans l'expression « empire d'opprimer mon sexe » marquant son mécontentement, « quand je t'en offre les moyens », elle s'inclut donc dans son propos et en se place en représentante. Conclusion (à rédiger) : Lecture analytique n°2, « femmes soyez soumises à vos maris » pamphlet de Voltaire, 1768 Intro :- accroche/ présentation générale présentation du texte / Problématique: Comment Voltaire dénonce-t-il la condition des femmes?/plan I) Le portrait d’une originale a)Une femme avec du caractère Voltaire dresse le portrait d’une femme qui détient une grande force de caractère. Les premières lignes du texte sont un récit de vie qui montre plutôt une femme à la mode, une aristocrate qui a mené une existence futile. Mais le portrait s’affirme ensuite, au travers du dialogue entre la maréchale de Grancey et l’abbé de Châteauneuf. On y découvre la maréchale prompte à s’emporter, comme le montre la violence de sa réaction après la lecture, dans les Epîtres de Saint Paul, de la phrase qui lui a déplu:« toute rouge de colère ». Son geste même (« j’ai jeté le livre») témoigne de sa fureur. Cet emportement est toujours sensible dans l’entretien qui nous est rapporté, et la force de son indignation se mesure aux menaces virtuelles adressées à l’apôtre («je lui aurais fait voir du pays ») mais aussi à ses questions indignées et répétées:« Sommes-nous donc des esclaves ? » Elle utilise aussi des exclamations véhémentes, marquées d’ironie «voilà une plaisante raison pour que j’aie un maître!». b)refus de la soumission La maréchale refuse avec la plus grande énergie l’invitation chrétienne à la soumission, et cette énergie est aussi sensible au développement de sa réplique qui a tout de la diatribe passionnée ne laissant plus guère de place à son interlocuteur, ici l’abbé de Châteauneuf. La maréchale ne mâche pas ses mots, quoique fréquentant la société élégante et, pour plaider la cause des femmes, elle n’hésite pas à évoquer de manière très directe les plaies propres à la condition féminine:la grossesse, nommée ici «une maladie de neuf mois», les menstruations féminines nommées «des incommodités très désagréables pour une femme de qualité». Il s’agit certes de périphrases, mais qui évoquent des réalités physiologiques très claires, et qui sont donc très crues pour une conversation d’époque. II)La dénonciation de la condition féminine a) humiliation de l' adversaire Pour contester la phrase de Saint Paul qui la choque, la maréchale utilise d’abord un argument ad hominem(reprise de parole pour se moquer, ou moquerie sur le physique ou l’intellect de l’adversaire). Elle discrédite donc la personne même de l’apôtre : « je suis persuadée que votre saint Paul était un homme très difficile à vivre ». Elle l’attaque en fait plus particulièrement dans sa vie conjugale, comme le montre l’expression qui suit:«il fallait que sa femme fût une bien bonne créature». b) l'interdépendance des deux sexes Elle emploie ensuite plusieurs arguments pour contester plus rationnellement l’invitation à la soumission féminine. Elle montre d’abord que la différence entre sexes fonde les conditions d’une interdépendance, et non d’une soumission : « [...] en nous rendant nécessaires les uns aux autres». Elle explique ensuite que l’inégalité entre hommes et femmes n’a pour base que la force physique des premiers : « je sais bien qu’en général, les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres ». Ce deuxième argument est souligné par la force de son ironie, sensible à l’antiphrase:«j’ai bien peur que ce ne soit là l’origine de leur supériorité ». c) émotions Mais la maréchale ne se borne pas à contester le texte des Evangiles, elle témoigne aussi avec beaucoup d’émotions de la difficulté de la vie des femmes à son époque. Elle rappelle combien la femme est soumise à l’obligation de procréer, le mariage n’existant en effet qu’à cette fin:«N’est-ce pas assez qu’un homme [...] ait le droit de me donner une maladie de neuf mois ». Elle souligne les dangers de la grossesse et de l’accouchement:«une maladie qui est quelquefois mortelle», «de très grandes douleurs». Elle montre la vulnérabilité des femmes, même devant la justice:«un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur». Bref, elle dresse un tableau pathétique du sort réservé aux femmes qui ajoute une force persuasive à sa thèse. III)L’ironie du narrateur a) un personnage comique Le narrateur n’hésite cependant pas à se moquer du personnage qu’il met en scène. Les premières phrases du texte sont empreintes d’ironie puisqu’on y dresse le portrait d’une femme futile, comme le souligne l’antithèse plaisante « [...] cette dissipation [...] qui occupe(nt) sérieusement les femmes ». Cette femme élégante vit dans la frivolité d’occupations oiseuses:«n’ayant jamais mis dans sa tête que les nouvelles du jour [...]». Son ignorance paraît même à la limite du crédible puisqu’elle est censée découvrir un des textes sacrés des Evangiles, avec les lettres de Saint Paul. b) reproches cachés. Sa conversion à la culture est présentée par le narrateur comme imposée par l’âge et les contraintes de la nature:il faut renoncer à plaire d’où la métaphore ironique du «trône» que l’on change. La reine des cœurs entreprend de se cultiver! On peut remarquer combien les expressions qui suivent «on lui fit lire», «on lui donna ensuite » sont péjoratives et montrent le peu d’autonomie de la maréchale dans ses choix culturels. Dans son ignorance, dans sa futilité passée, dans son emportement incontrôlé, le personnage peut sembler quelque peu caricatural:on reconnaît surtout sans doute l’effet d’une ironie souveraine qui n’épargne pas même les personnages détenteurs de la bonne parole. Ccl : Les traits caractéristiques du pamphlet sont bien présents ici: l’ironie:ironie du narrateur à l’égard de la Maréchale de Grancey ; ironie du personnage dans son discours ; un texte de combat : Voltaire choisit ici un porte- parole pour dénoncer l’inégalité entre homme et femme telle qu’elle paraît recommandée par une lecture littérale de cette parole évangélique. un texte qui suscite l’indignation : l’injustice du sort réservé aux femmes apparaît clairement dans la réplique de la maréchale de Grancey qui souligne les difficultés liées à leur condition même. Ouverture :

Lecture analytique numéro 1 : Montaigne, Les essais, I, 26, « Sur l'institution des enfants »

Intro : accroche/ présentation (générale et extrait)problématique: En quoi cet essai est-il humaniste? En quoi cet essai critique-t-il l'éducation du 16e siècle?/plan. I) Une éducation désuète (vieillissante) a) critique des précepteurs de son temps - le nom « un guide » est utilisé comme synonyme de précepteur, Montaigne utilise la métaphore de l'accompagnement ( on doit « guider », accompagner, l'élève), dès le début de son essai pour exprimer sa vision du précepteur. - parallélisme de construction « tête bien faite que bien pleine » qui accentue l'idée de réflexion : le précepteur doit savoir réfléchir et ne pas être qu'un catalogue de connaissances. - oppose « modèle usuel », « notre usage » à «  manière nouvelle », on comprend alors que Montaigne compare deux méthodes (l'ancienne et la sienne) - « je souhaiterais qu'il se comportât dans l'exercice de sa charge » : utilise le conditionnel pour exprimer un souhait, Montaigne réclame une nouvelle méthode d'enseignement. L'expression « exercice de sa charge » amène la solennité (le sérieux) en utilisant le champ lexical du monde professionnel. - champ lexical de l'erreur : « corrig(er) la méthode usuelle », «  Faute d'apprécier », « gâtons tout » prouve qu'on est dans la critique - formule latine, sa traduction dévoile bien l'idée que le professeur peut faire du mal s'il se croit seul et supérieur. - apostrophe directe « Quant aux maîtres, » qui dévoile une critique explicite. b) contre l'éducation collective - « ...même façon d'enseigner et une pareille sorte de conduite... » : parallélisme de construction qui accentue l'uniformité (monotonie, platitude, même savoir à tout le monde) de l'enseignement. - beaucoup d'esprits de tailles et formes si différentes », deux adverbes « beaucoup » et « si » qui dévoilent la diversité des élèves (donc : uniformité de la leçon s'oppose à la diversité des élèves, cela pour bien montrer l'absurdité de la chose, de cette méthode). - litote « il n'est pas extraordinaire », dire moins pour exprimer plus, ici dire : il est normal. - hyperbole « peuple d'enfants », pour montrer l'importance des enfants. ( qui sont assimilés au peuple) - antithèse : « tout un peuple d'enfants » ( veut dire : beaucoup d'enfants) qui s'oppose à l'utilisation de l'adverbe « à peine » associé aux chiffres « deux ou trois », pour montrer le peu de réussite de la méthode ordinaire. Le collectif ne permet pas la réussite de la majorité des élèves. c)contre le gavage - terme péjoratif « criailler à nos oreilles» et allitération en « r » qui montre le côté désagréable de l'enseignement ordinaire. - comparaison : « l'entonnoir », idée péjorative de remplissage, de « gavage ». II) Pour une nouvelle éducation a) L'adaptation - « selon la portée » la préposition « selon » marque l'adaptation, le choix. - métaphore cheval « trotter », « régler l'allure »... du cavalier, chez Montaigne, le précepteur est un cavalier qui doit écouter sa monture. - verbes : « se rabaisser », « s'adapter », « y conformer sa conduite » qui amène bien l'idée d'ajustement. - superlatif « tâches les plus ardues »+ adjectifs mélioratifs dans la phrase « est l'effet d'une âme élevée et bien forte » = louange du précepteur qui sait s'adapter. b) l'indépendance, esprit critique, de l'élève. - accumulation (« mettre sur la piste,...ouvrir ») de verbes d'action pour montrer que l'élève doit être actif, au centre de son apprentissage. - chiasme (en lui ouvrant...ouvrir) appuie également l'idée de partage, d'échange entre précepteur et élève. - antithèse : je ne veux/pas je veux : Montaigne exige (verbe vouloir) l'indépendance de l'élève qui doit prendre la parole - conjonction qui marque l'opposition « mais » (ligne 24) encore une fois Montaigne compare les deux méthodes. - parallélisme « non par le témoignage de sa mémoire mais par celui de sa vie » est là pour valoriser l'idée d'expérience : l'élève doit savoir réutiliser dans un autre cadre les connaissances apprises en cours. - hyperbole« cent formes » + « autant de sujets différents », montrent bien l'idée de transformer le savoir appris et l'appliquer ailleurs. - métaphore estomac, digestion. L'estomac transforme la nourriture comme l'élève doit réussir à transposer la leçon. III) la stratégie argumentative d'un auteur humaniste a) Implication de l'auteur - je - « nous » « on » -verbe de volonté -tournure impérative avec l'utilisation du subjonctif - Argumentation directe sans détour, genre de l'essai, veut toucher de front son lecteur b) persuasion - argument d'autorité Socrate, Arcélias, et formule latine - joue ac les images. - « Nos oreilles d'enfant » nous devenons soudain nous aussi des enfants, souvenir de l'école, applicable aux enfants. - ne se place pas au dessus des autres mais sur un pied d'égalité ac le nous, se reproche aussi des chose « nous gâtons tout » mais propose néanmoins un autre chemin. c) humanisme - enfant au centre = homme au centre - davantage porté sur les lettres que sur les sciences, lier intelligence et morale - référence à l'Antiquité Ccl : résumer/ouverture.