Fiche récapitulative des notions

Histoire de la poésie.

Intro : La poésie est la création d’un langage différent du langage quotidien, elle vient du grec « Poiein »

signifiant « créer, inventer ». Au départ, elle n’était qu’orale et se transmettait par la parole à l’aide de troubadours ( langue d’oc( sud) et de trouvère langue d’oil (nord), elle racontait les exploits et aventures des Dieux et des héros mythologiques ou non ( nous avons par exemple : Homère, Ovide, Sapho). Puis la poésie antique se diversifie (éloge, satire, vers ou prose, etc.)

Au Moyen Age, la forme poétique écrite se développe, La Chanson de Roland au XIIe, en est l’exemple le plus connu, ( La Chanson de Roland est la plus célèbre des chansons de gestes( récit versifié relatant des exploits guerriers appartenant au passé). Créée à la fin du XIe siècle par un poète anonyme – que certains croient être Turolde, dont on peut lire le nom dans la dernière laisse du poème –, elle raconte, en l’amplifiant et le dramatisant, un épisode des guerres menées par Charlemagne contre les Sarrasins, c’est de la poésie épique).
Puis le lyrisme prend de plus en plus de place. Il est l’expression d’images et de codes communs parlant de la femme aimée (c’est alors l’apparition de la poésie courtoise).

Mode poétique, école, mouvement

Exemples

I) Le XVI : renouvellement de l’écriture poétique.

a) l’humanisme
origines 
: – vient du latin « humanitas » : « ensemble des qualités morales, intellectuelles et physiques qui distinguent l’homme des autres créatures dans ce qu’il y a de plus accompli ». Mouvement littéraire, courant de pensée du XVIe.
– invention de l ‘imprimerie, découvertes de manuscrits, expéditions, découvertes en astronomie. Nouveau regard sur l’homme dans l’univers.
Thèmes/ recherches : l’épanouissement de l’homme, l’homme au centre : foi en l’Homme (confiance en lui, rendre le monde meilleur), monde de paix ( intérêts de l’homme avant cause politique, réflexion politique, utopie), monde de culture (esprit sain dans un corps sain, éducation ( diversité des matières), équilibre corps et esprit, études de textes authentiques/ anciens ( retour à la culture antique, nombreuses références), monde libre (interrogation sur le monde), développement de l’esprit critique ( critique des dogmes religieux)
Auteurs : Montaigne, Erasme, Rabelais…

« Pourquoy m’as tu vendu, Jeunesse,
(…)

Son hostel de noir de tristesse 
Est tandu. Quant dedans je vien, 
J’y voy l’istoire de Destresse 
Qui me fait changer mon maintien(…) »

Charles D’Orléans, « Pourquoi m’as-tu vendu Jeunesse ? »

b) – La poésie : La Pleïade : renouveler le langage, valoriser la langue française, faire reculer le « Monstre Ignorant » par la diffusion de la culture antique.
– étoiles, 7 poètes. (les plus connus : Ronsard et Du Bellay)

On considère souvent la Défense et illustration de la langue française, publié en avril 1549 par Joachim Du Bellay, comme le manifeste des idées de la Pléiade. Son contenu vise à mener une réflexion sur les moyens d’enrichir la langue et la littérature française par des emprunts, la fabrication de néologismes, le rappel de mots disparus, et plus globalement enrichir la culture française par la redécouverte de la culture antique, de ses arts et de son savoir.

« Heureux qui comme Ulysse, a fait un bon voyage », « Les Regrets », Joachim Bellay.

c) La poésie classique : un siècle réglementé même en poésie
Réglementée, Boileau (1636-1711), Malherbe (1555-1628) :
– le goût du vers, apogée de l’alexandrin, égalité dans nombre de pieds, soigner les rîmes
– monarchie et honnête homme. (Bossuet : L’homme de cour cherche à gagner la faveur d’un prince et le sert, manifeste de la prudence, est à la fois galant et élégant)

d) formes fixes
 – sonnet :
– ballade :
– rondeau :
– fable :

« (…) Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
 Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. » Jean De La Fontaine,
« Le loup et le chien ».

«(…)

 Pensez à vous Dauphin, j’ai prédit en mes vers,
Que le plus grand orgueil de tout cet univers
Quelque jour à vos pieds doit abaisser la tête :

Mais ne vous flattez point de ces vaines douceurs :
Si vous ne vous hâtez d’en faire la conquête,
Vous en serez frustré par les yeux de vos soeurs. » François de Malherbe, « A monsieur le dauphin. »

 

e) les lumières
Les Lumières ont soif de liberté et de rationalité. Elles se désaltèrent par un examen de la morale et de la religion et un vif intérêt dans les sciences. Cependant un appétit nouveau s’éveille, celui de l’expression des sentiments. La mode est surtout aux genres de l’argumentation. La poésie quant à elle ne s’est pas libérée des influences du classicisme, les poètes de cette époque préparent avant tout le romantisme.

 

II) Le XIX : romantisme et parnasse

a) le Romantisme

– idéaux XVIIIe = désenchantement ( révolution échoue)

– opposition règles classiques ( liberté, imagination + moi= valeur absolue)

– Hugo, chef de file, préface de Cromwell.

– rejet classique, métrique et syntaxe assouplie, registre de langue varié

« je suis venu trop tard dans un monde trop vieux » Musset

– nostalgie du passé, mal du siècle, le moi, quête de l’idéal

– Lamartine,Musset, Hugo, Gérard de Nerval, Alfred de Vigny…

« Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.

Je ne suis pas en train de parler d’autres choses »

Victor Hugo, « Les contemplations ».

b) le Parnasse,

– montagne grecque, Muse ( 9 muses : Zeus et Mnémosyne. Calliope éloquence,épique, Clio histoire,Erato poésie lyrique et chorale, Euterpe musique, Melpomène, tragédie, Polymnie, rhétorique, Terpsichore, danse, Thalie, comédie, Uranie, astronomie.)

– groupe de poètes édités collectivement Parnasse contemporain= comme un manifeste.

– opposition au romantisme, renouveau de la poésie ( Baudelaire, Rimbaud Mallarmé, Gautier etc.).

– art pour l’art, art gratuit, pas de mission,

– refus du lyrisme, de l ‘expression du moi

– retour sur un passé, exactitude historique.

– jeu sur la langue (sonorité, structure contraignante, perfection de la forme, image

« Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher tout droit

Tu chausses,

Muse, un cothurne étroit. »

Théophile Gautier, « Émaux et Camées »

III) Le Symbolisme et surréalisme

a) Le symbolisme

Les origines :

– Baudelaire ( Spleen = Romantisme, La beauté = Parnasse, Don Juan aux enfers = Symbolisme)

– libération de la contrainte de la rime

– école plutôt que mouvement, symbole = condition même de l’art, l’art ne peut être que symbolique. C’est l’art de la suggestion.
– existence d’une autre réalité, le monde réel n’est qu’apparence. Symbole= représenter concrètement l’abstrait.
Les caractéristiques :
– rôle central du symbole, et de l’analogie (utilisation du langage pour exprimer l’abstrait, faire ressentir, comprendre concrètement l’idée en s’aidant du langage (sonorité, figure de style). Couleur, rôle de l’image, de la métaphore, faire voir, créer des visions. Réalité supérieur.
– Poète sorcier, voyant : aller chercher, fouiner dans la langue, la réinventer pour exprimer son idée.
– expérimentation. Vers libre, prose, mètre impair, etc.

Auteurs : Verlaine, Rimbaud, Mallarmé.

« Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu »

Arthur Rimbaud, « Le mal »

b) Le surréalisme.

Def : Révolution industrielle amène nouvel élan poétique (Apollinaire, vers libre), c’est le début du mouvement Dada mené par Tristan Tzara, très vite se confondra avec le surréalisme.
André Breton,
manifeste du surréalisme, 1924. Refus de toutes constructions logiques de l’esprit, travail sur l’irrationalité, le rêve, la révolte, le désir et l’absurde. André Breton expliquait que le Surréalisme était un « automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée». Il s’agit donc d’une véritable «dictée de la pensée», composée «en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale ». Redécouverte d’auteurs marginaux (Lautréamont, Sade), changer la vie, les codes, famille-patrie-religion, et célébrer l’amour fou, passionnel. Jeu de langage, écriture automatique, jeux d’association libre, collage aléatoire, cadavre exquis, etc. (OuLiPo, Queneau)
Caractéristiques : l’image insolite et forte, le poème image(métaphores surprenantes alliant des réalités éloignées, mélange des genres (ton journalistique dans une poésie etc), c’est donc une remise en cause de l’ordre, des valeurs établies, esprit de révolte, de changement.
Thèmes : rêve, amour, désir, femme, hasard, folie, libérer l’homme et la littérature de la raison.

« La terre est bleue comme une orange » Paul Eluard, « L’amour la poésie ».

« Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d’éclairs de chaleur
A la taille de sablier… » André Breton, « L’union libre. »

c) poésie contemporaine

– sociale et contestataire, très libre (beaucoup de forme libre mais aussi des formes fixes), musicale (apparition du SLAM). Se définie surtout par rapport aux générations, à des périodes.

Les auteurs, au fil du temps, continuent donc de faire évoluer la langue, et il y aura des auteurs d’aujourd’hui qui marqueront les esprits autant qu’un Baudelaire ou qu’un Bonnefoy.

« Et nous écoutons le vent qui fait trembler la toile des tentes quand de bâches blanches en longues colonnes monotones le vent qui siffle s’engouffre partout et nous rend fou. » Laurent Gaudé, « Seul le vent ». 

Fiche synthèse les spécificités du genre poétique pour l’analyse de la langue.

I) La versification

On distingue 5 composantes formelles de la poésie : le mètre, la strophe, la rime, le rythme et les sonorités.

a) le mètre

métrique : nombre de vers( éléments poétiques caractérisés par un certain nombre de syllabes, d’accents et de liens entre eux qualifiant ainsi le poème qu’ils forment).

e muet, en fin de versification
hiatus deux voyelles en contact, diérèse (2) et synérèse (1) ( ex : DI-EU = diérèse, DIEU= synérèse)
l’élision (ne pas prononcer certaines paroles, voyelles)
– alexandrins, décasyllabes, octosyllabes ( dissyllabe, quadrisyllabe…)
– existent des
vers impairs (monomètre, trisyllabe, heptamètre/syllabe, énnéasyllabe 9, hendécasyllabe 11)

b) la strophe

Regroupement de vers en unité égale ou inégale.

– distique = deux vers, tercet, quatrain, quintil, sixain, dizain…
– Poème à strophe fixe : sonnet, ballade, rondeau
-poème moderne = strophe dans l’espace, arrangement typographique.

c) la rime

déf : C’est le retour à la fin de deux vers, de sons semblables.
– féminine ( e muet ou caduc) ou masculine syllabe (prononcée ou tonique)
– qualité : riche (3 éléments identiques fin d’un vers charité-probité)/ très riche ( plus de 3tintamarre-amarre)/ suffisante (2 cage outrage)/ pauvre (train main)
– peut être original : fugitive-rive, nom-canon, on joue sur la sonorité.
-rime pour l ‘oeil aimer-amer
– disposition : suivies ou plates ( aabb), croisées (abab), embrassées (abba)

d) rythme et sonorités

– étudier le rythme c’est retrouver l’origine de la poésie : la musicalité (troubadour). Deux rythmes se confrontent : le rythme de la phrase française ( accent sur le dernier mot), et celui du vers (fin ou césure). Peut y avoir concordance rythmique ( réunion des deux), et si c’est le contraire : discordance.
– rejet, contre rejet, enjambement
– rythme binaire, ternaire, accumulation.
– sonorité : allitération et assonance (voyelle)


La poésie propose une vision imagée du monde et se distingue par sa musicalité. Mais c’est aussi l’expression d’un imaginaire, d’une imagination, celle du poète.

II) La versification au service d’une impression, d’une vision, d’une sensation.

– l’analogie : comparaison, métaphores et personnification, allégories

– répétition : anaphore/ épiphore, anadiplose/épanadiplose, polyptote, paronomase( suite-fuite ; vivra-verra), antanaclase (le cœur a ses raisons que la raison ignore).

– champ lexical

– construction et déconstruction (rejet, contre-rejet, alexandrin et plus généralement explosion de la métrique, vers sans rime, etc.) en liant avec le thème principal du poème.