Lectures analytiques

 

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Lecture analytique, Le pain, Le parti pris des choses, Francis Ponge, 1942.

Intro : accroche – groupe « tel quel », influencé par les surréalistes, transformer le langage.

Présentation recueil : expliquer le titre

Présentation du poème

Problématique : Comment Ponge transforme-t-il un aliment quotidien en objet poétique ?
Plan
: Dans une première partie…

I) Une véritable définition poétique

a) technique et précision

– Poème très structuré (connecteurs « d’abord » puis « Ainsi donc » + chaque strophe possède sa signification) et évolue, on passe de la cuisson à l’engloutissement du pain, de l’extérieur à l’intérieur.

– registre didactique : présent de vérité générale. Impératif. Langage spécifique associé au pain. – discours explicatif : « à cause » « lorsque » qui offre une véritable définition complète du pain.

b) simplicité et poésie

– Poète = simple narrateur, pas de « je » mais « on » et « nous », union poète-lecteur. + prose. = Simplicité.

– voc . familier « quasi » « à cause », et voc.courant, accessible :

– présent (temps simple), phrase nominale : Forme abordable – originalité : le thème + vocabulaire qui surprend le lecteur : « stellaire » « panoramique » « masse » « respect » « consommation » et la comparaison avec les « sœurs siamoises » et « l’éponge ». Amène la curiosité, des touches de surprise, marque l’originalité dans cette définition.

– musicalité : allitération : / répétition :

– véritable ode au pain, ouvre les portes de l’imaginaire du lecteur, véritable voyage, lui fait voir ce pain qu’il voit tous les jours mais qu’à force il ne voit plus. (Discours descriptif : beaucoup de comparaisons, adjectifs et figures de style de l’image (métaphore, comparaison)) + Epanadiplose du « pain » (dans 1ere et dernière phrase) marque l’importance du thème.

II) pour une allégorie du monde

a) Croûte et montagne

– vu d’ensemble « panoramique »

– adj laudatif « merveilleuse », adverbe « si nettement »…

– comparaison hyperbolique ac accumulation ascendante « les Alpes… »

– champ lexical de la Nature (vallée, crevasse…)

– métaphore de la Genèse. Dc le pain= la Terre, le monde. Surface du pain et mais aussi surface du monde.

b) mie et terre

– rupture ac tiret + alinéa. Monde moins beau, plus sombre. Adj dépréciatifs « mollesse ignoble » « lâche et froid » (parallélisme)

– comparaison écœurante ac l’éponge et anormale ac les sœurs siamoises (allitération en « s ») qui s ‘opposent à l’image de la nature ac l’évocation de « feuilles ou fleurs » (paronomase) – image de la terre, la poussière, le sol, mais aussi de la mort (ac les verbes rassir, faner)

c) rupture finale

– rupture finale visuelle ac les « … », la conjonction de coordination marquant l’opposition « mais » et l’impératif qui suit qui change du présent descriptif

– conjonction de coordination « car » marque l’explication finale

– comparatif « moins que » montre l’opposition entre respect pour le pain et consommation de l’aliment. Chute finale car Ponge vient de faire l’inverse de ce qu’il est en train de dire. Surprendre le lecteur, le faire réfléchir sur le langage. Double sens du mot « pain » qui est aussi le titre du poème, et « notre bouche » = parler. Il faut manger, se nourrir de la poésie, la transformer en objet du quotidien, qu’elle devienne quotidienne. Et c’est ce que Ponge défend, et essaie de faire en mettant en scène dans ses poèmes des objets ou aliments dits « ordinaires ».

Lecture analytique  «L’âme du vin », Les fleurs du mal, Baudelaire, 1857.

Intro : – accroche :

– présentation recueil

-présentation du poème

– problématique : Dans quelle mesure Badelaire fait-il l’éloge du vin ?

– plan :

I) Un poème qui enivre

a) évolution du poème

– jeu ac les temps : passé (chantait)/présent (je pousse)/ futur (tu me glorifieras)= agitation, confusion + projection du vin : le futur termine le poème car le vin se projette, il affirme ses effets, il montre qu’il se connait.

– rimes croisées : instabilité

– le vin prend de plus en plus de place, de pouvoir, dans le poème : rupture à la 3em strophe : – les strophes 1, 2 et 3 introduisent l’histoire et les personnages ( le vin et l’homme), avec des termes sombres : « prison » « déshérité » « peine » « ingrat » « froids caveaux » les strophes 4 5 et 6 parlent des effets du vin avec l’utilisation de termes optimistes : « ravie » « content » « glorifier » « rare » etc. Montée en puissance du vin, de son discours. (montée de l’ivresse)

– sensualité de plus en plus forte, commence par « « éprouver » « chaude poitrine » et finit par « amour » « naisse » « jaillir ».

b) effet de l’ivresse dans le poème lui-même

– effet physique de l’ivresse sous entendu avec la mise en valeur du mot « tombe » en fin de vers, avec un enjambement (vers 9), et une antanaclase (« tombe » le verbe conjugué, « tombe » le nom commun) et la répétition : « tombe » répété deux fois, + « tomberai » une fois. L’accent sur le mot « tombe » rappelle la chute, l’instabilité, le vacillement que l’on peut ressentir sous l’effet du vin.

– champ lexical du chant : « chanter » « chant » « refrain » « entendre » retentir » = ivresse amène le chant, ambiance chaleureuse.

– l’euphorie omniprésente avec le champ lexical de la jovialité « chanter « lumière » hyperbole « joie immense » animalisation de l’« espoir » qui « gazouille » comme un oiseau, métaphore du feu avec « allumer les yeux »

II) dans lequel l’homme et le vin s’unissent

a) l’homme

– apostrophe à l’homme « Homme » ouvre le dialogue = le « tu » marque la complicité entre le vin et l’homme. Devient de plus en plus précis ac « ta femme » « ton fils » « l’athlète ».

– condition difficile de l’homme ( avec l’apostrophe, la périphrase « ô cher déshérité » + la phrase « usé par ses travaux ») qui devient plus vivable grâce au vin : l’expression « les coudes sur la table » illustre bien la détente de l’homme amenée par le vin.

– éloge du vigneron ac accumulation + verbe « falloir » qui marque la nécessité + vu comme Dieu ac le parallélisme « Pour engendre ma vie et pour me donner l’âme » qui marque la puissance du vigneron.

-l’homme est un bel écrin pour le vin « chaude poitrine »+ oxymore « douce tombe »+ « gosier » « où je me plais » qui sauve le vin de sa bouteille. L’antithèse « chaude poitrine » et « froids caveaux » illustre l’idée d’un homme sauveur, il libère aussi le vin : « Sous ma prison de verre et mes cires vermeille » est un parallélisme et une périphrase désignant la bouteille qui contient le vin (ouverte par l’homme).

– puissance de l’homme, pas slmt du vigneron, vers 22 (fait échos au vers 7) : « l’éternel semeur « périphrase qui peut évoquer Dieu (avec éternel) mais aussi l’homme (qui sème les graines de la vigne) L’homme devient donc créateur, le vin le loue et l’assimile à Dieu.

b) le vin

– Personnage principal du poème : personnification du vin (« j’éprouve ») avec une prosopopée (le poème est une longue prise de parole du vin) discours direct.

– Vin idéalisé : associé au divin « lumière » « âme », périphrase « végétale ambroisie », « grain précieux » « éternel Semeur » « Dieu » + le futur des dernières strophes rappelle le ton des 10 commandements.

– Vin dynamique : verbes d’action

– vin bienfaiteur, véritable remède ac chiasme vers 17 18, et l’antithèse « frêle » et « raffermir ».

– manipulateur, il vante ses mérites pour mieux arriver à ses fins : être bu ! Il adopte une véritable stratégie argumentative : il flatte, il plaint, il s’apitoie, il glorifie l’homme et n’évoque que ses bénéfices.

– Véritable être humain : doté d’un corps « en mon sein », d’une « âme » « ‘l’âme du vin », de sentiments (verbes d’état « être » « éprouver ») et de parole.

c) fusion/union

– Homme et vin sur un pied d’égalité, deux êtres ac âme corps et parole

– complicité avec le « tu » le « cher », qst qui marque également l’adresse à l’homme.

– sensualité ac allitération en « s » (3e strophe)+ atmosphère particulière « un soir », « engendrer » « chaude poitrine » « douce » « plaire » + le vers « J’allumerai les yeux de ta femme ravie; » et ce que nous avons déjà relevé : « amour » » naisse ». L’homme et le vin rentrent en contact dans le 3e strophe et cela amène la naissance de la poésie (assimilée à un enfant)= procréation (qui rappelle le mot création)

– union concret à la dernière strophe avec « notre amour » « naisse la poésie »( = création) qui sera une « rare fleurs »(périphrase) (échos au titre du recueil). Poésie puissante : va jusqu’à Dieu ac l’hyperbole « Qui jaillira vers Dieu ». L’union de l’homme et du vin amène donc la poésie pour Baudelaire. Conclusion du poème.

Lecture analytique, « L’huître », Le parti pris des choses, Francis Ponge, 1942.

Intro : – influence surréalisme (1930), fréquente certains auteurs du Nouveau Roman/ 1960 intègre groupe de réflexion « Tel quel »/ nouvelle manière d’envisager l’écriture et la question de l’écriture poétique.

– présentation recueil : parution 1942 (certains poèmes écrits dès 1924)/ expliquer le titre

– Présenter le poème.

– Problématique : A travers ce poème, comment, et quelle vision du monde poétique propose Ponge ? (L’huître dans ce poème n’est elle décrite que pour elle-même ? ou encore Quels changements poétiques ce parti pris met-il en place ?)

– Plan.

I) Une poésie originale

a)la poésie du texte

– structure (trois strophes, extérieur/intérieur/bijoux, du plus accessible au moins accessible (et même au plus rare)+ alinéas sans blanc typographiques = impression de strophe poétique. Texte structuré car connecteur « pourtant » « parfois » amène l’idée d’une poésie dynamique et organisée)

– musicalité (nombreuses virgules et « : » divisent les phrases en segments, ponctuation rythmée, impression de césures + différents rythmes (rythme ternaire « les doigts… », rythme binaire « les coups… », un souffle (rythme blanc) « C’est un monde… », phrase divisée en 4, …) (allitération en « g »= aspect granuleux, en « r »= rocailleuse, assonance en « o » : forme et son de la lettre rappelle un enclos, allitération en « k » exprime la difficulté. Etc… syllabe « âtre » qi revient comme une rime.)

– images (- comparaison galet, métaphore du monde, métaphore du ciel, parallélisme, personnification, métaphore filée…) et éveil des sens.

b) originalité

– forme (prose et le vocabulaire)

– langage technique (registre didactique, discours explicatif), lgg simple et accessible.

– le thème (rendre sérieux et poétique l’huître, normalement poésie chante l’homme et ses sentiments, ici huître qui devient d’ailleurs un sujet sérieux, évoque la réalité de l’homme)

II) Au sens caché

a) l’huître

– extérieur (description, oxymore, chiasme, extérieur hermétique, le « on », métonymie)

– intérieur (vital, complet, polysémie, divin, laideur, sens, rondeur, accumulation, opposé au monde précédent)

– la perle (ccl de la poésie, beauté, surprise)

– réalité prosaïque (détails)

b) le monde poétique

– sens caché, 2e lecture

-dernier phrase éclaire le sens (esthétique de la poésie)

– monde clos, paradoxal (jeu opposition), monde divin, monde qui s’ouvre, au lecteur mais aussi à celui qui sait manier la poésie, dimension céleste, monde riche, poésie nourrit intellectuellement

Lecture analytique, « L’ALBATROS », les fleurs du mal, Baudelaire, 1857

Intro : – accroches possibles : voyage à la Réunion en 1842, Baudelaire un écrivain inclassable (romantique, parnassien, symboliste), autre…

– présentation de l’œuvre/ présentation du poème : très connu, montre la malédiction que fait peser la société sur le génie.

Problématique : Par quels procédés/comment le poète s’assimile-t-il ici à l’albatros ?

-plan

I) Vivacité du texte

a) théâtralité (une véritable scène de théâtre)

– un lieu précis (la mer, champ lexical maritime…)

– de l’action (verbes d’action…)

– des personnages : – les hommes : flou, général « on » « les hommes d’équipage », « l’autre » « l’un », apparaissent cruels « s’amuser » « agacer » « mimer », brutalité des hommes qui raillent, parodient et même insultent l’animal : « huées ».

– l’albatros : mis en valeur grâce aux nombreuses périphrases (une pour chaque strophe minimum), liberté mouvement : « voyage » « mer » « suivent » « rois de l’azur » : appuie l’idée de grandeur de l’oiseau et de symbiose ac son environnement l’oiseau est « vaste » comme son environnement.

b) une structure évolutive

– 1ere strophe : vue d’ensemble/ 2e strophe : vue rapprochée (au sol)/3e strophe : confrontation/dernière strophe : moralité

– Le présent (différentes valeurs : descriptif, d’habitude et pour finir vérité générale)

– On passe de l’anecdote, (d’un événement particulier) « souvent » « à peine » « naguère » à l’allégorie, l’albatros devient le poète.

II) Le pouvoir de l’allégorie

a) de l’oiseau au poète

– assimilation passe par majuscule de « Albatros » (dans titre) et du « Poète »

– termes des périphrases, personnification de l’oiseau.

b) un même mal-être

– registre pathétique

– jeu des oppositions (lieux/beauté-laideur/adj. Laudatif dépréciatif)

– climat brutal (torture physique mais surtout morale)

– vision : solitude de l’homme de génie (déjà amorcée par La Pléiade et les romantiques), le poète se moque des dangers venant de la terre (les flèches) incapacité du poète à s’adapter à la réalité concrète « au sol », sa patrie à lui est l’espace infini et sublime (la mer, le ciel, l’imagination), sentiment d’exclusion, parias « exilé »

Lecture analytique 16, L’avare, Molière, 1668

Intro à rédiger.

Problématique : En quoi l’objet dépasse-t-il son rôle d’accessoire ici ? En quoi cette scène est-elle classique ? Plan: I) L’art de faire rire II) Critique du personnage.

I) L’art de faire rire

a) différents comiques

– plusieurs énumérations avec gradation ascendante (crescendo) : « Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! » ou encore « je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge » ici : rupture avec ce qui suit « on m’a dérobé mon argent », le spectateur est surpris (s’attend à qch de plus fort au vu de l’état du personnage), nous avons donc ici du comique de mot, les termes sont forts par rapport à la situation, Molière joue sur l’exagération avec l’utilisation de ces hyperboles + oxymore « mon pauvre agent » + polyptote « justice juste ciel » + pléonasme « point là ? » « point ici ? », la langue joue sur les répétitions. Personnage en boucle.

– la didascalie « il se prend le bras » dévoile un comique de geste, la démesure d’Harpagon fait rire le spectateur.

– Le comique de situation est amené par ce personnage qui parle tout seul avec ferveur, mais aussi par le contraste qui existe entre les deux scènes (dialogue vif, rieur et Cléante abasourdie opposés à Harpagon seul et désespéré). De plus le fait que ce soit le valet le voleur (et son fils le complice) = cocasse.

b) Complicité avec le public

– la double énonciation permet la complicité du spectateur, il sait qui a volé l’argent d’Harpagon,

« il crie au voleur dès le jardin » : suspense, le spectateur ne sait pas dans quel état il va voir arriver Harpagon, il connait déjà bien le personnage (nous sommes à l’acte IV) mais ce héros comique, par la faute de son vice l’avarice, est capable de tout. De plus, le spectateur vient de voir Cléante et La Fléche exposer la supercherie.

– adresses directes au public : les apostrophes (« Au voleur ! … ») + L’interrogative « N’y a t-il personne qui veuille me ressusciter, en … » = le spectateur devient complice du vol, il ne peut rien dire,( ou ne veut rien dire), il fait parti du spectacle.

– nous avons donc ici une scène particulièrement théâtrale : plusieurs choses/sentiments à jouer (folie, joie, colère, désespoir, plusieurs comiques) + délice pour les spectateurs pris à parti.

II) Critique du personnage

a) Un personnage nerveux, agité

– ponctuation expressive : d’abord phrases interrogatives et exclamatives et même non verbales «  Justice, juste Ciel », personnage très nerveux, agité. Puis les phrases deviennent déclaratives, le personnage se calme un peu, il entre dans le désespoir (mais c’est pour mieux déclarer son amour à son argent : apparait comique, ridicule).

– rythme saccadé, soutenu, bcp de « , » et de « ; ».+ scène 6 stichomythies, on est dans l’urgence.

– personnage nerveux, incohérent, sa folie apparait dans ce monologue : se contredit « Où courir ? Ou ne pas courir ? » + « Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. »+ didascalie dont nous avons déjà parlé « il se prend lui-même le bras ».expliquent l’état de démence dans lequel se trouve Harpagon, cette perte de cassette lui tourne la tête.

– plusieurs adresses : au Ciel, au public, à lui-même, à l’argent.

Molière ridiculise son personnage en montrant à quel point la perte de son argent altère son esprit, il devient fou et perd toute notion de la réalité.

b) souffrant d’un vice dénigré par Molière

– Mais Harpagon n’est pas seulement drôle, il inspire aussi la pitié. Le registre pathétique que l’on trouve dans l’utilisation du champ lexical de la mort « mort » « enterré » « meurs » « l’assassin » « coupé la gorge », dans l’apostrophe à Dieu « juste Ciel », dans la souffrance « il m’est impossible de vivre », dans les exclamations, la focalisation sur la victime « on m’a assassiné » et les hyperboles expriment encore une fois le ridicule du personnage et son outrance. Nous avons pitié de lui car il est paraît seul et fou.

Molière critique ainsi l’avarice, il met en scène l’obsession du personnage qui devient maladive.

– Harpagon transforme son argent en être vivant, il le personnifie : « mon cher ami », « mon pauvre argent », et plus loin l’argent devient l’être aimé : « je n’ai plus que faire au monde sans toi… » « j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ». Quelle tristesse de voir un homme associer l’argent à une personne humaine et même chérie. Harpagon apparaît alors déplorable, lamentable, piteux aux yeux du spectateurs.

Conclusion : Rédigez une synthèse de votre analyse/ ouverture.

Lecture analytique 15, Art, Yasmina Reza, 1994, scène d’exposition.

Accroche : Evoquer le rôle de l’objet au théâtre et faire un parallèle avec la lettre dans la scène 5 de l’acte V de Cyrano de Bergerac/ ou donner la définition de la scène d’exposition au théâtre et dire qu’elle correspond à l’incipit dans les romans.

Présentation :

Problématique : Quel est le rôle du tableau dans cette scène ? (ou encore : en quoi le tableau accentue la tension dramatique de cette scène ? En quoi cet extrait est-il une scène d’exposition ?)

Plan :

I) Un véritable personnage(le tableau)

a) Au centre de la scène

– Mise en exergue (valeur) du tableau dès la première didascalie avec la préposition « sauf » qui amène l’idée d’exception.

– Central : apparait dès les premières paroles des personnages. + Répétition du mot « tableau » (10 fois !)+ joue ac les synonymes + épiphore « tableau » l.17 18 19 = central mais aussi invite au questionnement, le lecteur se met à réfléchir sur sa propre conception de l’art : qu’est-ce que l’art ? Ce tableau me plait-il ? etc. Puis plus tard dans l’extrait : qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre (son prix ? son auteur ?) la forme interrogative très présente (l 44) (l 67) pousse à la réflexion. + L45. « C’est une ANTRIOS ! » la métonymie et les majuscules indiquent l’importance de ce peintre (surtout pour Marc).

– Champ lexical de l’art : « peinture », « toile », « art », « œuvre », « galerie », « peintre »…

– Tableau moderne, stéréotype de l’art contemporain, mise en abyme de l’art actuel (de l’art aujourd’hui : une pièce de théâtre contemporain qui parle d’un tableau d’art contemporain.) S’éloigne des carcans classiques de l’art, iconoclaste (rompt avec les traditions) et pose question. On le voit à travers la réplique de Serge qui présente Marc comme « ennemi de la modernité » et «  adepte du bon vieux temps » (parallélisme construit ac termes opposés mais signifiant la même chose) et Marc qui s’exclame « C’est une merde. »

– aspect commercial de l’art »cher » « reprendre » « acheter » « vendre » « marché circule »+ anaphore « deux cent mille » + stichomythies l.22 à l.48

b) élément déclencheur

– deux amis : « mon ami Serge », deux monologues (celui de Serge est néanmoins plus une aparté, la didascalie « comme seul » sous-entend la présence d’autres personnages sur scène) qui se répondent, sont construits de la même façon (présente l’autre personnage, décrit son rang social ainsi que son rapport à l’art) ce qui lie les personnages (am ène l’idée qu’ils fonctionnent de la même façon). Tous les deux parlent « d’ami » mais aussi de « garçon » chacun veut infantiliser l’autre + longue amitié « ami depuis longtemps » répété deux fois (dans chacun des monologues). S’appellent « mon vieux » ou « vieux »= complicité.

– mais l’arrivée du tableau va tout remettre en cause : les répétitions présentes dans monologue de Marc dont nous avons déjà parlé ainsi que son ironie dévoilent le désaccord qui va s’installer de plus en plus entre les deux personnages.

– analepse permet de comprendre que ce « lundi » a été décisif, le monologue de Marc est assez neutre (peu de modalisateurs, ne donne que la dimension et composition de l’œuvre) mais va devenir de plus en plus virulent ac l’utilisation de formules restrictives « tu n’as pas acheté » et les répétitions (révèlent l’incompréhension de Marc)+ il utilise d’abord« tableau » puis devient « une merde ». + Stichomythies trahissent une certaine incompréhension entre les deux amis.

– la didascalie l 20  « un long temps » « sans mot »= malaise entre les deux protagonistes.

– répliques de Serge de plus en plus agressives à l’encontre de Marc (alors que Marc reste lui davantage sur la toile et moins sur Serge), il n’hésite pas à le remettre en cause : « vanité », « arrogance »= termes péjoratifs, « tu n’as aucun connaissance dans ce domaine » « obéissant à des lois que tu ignores » argument ad hominem : discrédite son ami et donc son avis.

Le tableau va remettre en cause l’amitié existant entre ces deux hommes.

II) Pilier de la scène d’exposition

a) révélateur des caractères des héros et de l’intrigue

– Marc : vif, virulent : lgg familier + Humour « si on cligne des yeux » « Houhou », se moque de son ami,« c’est prodigieux que tu ais acheté ce tableau » + lisible ne cache pas ses sentiments, passe de la surprise (insiste sur le prix, étonné par ce prix) au reproche « tu n’as pas… », ponctuation expressive : passe la curiosité avec les interrogatives à l’exclamatif pour montrer son indignation, dubitatif « ouais… ». Essaie de reprendre sa place d’ami « à qui tu parles ?» implicitement critique Serge qui s’adresse à lui sur un ton professoral (présent de vérité générale l.67)

– Serge : apparaît comme un connaisseur, champ lexical spécifique (commerce et art)+ présent vérité général+ impératif (« regarde-le d’ici»)= registre didactique. Montre très peu de sentiments, reste froid et ferme (très peu d’exclamation ou d’interrogation). Argumente : essaie de le convaincre d’abord en le changeant de place l.38, gradation interrogative l.64 65 veut débattre, raisonnement concessif, connecteur « donc ».

– Cette scène d’exposition remplit son rôle informatif, les personnages sont présentés, l’intrigue se devine (une amitié est fragilisée par l’arrivée d’un tableau), le lieu est planté (« chez Serge, Yvan ou Marc ») quant à l’époque elle est sous-entendue (moderne, contemporaine) et le style/genre de la pièce également : – pièce influencée par comédie de mœurs qui peignaient le milieu bourgeois + registre comique (comique de geste « Serge regarde, réjouie, son tableau. Marc regarde… », comique de mot, comique de répétition)mais atmosphère alourdie par le personnage de Serge qui ne rit pas «  Serge un peu d’humour », n’est pas dans les bonnes dispositions pour accueillir la taquinerie de son ami donc en plus de questionner sur l’art contemporain, l’auteur amène aussi à réfléchir sur le rire (Serge voit l’invitation au rire de Marc ainsi que le mot « merde » comme du mépris. D’ailleurs on peut se demander s’il n’a pas raison, le rire de Marc est-il vraiment sincère ? Il trouve effectivement la situation cocasse mais il reste sur sa position et pense réellement que son ami a fait une erreur, ce rire sonne donc faux. + interroge aussi sur le pouvoir des mots, l’expression « tu te fous de moi » montre bien que quelque fois les mots ne suffisent pas pour se comprendre.

b) originalité

– pas d’acte ou de scène, seulement des « * »

– pas de date précise + lieu change mais pas le décor (« le plus dépouillé, le plus neutre possible… »).= neutralité, ce qui prime est donc le dialogue, la parole.

– analepse (d’ordinaire récit d’un personnage racontant ce qui s’est passé)

– intrigue originale, pas de péripéties, pas autour d’événements mais bien autour d’idées, de concepts, autour de discussions.

– théâtre argumentatif.

Lecture analytique n°14, scène d’au, Acte V, scène 5, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897, de « Chacun de nous à sa blessure » à  » Ce sang était le sien. » 

Introduction :

Amorce :

Présentation œuvre et auteur :

Présentation de l’extrait :

Problématique :

Plan :

I) Une scène d’aveu

a) Suspense (montée du drame)

– ponctuation émouvante (avec la multiplication des points de suspension)

– répétition « Comme vous la lisez », « sa lettre », deux interrogations (vers 2437)qui se suivent (l’action est retardée), « d’une voix » : on suit l’aveu à travers la pensée de Roxane, ses souvenirs, on les sent remonter à la surface. Elle passe de l’affirmation sans crainte : « Tenez » à la suspension, l’effacement : « rêveuse » + verbes d’état : « étonnée », « troublée », « rêveuse », « elle trésaille ». Ses sentiments évoluent, on s’approche du drame avec elle.

– les mouvements sont comme des « vas et vient » nourrissent la tension dramatique entre les deux personnages : « debout près de lui » puis « elle revient à son métier » « elle s’approche tout doucement, sans qu’il s’en aperçoive… regarde la lettre. » : cette dernière didascalie avec l’aveu fait monter le suspense en multipliant les verbes d’action et en détaillant avec précision l’action.

– nous avons un aveu retardé, Cyrano nie les accusations de Roxane à l’aide de répétitions, qui amènent un certain suspense : « je vous jure » « ce n’était pas moi » « non » ; Roxane arrivera-t-elle à faire avouer Cyrano ?

b) Le cadre

– saison. Automne, les feuilles tombent comme les masques sont en train de le faire (ou les secrets), ajoute à la mélancolie, au pathos de la scène.

– la nuit (importance des didascalies, véritables parallélismes de construction « le crépuscule commence à venir » « la nuit vient insensiblement », ombre répétée deux fois, = reflètent une atmosphère particulière+ métaphore de la mort qui progresse et va emporter Cyrano+ permet l’aveu.

– le temps (14 années répété deux fois). Rien n’a changé, Cyrano est toujours là pour faire rire Roxane. Marqueurs temporels : « toujours vive » « blessure ancienne »antithèse qui met en parallèle le passe et le présent, comme s’ils étaient les mêmes. « papier jaunissant »+  conditionnel futur « qu’un jour vous me la feriez lire » prouvent le passage du temps.
+ importance du moment présent avec « aujourd’ hui » et « ce soir ».
– la blessure de Cyrano : il sait qu’il va mourir, c’est donc plus facile pour lui de laisser Roxane comprendre la supercherie.

c) le rôle de la lettre

– rôle primordial : « lettre » répété 7 fois + champ lexical lecture « lire » « lisant » « lisez » : force du langage, des mots.
+ « met la main sur sa poitrine » « sachet pendu à son cou »= présence de Christian, la lettre figure Christian.

– point de départ de l’aveu ac l’exclamation « Sa lettre ! » + cond. Futur et formule restrictive + « je peux ouvrir ? » = délicatesse de Cyrano (tout en étant manipulateur, il sait ce qu’elle contient…Il se souvient des mots puisque ce sont les siens…)

– immortalise l’amour de Cyrano (redondance balcon et indices sur sa personne) ici aussi la lettre prend un sens moderne (14 ans après) : « Roxane, adieu, je vais mourir/ c’est pour ce soir je crois ma bien aimée/j’ai l’âme lourde d’amour encor inexprimé. »

+ lyrisme : « je » « vous », exagération (ex : gradation « ma chère, ma chérie, mon trésor »), métaphore « mes regards dont c’était les frémissantes fêtes » champ lexical de l’amour : cœur, amour, aimer baiser…etc

– amène l’aveu, devient une preuve. « Comment pouvez-vous lire à présent ? »

II) Un dénouement tragique

a) véritable tragédie

– situation tragique. Cyrano va mourir, le spectateur le sait ( précédemment didascalies : « pâle » « visage altéré » « ferme les yeux. Sa tête tombe. » + scène précédente il s’est pris un coup sur la tête. Ici aucun didascalie sur son état excepté « d’une voix qui faiblit » mais on ne sait pas si c’est sa blessure ou l’aveu qui engendre ce mal, et d’écoule de l’absence d’indication sur son état de santé l’idée que lire la lettre, parler d’amour, lui fait oublier sa douleur, le ragaillardit.

– registre tragique : interjections, champ lexical de la mort et la souffrance.

– cc de temps : « et pendant 14 années » deux fois + le pronom personnel « il » accentue la surprise de Roxane, son hébétement et donne l’impression qu’elle ne le connait plus. + « ce rôle » « ami » « drôle » : paradoxe : il l’aime et il souffre + oxymore « généreuse imposture » Idée d’un usurpateur

b) Roxane et Christian

– Christian présent dès le début de l’extrait à travers la lettre. Passe de « sa lettre » à « cette l’autre » et devient « l’autre »= Christian disparaît.
+ amertume de Roxane «  lui n’était pour rien » et c’est Cyrano qui le réhabilite « Ce sang était le sien » (opposé aux larmes et à l’âme de Cyrano, Christian reste donc associé au trivial)
+  « j’aurais dû deviner quand il disait mon nom » on ne sait pas qui est désigné par le « il » est-ce Cyrano qui vient de répéter deux fois « Roxane » ou bien Christian qui manquait d’éloquence même lorsqu’il la nommait. Les deux personnages restent liés (d’ailleurs le parallélisme final « Ces pleurs étaient de vous ? » « Ce sang était le sien » appuie cette idée.

– Roxane : évolue tout le long de la scène . Passe de sereine à agitée. Elle bouge, réagit, elle est vivante alors que Cyrano est assis, passif ; Tous les deux s’opposent. Marque de l’étonnement ac didascalies + répétition, elle est tellement choquée qu’elle est en boucle « c’était vous ! » Comme une litanie. Montre encore une fois importance des mots : gradation dans ses répliques « les mots chers et fous » « la voix » « l’âme » :accentue l’esprit encore aujourd’hui. + on voit aussi de la confusion chez Roxane ac antithèse « que de choses qui sont mortes…qui sont nées » et ces dernières interrogatives. Elle ne comprend pas.

c) Cyrano

– Cyrano : déjà mort (ne bouge pas, ressasse le passé, demande à lire la lettre : reprendre son meilleur rôle…), peu de didascalies « lisant » « continuant » il est centré sur/accaparé par la lettre.

Répétition de « non » « Roxane » « je ne vous aimais pas » pour essayer de s’auto-persuader, il ne veut pas entacher la mémoire de son ami. L’antithèse « Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas » apparaît comme un aveu, comme un essoufflement, il n’a plus la force de nier.

Il est lié aux deux autres personnages, à Christian par la lettre et à Roxane par le dialogue : stichomythies + alexandrins explosés+ Roxane dans l’affirmation et lui dans la contradiction dévoilent une opposition entre les personnages. Ils ne peuvent pas s’appartenir, c’est le destin.

Conclusion :

– synthèse :

– ouverture :

Intro : 

Amorce : – comparaison scène du balcon de Roméo et Juliette, ou encore du trio amoureux de l’école des femmes, de la déclaration d’Arnolphe à Agnès à l’acte V, possibilité aussi de parler de l’indéfinissable genre de la pièce, ou du contexte historique et de la France déchirée par les régimes politiques, ou du genre théâtral et de sa spécificité d’être dit.

– présentation œuvre et extrait (évoquer le nœud dramatique, milieu de la pièce)

– problématique et plan : Par quels procédés Cyrano arrive-t-il à faire succomber Roxane ? Quel est l’enjeu de cette déclaration d’amour ? En quoi cette déclaration d’amour est à double sens ?

Lecture analytique n° 13, Scène du balcon, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897, de « Quels mots me direz-vous? » à « un baiser! ».

I) Déclaration d’amour à une précieuse…

a)Situation d’énonciation

– Quiproquo : Roxane pense que c’est Christian qui parle or il s’agit bien de Cyrano caché par la nuit et la hauteur du balcon.

– Roxane une précieuse : à refuser les mots de Christian la scène précédente, qui manquait d’éloquence, Roxane en veut plus, elle cherche la poésie. + évocation de ses manières, elle fait attention aux apparences (vers 1449 « Pour sortir le matin tu changeas de coiffure »)

– cadre idéal : « ce soir » la nuit permet le quiproquo+ topos romantique. + présence de la Nature : « bouquet », « jasmin » « branche » « feuille »

b) langage précieux. TROUVER DES EXEMPLES !

-lyrisme (« je », apostrophe « Roxane », voc.émotion/sentiments :

adverbes d’intensité : comparaisons/métaphores : ).

-idéalisation de la femme aimée : assimilée au Soleil, champ lexical de la lumière.

– Cyrano parle de « vertu nouvelle » , vertu= notion primordiale chez les précieuses, trait de caractère indispensable, importance de la morale, du courage.

c) amour sensuel et absolu

-sensualité : fait appel aux sens (la vue, l’ouï, le touché, le goût ac l’ivresse répétée deux fois, l’odorat ac le « jasmin ») + sensations physiques : « trembler », « sentir », « étouffer » « frissonner » + réaction de Roxane avec une didascalie « d’une voix troublée » Roxane est touchée par les mots de Cyrano.

+ gradation «  Oui, je tremble, et je pleure, et je t’aime… » ac répétition de la conjonction de coordination « et » qui marque l’accumulation des sentiments de Roxane qui s’abandonne aux mots de Cyrano.

– absolu : évocation de la mort, marqueur de temporalité absolu « tout le temps », obsession de Cyrano pour Roxane (argument d’expérience : évocation d’un souvenir avec une gradation de plus en plus précise)= exagération « chaque regard », répétition de « tout »

– lien entre les deux amoureux : jeu avec les pronoms « ton bonheur », « le mien », « moi, vous, » « je » « tu ».

II)…qui en cache une autre.

a) un masque qui tombe…

-opposition entre Christian trivial (« un baiser ! ») et Cyrano poète.

– Cyrano laisse des indices sur sa personne : le souvenir du douze mai (l’année dernière Roxane et Christian ne se connaissaient pas), adjectifs « jaloux » et l’amour (de Cyrano) : « il n’est pas égoïste » et le nom « sacrifice » font penser à la situation
+ les questions posées à Roxane sont emplies de sous-entendus avec des verbes liés à la compréhension.
+ v 1466 « Sens-tu mon âme » métonymie qui désigne Cyrano et son esprit, « dans cette ombre » évoque la nuit mais aussi l’ombre de Christian.1467 à vers 1470 : accentuation du moment avec le pronom démonstratif « ce  soir », et les points d’exclamation amènent la surprise, cette déclaration avant n’était pas possible, Cyrano est surpris de pouvoir ouvrir son cœur. « Dans mon espoir même le moins modeste » allitération en « m » et litote (pour dire espoir le plus fou) + polyptote « espoir » et « espéré » pour montrer l’amour de Cyrano, + répétition vers 1479 « moi, moi » fier de réussir à faire succomber Roxane.

b) … d’un personnage agité…

– longueur des deux répliques

– ponctuation expressives

– perdu dans les pronom vous tu elle.

– mouvement « descendre », « baise «éperdument », « ivresse ».

– rythme changeant, vers binaire (1459, 1469, 1473…) groupe ternaire (ex : vers 1440, v1442, 1445, 1446, 1447, 1448) , vers dit en un souffle (1444, 1449, 1450, 1460,1476…) nombreux enjambements 1440-1441;1450-1451;1455-1456-1457 ;1461-1462 ; 1463-1464, 1471-1472… et rejet: anaphore « De l’amour »,+ 1469 « C’est trop »

– tempête de sentiments : jalousie, amour, souffrance, joie.

– répétitions nombreuses

c) … qui souffre

– champ lexical de la souffrance

– évocation de la mort dont nous avons déjà parlé

– oxymore « fureur triste »

– répétition de « c’est trop »

– gradation « je t’aime, je suis fou… »

– étouffer, inonder, éblouir, envahir, trembler. Verbes connotés danger

– réactions extrêmes : polyptote de trembler+ Cyrano accentue cause-effet, + ivresse et gradation de Roxane

Ccl :-synthèse du devoir,

– ouverture : dans cette scène :la seule fois où Cyrano va parler de son amour à Roxane, on trouve un quiproquo dans cet extrait, = amorce de la tragédie, faire un parallèle avec la scène finale, ou parler de Notre Dame de Paris de Victor Hugo (trio amoureux).

Lecture analytique numéro 12, Acte I, scène 4, tirade du nez, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897.

Tirade du nez

– structure : ouvre sa tirade avec une entrée en matière qui va humilier le vicomte qui a fait preuve de peu d’éloquence. Va prendre sa place. Puis : 20 adjectifs donnant le ton d’une réplique. Création de personnages, de situations. Cyrano fait l’acteur et le metteur en scène. Fin de la tirade : retour au vicomte, humiliation directe, argument ad hominem. Rimes suivies+alexandrins (enjambements nombreux)

– grande place à l’humour : comique de mot, (jeu de mot « pétunez » « gros lot », autodérision permanente. Jeux avec les images, les situations (mer rouge, feu de cheminé) les personnages (campagnard).

– objectif : humilier son adversaire, montrer son aisance face à un public, son éloquence (Cyrano maitre des mots, homme de lettres, érudit ac néologisme, références, maïtrise le langage (soutenu courant familier), et faire preuve d’humour mais cache une profonde sensibilité, un malêtre, Cyrano susceptible car pas sûr de son physique, se trouve laid.

– 3 premiers vers, introduction à la tirade avec intensité/agitation (point d’exclamation), l’exagération ( apostrophe à Dieu, expression « bien des choses en somme ») idée d’improvisation ac l’impératif « tenez », idée aussi que Cyrano maitrise l’art de la répartie « en variant le ton »+ humour « tenez » impératif ac nez.

dévoile surtout l’idée que Cyrano est tjr préparé pour dégainer sa rhétorique, qu’il a des réponses prêtes pour ceux qui oseraient se moquer de son nez.

1) violence (tel nez accentuation + amputer), comique (immédiateté + métaphore nez assimilé à un membre plus imposant comme le bras ou la jambe) grosseur.

2) conjonction de coordination opposition montrer pas ordinaire. Hyperbole. Prévenant. Nez dans l’action.

3) La plus connue ! Gradation ascendante. Exagéeation, nez assimilé à la Nature. Aspect du nez. grosseur

4) ponctuation, apostrophe « monsieur » (souvent répété, bien rappeler la situation). Praticité du nez. Hyperbole

5) Utilité du nez. Nature. Allitération en « p » praticité du nez, adverbe lie à la famille sensibilité de la personne ayant le nez. Prévenant.

6) dévalorisation « ça » jeu de mot sonorité « pétunez » on entend le « nez » final. Discours narrativé le nez touche tout le monde (même un voisin). Action. Danger.

7) Prévenant, rejet mise en valeur du poid, nez danger.

8) Prévenant aspect, beauté, répétition de « petit » paradoxe avec nez.

9) aspect néologisme qui fait appel à des animaux énormes ou ac difformité (trompe bosse), autorité Aristophane, parallele répétition bcp de matière, Cyrano homme de lettre.

10)apostrophe ami, mélioratif, praticité

11) Admiratif, apostrophe adresse direct au nez, hyperbole tout entier, mistral magistral : grosseur nez, grandeur.

12) métaphore, danger. Rythme s’accélère.

13) admiratif, mélioratif

14) double jeu triton conque= mollusque, aspect du nez. Mais !! Jeu de mot conque triton= divinité le Triton mi homme mi poisson ayant pour emblème la conque et le trident. Entre la fascination et le dégout, la divinité et le molusque.

15)métaphore, mélioratif, pratique et même reconnu par tous.

16) impératif,admiratif, + insistance « c’est là » « pignon sur rue » une chose, encore un bâtiment.

17) jeu acteur avec accent, comique de personnage, métaphore, parallélisme ac antithèse géant-nain. Nature

18) Danger. Ordre. Pratique à la nation.

19) admiratif. Jeu de mot ac « gros lot », gros = tailleur et en même expression le meilleur des lots.

20) argument d’autorité, parodie, tragique (montre émotion de Cyrano quand même blessé par ce nez). Personnification, lgg guerre, péjoratif. Actif nez = traitre.

– fin du passage : finir sa réplique avec une humiliation virulente, plus directe, sans détour, du Vicomte. Ne prends plus sa place ette fois s’adresse directement à lui.

« mon cher » ironie

conditionnel pour appuyer le peu d’esprit qu’a le vicomte, périphrase « ô le plus lamentable des êtres » pour désigner le vicomte

hyperbole « atome »

contre rejet « et de lettres » pour accentuer le peu d’esprit

lgg familier « sot »

rappelle situation = flatte les spectateurs « nobles galeries »

« folle plaisanteries » humour, folie, légèreté

restriction vicomte n’a pas grand chose

gradation numérale

car tirade structuré, finit sa réplique, explique tout. Brillant boucle bouclée.

Je me moi même: omniprésence première personnelle

répétition (anadiplose ? Polyptote?) de servir. Déf de Cyrano : lettré, drôle, susceptible.

Introduction :

Le XIXe siècle est connu pour sa pluralité des mouvements littéraires : réalisme, naturalisme, romantisme, symbolise, parnasse, on vacille entre lyrisme exagéré, sobriété la plus marquée, texte empreint d’illogisme, musicalité de la langue, ou prosaïsme vulgaire. L’art et la culture sont les reflets d’une société qui se cherche et d’une certaine instabilité (et même morosité, affaire Dreyfus…) politique et sociale. En effet, c’est l’ère industriel qui commence, on voit de nouvelles classes sociales naître, des régimes politiques s’enchainer et le paysage urbain se transformer. Cyrano de Bergerac écrit en 1897 par Edmond Rostand représente parfaitement cette fluctuation, c’est assurément une pièce inclassable que l’on nomme comédie héroïque ou encore drame romantique, ou même tragédie comique, ou du théâtre romantique. C’est le seul succès de son auteur, Rostand, qui accouchera de cette œuvre dans la douleur (en pleine dépression) mais qui lui amènera une reconnaissance éternelle et un franc succès à l’époque. L’histoire met en scène un triangle amoureux : un personnage ayant existé (Savinien de Cyrano de Bergerac), Cyrano, grand orateur et grand guerrier, fou amoureux de Roxane, sa cousine, précieuse et amoureuse, elle, de Christian, jeune premier amoureux lui aussi de Roxane, très beau mais simple d’esprit. L’extrait étudié est issu de l’acte un, scène quatre. Il représente la fameuse tirade du nez qui comprend la réplique la plus connue de la pièce, dite « culte » : « c’est un roc…c’est un pic…c’est un cap… Que dis-je c’est un cap ? C’est une péninsule. ».C’est aussi la première vraie réplique de Cyrano, on y découvre donc tous les traits de caractère de ce héros si particulier. C’est pourquoi nous pouvons nous demander ce que dévoile le personnage de Cyrano à travers cette longue tirade qui dévalorise son nez ?

ANNONCE DU PLAN :

Plan linéaire : 

vers 311 au vers 334 : Cyrano susceptible et acteur
vers 335 au vers 352 Cyrano un personnage comique
vers 353 à la fin : Cyrano agressif et brillant.

Première proposition :

I) Un acte (ou une tirade) théâtral (une scène) à part
a) une mise en abyme (une scène à tiroirs) (structure de la scène, intro-dev-ccl+20 adj. Cyrano joue Vicomte, etc)
b) une scène comique (ironie,jeux de mots, grandiloquence)
c) une vraie performance d’acteur (longueur, 20 interprétations, énergie, rythme)

II) porté par un personnage haut en couleurs

a) un homme de lettres

b) agité et colérique

c) un poète qui souffre

III) avec un nez hors normes

a) nez pratique (nez loué)

b) nez énorme (nez déprécié)

c) révélateur du caractère de son maître.

Deuxième proposition :

I)Un personnage atypique

a) autodérision (le comique)

b) colérique

c) cultivé

II) Une tirade construite

a) théâtre dans le théâtre

b) poétique et structurée

c) nez au centre

Troisième proposition

I) Cyrano défini par son nez

a) un appendice gênant

b) un organe fabuleux qui suscite l’admiration (et la protection)

II) Cyrano, un personnage intelligent aux multiples capacités (talents)

a) il manie la langue

b) un talent d’interprétation certain

III) Cyrano un personnage paradoxal

a) capable d’humour et d’autodérision

b) mais sensible et susceptible

Conclusion : (reprendre vos parties pour faire un bref résumé de votre analyse).

Le personnage de Cyrano est un véritable délice pour tout comédien devant l’interpréter car il fait tout jouer : colère, agitation, sensibilité, courage, manipulation… Autant de traits de caractères que de pistes à explorer pour incarner ce personnage mythique. La tirade du nez en est la preuve c’est une vraie performance d’acteur qui nécessite technique et inventivité. Cyrano nous dévoile toute sa palette d’acteur : comique, tragique, sensible et véritable orateur, il humilie le vicomte dans un tour de force porté par sa poésie et sa comédie. Cet extrait nous fait penser à la tirade d’Yvan (qui interprète devant ses amis, sa femme et sa mère lors d’une conversation téléphonique) dans Art de Yasmina Reza qui est également un incontestable exercice de comédie aussi

Correction commentaire bac blanc français écrit, lecture analytique n°11, La vie devant soi, Roman Gary, 1975, « J’ai tout de suite vu qu’il se passait quelque chose… » à « c’est là que ça se trouve. »

Introduction :

– Accroches possibles : Evoquer un autre texte du corpus et le relier à l’extrait de la vie devant soi grâce au thème/ ou parler du mythe de l’auteur marginal qui écrit sous substance/ou faire allusion à l’écriture contemporaine et au langage parlé que l’on trouve dans d’autres œuvres.

– Présentation : Romain Gary écrit La vie devant soi sous un nom d’emprunt Émile Ajar pour retrouver une forme de liberté, amener la neutralité chez ses lecteurs. Le livre reçoit le prix Goncourt, il raconte l’histoire de Momo et de son attachement pour une veille juive, Mme Rosa, tutrice de l’enfant. Le passage se situe dans la première partie du roman.

– Problématique : Comment s’expriment les arguments et les valeurs du personnage ?

– Annonce du plan : Dans une première partie nous étudierons la voix du personnage s’élevant contre la drogue puis nous verrons sa vision du bonheur, qui n’est pas ordinaire.

I) La voix du personnage s’élevant contre la drogue.

a) Stratégie du personnage pour exprimer son opinion.

– Registre polémique : marque de la 1er personne « moi », « je » omniprésent, procédés de dévalorisation avec des termes forts comme le verbe «cracher » ou encore la périphrase « les rois des cons », d’insistance avec la répétition par exemple des verbes « piquer », « piquent » et falloir « il faut » « il faudrait », lexique de l’émotion « j’ai même eu peur » « être heureux » = l’utilisation de ce registre prouve que nous sommes dans une dénonciation, il s’agit de faire réfléchir le lecteur.

– argument d’expérience « Moi je me suis jamais sucré, j’ai fumé la Marie dès fois », champ lexical de la drogue, le personnage connait son sujet, il dévoile son environnement.

– allitération en « p »  « avec des copains pour être poli, et pourtant… » qui marque le peu d’intérêt qu’il a pour la drogue contrairement à ses amis, il emploie d’ailleurs un euphémisme pour désigner et mettre en valeur le paradoxe de sa condition de jeune garçon avec le milieu (et les personnes qui l’habitent) dans lequel il évolue : «à dix ans, c’est l’âge où les grands vous apprennent des tas de choses » pour ne pas dire « bêtise ».

Transition : A travers un argumentaire structuré et un langage acerbe Momo blâme sans appel la drogue et ses consommateurs.

b) dévalorisation de la drogue.
– rupture violente avec le début du passage (description de l’état de Mme Rosa) avec la phrase « Moi, l’héroïne, je crache dessus. » qui ouvre la diatribe contre la drogue avec une parole personnelle affirmée et un langage sans concession (nomme la drogue sans détour et utilise un verbe et une métaphore agressive).

– On passe aussi du passé composé (récit) au présent (discours).

– parallèle choquant entre « les mômes » associés à « qui se piquent » pour émouvoir le lecteur et montrer que la drogue touchent les enfants, les grands (évoqués plus haut) comme les petits.

– périphrase pour désigner les consommateurs « les rois des cons » qui accentue l’idée que le personnage ne consommera jamais de drogue et qu’il trouve cette expérience sans consistance.

Transition : Mais la dévalorisation de cette pratique ne se trouve pas que dans les termes associés à sa définition, ce sont aussi et surtout ses effets sur l’être humain qui sont ici décriés.

c) effets de la drogue

– Au début du passage Momo utilise un vocabulaire positif avec des termes mélioratifs tels que « aussi enchanté » «  immense étonnement » « été prise de bonheur » mais ce n’est que pour révéler l’aspect éphémère de la chose.

– Un des effets de la drogue est donc de transformer l’état de son consommateur. Nous le voyons avec le CCT « tout de suite vu» marquant l’immédiateté de la réaction de Momo et la rapidité avec laquelle la drogue agit, opposé à l’adverbe « jamais vu ».

– Effectivement Momo veut également signifier l’écart de personnalité entre le drogué et le non drogué grâce aux termes suivants : « quelque chose » « contre nature ». Le drogué devient presque inhumain, en tout cas méconnaissable.

– Nous voyons aussi que les effets euphorisants de la drogue sont dangereux car le personnage utilise des euphémismes associés d’ordinaire à la mort : « elle n’allait pas revenir » « elle était au ciel ». Le drogué n’est plus de ce monde.

Transition : C’est donc bien une véritable diatribe contre la drogue et ses effets que nous fait le personnage principal, Momo, de La vie devant soi. « L’héroïne » est pour lui une infâme tricheuse trompant son monde en créant un bonheur immédiat mais éphémère qui amène une dépendance morbide. Nous découvrons alors la colère du personnage qui surprend par un discours singulier sur le bonheur.

II) Une vision du bonheur peu ordinaire

a) La colère de Momo

– D’abord la répétition du mot « bonheur » tout au long du passage marque l’obsession et le dégoût de Momo pour ce dernier.

– Celui-ci exprime une certaine colère à travers des termes virulents comme « rois des cons » « rien à en foutre » « Merde », un langage familier et vulgaire qui dévoile le milieu social du personnage, mais aussi l’originalité et l’accessibilité du langage de Romain Gary. Cela montre aussi l’avis tranché que possède Momo sur la drogue et le bonheur avec des formules au présent de vérité générale comme « Moi, l’héroïne, je lui crache dessus. », « Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux… », «le bonheur est connu pour ses états de manque. » etc. D’ailleurs ce langage et ce personnage outrancier amène aussi la comédie.

– Les personnifications « belle ordure » « peau de vache », « On est pas du même bord, lui et moi » « faire le salaud » du bonheur amènent la vision d’un mauvais garçon à qui il faut apprendre les bonnes manières.

-termes juridiques, sérieux : « politique » et « lois » prouvent la colère enfantine de Momo qui veut punir le bonheur (ou plutôt l’absence de bonheur). C’est une forme d’humanisme qu’exprime ici le personnage, tout le monde devrait avoir accès au bonheur, phrase qui continue de faire écho aujourd’hui lorsque l’on sait que certains pays aimeraient le prendre en compte dans leur bilan.

b) une définition personnelle et singulière du bonheur

– la formule restrictive « c’est pas moi qui irais me piquer pour être heureux » dévoile le lien que fait Momo entre drogue et bonheur. C’est une boucle : la drogue amène le bonheur et l’envie de bonheur amène la drogue. C’est aussi l’idée que le bonheur est comme une drogue, c’est un état éphémère qui modifie l’être un instant. Mais pour connaître le bonheur, il ne faut pas qu’il soit constant. Et c’est quand il est absent trop longuement qu’il fait souffrir et c’est ce que veut éviter à tout prix Momo, il préfère vivre simplement et ne pas perdre son temps à chercher quelque chose qui disparaitra aussitôt et entrainera l’amertume.

– La prétérition « je ne vais pas parler du bonheur  parce que je ne veux pas faire une crise de violence.» alors que c’est ce qu’il vient de faire montre sa sensibilité et l’idée que le bonheur est pour lui un débat sans fin.

– Le discours indirect faisant parler « Monsieur Hamil » ainsi que l’anadiplose « inexprimable » donnent la véritable définition du bonheur : un état indescriptible, le bonheur consiste à ressentir des choses qu’on ne peut pas nommer, impossibilité de mettre des mots dessus, c’est une notion de l’indicible propre à chacun.

Conclusion :

Reprise synthétique du devoir avec une réponse claire de la problématique.

Ouverture : possibilité d’ouvrir sur un autre texte du corpus/ sur un roman éclipsé par son adaptation cinématographique marquant toute une génération : Requiem for a dream de Hubert Selby, Trainspotting de Irvine Welsh, Las Vegas Parano ( titre original :Fear and Loathing in Las Vegas: a Savage Journey to the Heart of the American Dream) de Hunter Stockton Thompson, 99 francs de Frédéric Beigbeder/ ou encore évoquer Les poèmes artificiels et le poème du Haschich de Baudelaire.

Lecture analytique 10, La princesse de Clèves, « la rencontre », Tome I, Mme La Fayette, 1678

Intro : accroche (le classicisme), présentation générale puis plus précise, problématique : Par quels procédés l’auteur nous raconte un véritable coup de foudre tout en respectant les principes du classicisme ? Annonce du plan.

I) Une mise en scène de l’amour

a) l’art de faire voir au lecteur

– discours narratif
– verbes d’état
– dynamisme (jeu ac les pronoms, jeu ac les discours rapportés)
– Une scène (événement de l’histoire est raconté ac détails, temps du récite te de l’histoire se superposent dialogue des personnages et récit)

b) Tous les ingrédients d’une scène d’amour

– divertissements, rapprochement (danse/ attente)

– l’attente et les préparatifs

– le jeu de regard

– l’entrelacement ( jeu avec les parallèles)

c) M. de Nemours, un séducteur (la figure du libertin)

– beauté
– séducteur
– qui connait les principes de la Cour

II) Bienséance et préciosité

a) la Princesse de Clèves

– une précieuse dans toute sa splendeur (beauté/jeunesse/naïveté)

– ce qui n’est pas dit

b) la cour

– témoin, un vrai personnage

– pouvoir, elle pousse les personnages l’un vers l’autre

c) la Royauté

– roi : intervient, autoritaire

-reines : interviennent, complicité – taquine leurs sujets

-Pouvoir

Lecture analytique n°9, Bonjour tristesse, 2e partie chapitre 4, Sagan, 1954.
Comment est montrée la métamorphose de Cécile dans cet extrait ?

Intro :exemple d’accroche : Une héroïne qui réclame le droit au plaisir et au bonheur immédiat, une héroïne impertinente qui va ouvrir la voix dans la littérature à ce genre de personnage. Présentation de l’œuvre, présentation de l’extrait.

I) Une scène d’amour…

a) l’amour

– registre lyrique : présence du « je » du « moi », champ lexical des sentiments « rage » « honte » « désarmé » « attendrissant » etc. On remarque que ce sont des sentiments forts.

définition de l’amour « chaleur torride » premiers mots du passage plongent dans l’ambiance et laissent deviner la suite.
Structure du passage : introduction, entrée en matière, préliminaire avec la panique, l’hésitation, l’importance du corps et surtout du regard avec l’indice de durée « une minute »/ ensuite l’acte : « Ronde de l’amour » métaphore enfantine « ronde » + image de la tête qui tourne (de la danse). Accumulation qui suit, avec gradation, on commence par « la peur » et « le désir » pour terminer avec « souffrance » et « plaisir. » (métaphore de la première fois, hymen qui se déchire= douleur puis le plaisir= l’orgasme?) Rythme rapide enchainement de sentiments, de virgules. Définition poétique et pudique de l’acte sexuel./Puis le « après », la calme.Assonance en « é » ligne 18000 « je restai…étonnée » marquant ébahissement de Cécile sur ce qu’elle vient de faire, son hébétement, son bonheur. Bonheur cité explicitement ligne 1815 « ce bonheur ! » mis en valeur car fin de phrase, fin de paragraphe et ponctuation imposante « ! » « … ». et l’expression « signatures éclatantes du plaisir » hyperbole dévoilant bien la joie de Cécile.

Romantisme se voit dans les termes : « murmurais », répétition de « mon chéri » amène un côté adulte + « je l’aimais plus que moi-même, j’aurais pu mourir pour lui » parallélisme de construction : présent/ futur antérieur, aimer/mourir, moi-même/lui, pour mettre en valeur l’idée romantique de mourir pour l’être aimé, amour absolu. Très lyrique.

b)le corps et les sensations

– champ lexical des perceptions et du corps, donner l’impression au lecteur d’y être : répétition du mot « chaleur », associée à l’adj.«torride » rappelle l’acte, annonce la suite dès le début du passage. « joue » « voix » « yeux » « bras » répété 3 fois, « sentis » « pâle », « poignet », « main », importance du haut du corps, le plus accessible, celui qui touche l’autre et est touché. Mêle sensation et regard. « j’appuyai ma bouche sur la veine qui battait encore à son cou » rythme binaire, très rythmé, très sensuel, trois parties du corps en une phrase + verbes d’action forts « appuyer » « battre ». Intensité du mouvement

– l’éveil des sens ( odorat avec les « pins » ; le touché ex : « reprendre aussitôt dans ses bras » , la vue verbe « regarder », l’ouïe, verbe entendre), le goût avec les baisers sous entendus ex : « j’appuyais ma bouche sur sa veine »)

c) transformation

– la transformation de l’esprit, de son être (à Cécile) : « ce jour-là » complément circonstanciel de temps souligne importance de ce jour précisément. Evocation d’une « elle » révolue : « j’avais toujours entendu parler » (plus que parfait) avant « chose facile » vient sûrement de son père, « que jamais plus » impossibilité de retour en arrière, marque l’évolution du personnage. « j’en avais parlé moi-même crûment. » = jugement sur son être passé « ignorance de mon âge », elle parlait de l’amour de façon « détachée et brutale » idée qu’elle ne savait pas comment en parler car ne le connaissait pas. = Cécile marche sur les pas de son père « j’ai toujours été inconstante et je ne tiens pas à me croire autre que je ne suis » exprimée avec une litote , Sagan joue avec l’affirmation assumée « j’ai toujours » et les deux négations suivantes pour montrer l’objectivité de Cécile sur elle, elle a grandi, fait très adulte + aime ce qu’elle est (héritage de son père ?) Mais annonce aussi la fin (Cécile se séparera de Cyril).

métamorphose du corps, le corps est marqué par l’amour : énumération : « je revins à pas lent, épuisée et engourdie » marque ce changement importante, l’épreuve passée est relevée. Cécile peur d’elle même, peur d’être trahi par son corps « lire sur mon visage » métaphore poétique, comme la personnification qui suit « les signatures éclatantes du plaisir » appuie l’idée de bien être de changement positif. « ombres sur mes yeux », « relief sur ma bouche » et «tremblements » : le corps a bien subi une transformation, il est marqué, chamboulé.

II) … confuse

a)agitation

entre rapidité et pause : 1eres phrases très rapides, en qlqs lignes Cécile arrive chez Cyril. « chaleur/courir/chez Cyril/je montai/j’ouvris la porte », les actions s’enchaînent puis pause apparaît lorsque Cécile aperçoit le corps de Cyril « joue sur son bras » « je le regardai, une minute » note importance du regard, de l’émotion provoquée par l’autre. Temps varie entre lenteur « je le regardai, une minute », « je restai prêt de lui une heure »+ adj. « étourdi », impression d’arrêt du temps. « je revins à pas lents ». Impression de lenteur opposée à une certaine rapidité « je me mis à courir » idée de présent, d’instantanéité, répétition ac « courus », « se redressa aussitôt » idée d’immédiateté « je me redressai » ce jeu de temporalité marque le mouvement des corps.

– Nbr verbes d’actions « courir »« appeler » « ouvrir » « redresser », corps en action, besoin immédiat de l’autre. Tout comme les verbes « reprendre » « entrainer », les deux corps pris dans la course à l’amour. Impression de rapidité car on est dans l’action, Cyril agit Cécile répond, parallélisme de construction marquant bien cette idée « il l’avait rattrapé le bras… et le regardai ».

variation des temps : passé/présent/futur.

ponctuation expressive : « … » « ? » « ! » qui prouve le trouble des personnages.

b) danger et peur

– le recul : « je me sentis prise de panique et me dirigeais vers la porte ». Sagan fait ressentir au lecteur les peurs de Cécile, ses hésitations. Visualise très bien la scène, décrite point par point. = répétition « cela devait arriver », expression du devoir le futur était écrit, Cécile savait que cela allait arriver mais répétition montre aussi la peur, elle doit se le répéter pour se rassurer.

– panique : Cécile emportée par une force « rage » courir » « violence » + litote « pas sur de ne pas avoir honte » = peur de ses sentiments, ses envies, peur de la suite. Prise de panique, courir, haletante = expression de l’urgence, de l’agitation

– les maisons « sont profondes, silencieuses et repliées sur leurs secrets » métaphore qui rappelle l’état de Cécile. + ambiance mystérieuse. Temps s’arrête. + les maisons l’observent aussi.

– idée de secret : «à voix basse » « de ne pas parler si fort »

peur des convenances, des prises : « si » + verbe « croire » + conditionnel= « … » exprime cette peur, menace d’être découverte, attachée aux apparences, « dans les pins » même après reste cachée « c’eut été trop dangereux » montre encore une fois le danger à éviter + « je craignais ». Cécile peur des conséquences de ses actes mais poussée par des sentiments trop forts.

c) Cyril et Cécile, des personnages unis mais opposés

– union : on passe de l’endroit le plus éloigné, au plus proche de Cyril, chez Cécile/chemin/maison/chambre/lit. Cette gradation montre le rapprochement physique des deux héros. « étendu » répété 2 fois, montre la détente du corps.+ répétition contre : « contre moi » puis « garder contre lui », les corps ne veulent plus se séparer maintenant qu’ils se sont rapprochés au plus prêt. Allitération en « r » ligne 1792 « Il m’avait RattRapée paR le bRas et me Retint en Riant » qui dévoile le désir de rapprochement des héros et leur légèreté. – Idée d’un passé en commun « il me l’avait montré le jour où nous avions été allés voir sa mère »

– opposition : – jeu ac les pronoms : De la ligne 1791-1795 jeu avec les prénoms « il » « je » « lui » « le » « moi-même » « mon » « ses ».e

Elle : dans l’action au départ « courir » opposé à lui qui dort. / Lui DD ( Discours direct) elle dans ses pensées/ ensuite lui agit et elle reçoit , exemple : « je pensais » « Cyril(…)parlait »./ Elle, pas certaine de ses sentiments, vont-ils durer ? « je ne sais pas si c’était de l’amour » « j’ai toujours été inconstante » alors que lui parle déjà de l’ « épouser et me garder contre lui toute sa vie ». Lui crainte de la perdre, d’avoir mal agit, elle rit. Cécile a l’air d’avoir davantage peur des autres que de Cyril, et lui inverse.( ex : « Cécile » mis en relief car après « … » + fin d’une phrase. Faire sonner ce prénom, comme une plainte, une supplication)

– Cécile et Cyril deviennent des adultes, ou donnent cette impression avec un lyrisme appuyé : Cyril évoque l’idée de mariage ; idée très adulte et romantique. Cécile le nomme « mon amant » mis entre guillemet montre l’importance de ce mot là aussi très « adulte » on ne parle pas de petit ami, d’ami, de fiancé, etc. Mais bien « d’amant ». Idée également très physique, on sent une certaine fierté, Cécile se sent heureuse et adulte (enfin être comme les femmes de son père, comme Elsa, fascination pour les adultes).

Lecture analytique numéro 8, Incipit de la Princesse de Clèves, Mme de La Fayette, 1678.

En quoi cet incipit annonce l’arrivée d’une héroïne hors norme ?

Rédigez l’introduction :

Un incipit dans les règles

a) informer

-présente le contexte : « à la cour » : dès les 1ers mots, on comprend donc qu’il va s’agir d’une intrigue de cour + « les yeux de tout le monde » : hyperbole pour accentuer l’intérêt des courtisans pour l’héroïne.
« dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir de belles personnes » : l’adverbe de quantité « si » amène une pression, et l’idée que l’héroïne est donc hors normes puisqu’elle bouleverse la cour dans ses habitudes, cela montre également l’importance de l’apparence à la cour et la richesse des personnes s’y trouvant.

On a donc bien par déduction le lieu et l’époque.

situation initiale : Mme de Chartres souhaite marier sa fille « elle voulut la mener à la cour » ( ATTENTION !!! À SAVOIR : L’intrigue de La princesse de Clèves se passe au XVIe siècle, alors que Mme de La Fayette est une auteure du XVIIe!)

b) troubler

absence des héros : « une beauté », « elle », « sa fille », « cette héritière » : nous n’avons pas son nom, finalement son portrait reste vague. On voit qu’elle n’est décrite que par son physique et son statut social.

– Absence de description, de la présentation des personnages masculins.

Tragédie amorcée : on sent un destin hors du commun pour cette jeune femme sublime, elle « attire » beaucoup (trop ?) l’attention.
+ fragilité « quoiqu’elle fut dans une extrême jeunesse » assonance visuelle (comme le personnage) en « e » et utilisation adjectif exprimant un haut degrés d’intensité pour accentuer le jeune âge de l’héroïne.

+ pression de la mère : « …extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille » : allitération en « r » et assonance en « e »,montre la pression, l’exigence, les prétentions de la mère, (absence de l’opinion de la fille) déjà amorcée avec l’importance de la vertu : « honnête femme » correspondant au modèle de l’honnête homme du XVIIe, « vertu » répétée deux fois associée à « éclat », « élévation » pour montrer les bienfaits de cette disposition, qualité humaine et prévenir que l’amour conjugal (le mariage) est plus sûr que l’amour passionnel (l’amour hors mariage, l’amour avant le mariage, etc.). Le lecteur se demande alors si la jeune fille pense la même chose.

II) Un personnage parfait

a) Portrait physique

– champ lexical du physique : beauté, belle, admiration, teint, cheveux, traits…

– un personnage sublime, à part : pronom indéfini qui définit l’héroïne qui devient « une beauté » (métonymie) le mot « beauté » est d’ailleurs répété 4 fois et employé avec adjectifs « parfaite » ou/et « grande », montrent une beauté sans limite, « la blancheur… » : chiasme accentue l’harmonie des couleurs de cheveux et teint du personnage
+ « éclat que l’on… » : allitération en « qu » idée de charisme
+« tous ses traits… » : allitération en « t »+ adj. indéfini « tous » beauté totale, répétition « et », accumulation ascendante donne l’impression de la perfection infinie du personnage.

regardée de tous : « tout le monde » « plusieurs mariages »

surprenant « il fut surpris…il en fut surpris avec raison » modalisateur pour faire entendre voix de l’auteur qui appuie la beauté fascinante de l’héroïne.

b) social

– « même maison que le vidame », bien de cette famille-là, allitération en « m » appartenance à la maison

– « une des plus grandes héritières de France » parallèle, écho « un des grands partis qu’il eût en France » insiste sur la richesse de l’héroïne, dc encore plus attrayante.

– père mort + « sous la conduite de Mme de Chartres, sa femme » dc mariage important !

c) moral

– importance de la vertu « elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable », « vertu » répété plusieurs fois, paragraphe consacrée à sa définition. Donc une précieuse par excellence : belle, vertueuse, inexpérimentée, avec de l’esprit et une éducation.

III) Toute une époque

a) la cour

« on » pouvoir de la cour, on sent l’envie de Mme de Chartres de présenter sa fille.

Elle abandonne toute vie mondaine pour se consacrer entièrement à l’éducation de sa fille comme l’indique le sommaire : « elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour », faisant ainsi un sacrifice de soi.

b) l’éducation

– champ lexical : « éducation », « sous la conduite » « cultiver son esprit et sa beau », importance de l’éducation chez les Chartres. Montre aussi l’association dans cette éducation du corps et de l’esprit, + bienséance, bonne tenue.

– éducation différente, le personnage de la mère est originale et très présent (répétition de Madame de Chartre)

+ « La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner » mentionne l’attitude habituelle des mères qui dissimulent les dangers de la séduction avec une litote. La phrase longue qui vient après, composée de courts segments ac point-virgule, au discours narrativisé prouve que Mme de Chartres, au contraire, ne cache rien à sa fille.
+ « vertu et mérite » sonorité « t » « r » pour montrer le caractère noble de Mme de Chartres.

L’anaphore de « elle lui » insiste sur l’implication de Mme de Chartres dans l’éducation de sa fille.

c) l’amour

– l’amour : « souvent à sa fille des peintures de l’amour » : métaphore + adj« agréable » : décrit comme positif.

– « honnête femme » (parallèle ac honnête-homme du XVIe) amène au bonheur : « grand soin de s’attacher à ce qui seul…» restriction.

« le bonheur d’une femme, qui est d’aimer son mari et d’en être aimé », chiasme importance du mari.

– combat permanent pour la femme : « il était difficile » « extrême défiance de soi, »

– critique des hommes : « peu de sincérité », « tromperies », « infidélité », « malheurs domestiques » termes dépréciatifs opposés à ceux associés aux femmes.

Lecture analytique numéro 7 , L’incipit de Bonjour Tristesse, de Françoise Sagan, 1954.

Intro : – accroche : Roman hors normes ( âge Sagan, succès, scandale) – Présenter roman : 1954, existentialisme, Sagan: personnage sulfureux. Roman d’analyse, d’apprentissage. L’extrait : début, incipit, annonce la suite, un été particulier pour une adolescente. – problématique : En quoi cet incipit dévoile une situation initiale ambivalente ?

I) un incipit simple et efficace

a) le style de Sagan

– voc. Simple : langage courant ( trouver exemple) de nombreuses répétitions(idem) de nombreuses juxtapositions d’idées : d’accumulations et d’énumérations (exemples….) qui correspondent à l’idée de dire plusieurs fois la même chose.

– structure accessible : introduction (définition de la tristesse, lien ac le titre, accroche le lecteur, le plonge dans une certaine ambiance), ensuite présentation des personnages, puis présentation du cadre en terminant par une pensée du personnage principal. + analepse (retour dans le passé).

– discours simples : narrativisé :
discours descriptif, véritable hypotypose (description détaillée, réaliste, animée, faire voir au lecteur) :

b) situation initiale

– Date : cet été-là (complément circonstanciel de temps)+ répétition, qui montrent l’importance de cet été (épanadiplose). De nombreux CCT tout au long du texte pour éclairer la lecteur sur le moment (cet été) crucial pour l’héroïne.

– Lieu : Paris d’un côté, et la « Méditerranée » de l’autre, « villa ».

– Personnages : « je » adolescente de « dix-sept ans », « mon père », « Elsa ».

II) Une héroïne dans un cadre enchanteur (une atmosphère de légèreté, idéale, etc.)…

a) Légèreté

– personnages (pensées de Cécile, un père léger, Elsa une femme simple)

– les vacances

b) Une Nature idyllique

– Nature très présente, et enchanteresse.

– Forte présence des couleurs

– Une maison qui domine

c) Un père idéalisé

– héroïne admirative : description de la ligne 11 à 18, avec deux accumulations. + elle emploie « estomac » pour ne pas parler du ventre de son père.

– importance des femmes, de son côté séducteur, de son physique.

– homme d’affaires, sait « manipuler » (séduction+ dans les affaires). Donc possède toutes les qualités: beau, gentil, riche, intelligent…

III) … qui annonce le drame.

a) Vision des adultes

– le père : véritable possessivité de Cécile envers son père, lien plus amical que paternel (point d’exclamation, lien amical« (…) jusqu’à demander si… », possessivité « …ne nous… », étrangeté « je n’eux aucun mal à l’aimer »)
– Elsa : jugement péjoratif de Cécile envers Elsa, la décrit comme un peu trop naïve, idiote.

b) jeu d’opposition

– d’un côté Cécile et son père, (leur peau au soleil) de l’autre Elsa.
– ambivalence de Cécile, adolescente heureuse/tristesse et philosophie.

– Paris/ mer – espoir/réalité, – légèreté/obscurité, – précision/approximation

c) Importance de la mélancolie.

– chaleur : « écrasante », comme une menace qui va faire tourner les têtes
– la maison parfaite donne l’image d’un château (comme celui de la belle aux bois dormants) inaccessible. Elle est à l’écart : « cachée »
– définition de la tristesse dès les premières lignes, fait écho à la fin du passage, les pensées « facile(s) » de Cécile.

Lecture analytique n°6, La princesse de Babylone, Voltaire, extrait chapitre 6 « le despotisme éclairé ».

Intro : Amorce (sur les Lumières, citez des philosophes du XVIIIe etc.) Présentation générale de l’auteur et de l’œuvre étudiée puis présentation plus précise de l’extrait. Annonce de la problématique : En quoi cet extrait est-il polémique ? Annonce du plan : Dans une première partie nous étudierons la critique des gouvernements despotiques puis nous analyserons l’éloge de l’impératrice des Cimmériens.

I) Critique des gouvernements despotiques

a) Etroitesse d’esprit (des peuples gouvernés par l’idiotie et la méchanceté)

– champ lexical de la petitesse (oxymore « génie étroit »+ restriction « seul » « étroit » « resserré » « son » « excepté » « il n’y a pas un…»)

– métaphore « regarder son peuple », hyperbole, « seul sur la terre »+ parallélisme de construction avec deux comparaisons et la répétition de « seul » + tournure restrictive « ne communiquent pas avec eux » :égocentrisme et méchanceté, guerriers.

– racisme ( « préjugés vulgaires »+ « il n’y a pas un Egyptien » exemple illustratif ac un argument d’expérience et une litote « il n’y a pas un Egyptien », +verbe de volonté : vouloir (donc choix)

b) injustice et religion

– dévalorisation de ceux qui font les lois : généralité « la plupart des législateurs »+ termes juridiques(législateurs, institutions, lois, juste et injuste) allitération en « s » (soumettre (terme fort exprimant la soumission), société, si insociable (mauvais pour la société, pour « le vivre ensemble »).

– différence entre les idées des Lumières (retour à la Nature, personnification « la nature, qui a gravé dans nos cœurs » : les êtres humains savent faire, s’ils sont éclairés par le savoir, la différence entre le bien et le mal) et ces despotes.

– raisonnement déductif : Voltaire part des législateurs en général pour arriver aux Egyptiens illustrant ainsi sa dénonciation des gouvernements despotiques.

– concession « excepté la cour »= voit le goût, pour la noblesse, de Voltaire (+ les courtisans sont souvent les plus cultivés).

– ironie ac périphrase «si fameux monceaux de pierre », gâchis

– termes dépréciatifs « abrutis et déshonorés » « superstitions barbares » (périphrase désignant leur religion) : superstition= obscurantisme, « profane » non initiée, ignorant.

– critique directe, « leurs prêtes » associés à des termes dépréciatifs « cruels et absurdes », montre la répulsion de Voltaire pour ces représentants religieux.

II) Eloge de l’impératrice

a) une éloge structurée

– connecteurs
– paragraphes
– jeu d’opposition entre les deux paragraphes: homme/femme, « entièrement opposés », embrasse, compassion/ soumettre, cruel, petitesse/vaste, tous les peuples/seul, puissant génie/ génie étroit, ennemi/frère, etc.

b) une despote puissante et maternelle

– une divinité (comparaison dès les premières lignes)

– « vaste », « genre humain » + hyperboles (et répétition) « tous les méridiens », « tous les peuples » « toutes les nations du monde », répétition du mot « monde » : plus de restriction.

– marques de la 3e personne du singulier très présentes : « son » « ses » « elle »

– aimée de son peuple : « bienfaitrice », + complicité avec le « nous » + « mère » frère », le peuple devient une famille.

– annonce du futur avec l’utilisation de ce temps et du présent : ne doit rien changer.

c) défendant l’union et la tolérance

– uni comme une famille

– champ lexical de l’union : joindre, correspondre, la même, le lien des hommes.

-parallélisme marquant un lien entre peuple du monde et différence «  tous les méridiens/ ces différents méridiens »= tolérance

– parallélisme « tolérance de toutes les religion/compassion pour toutes les erreurs » idée de pardon, acceptation (et richesse?) de l’autre.

– raisonnement déductif (part de la tolérance en général et arrive aux Scandinaves et aux Chinois, exemple illustratif parlant car deux peuples vraiment très différents).

– terme laudatif « précieuse tolérance » associé à « le premier lien des hommes »comme un diamant, marque l’importance de la tolérance, fondamentale.

Conclusion : Répondre à la problématique en reprenant les titres des grands axes mais avec subtilité 😉(utilisez des synonymes). Ici et slmt ici, expliquez le lien avec le gouvernement Français du XVIIIe. Ouvrir (sur une autre œuvre, sur la condition des femmes, etc.)

Lecture analytique n ° 5, La Princesse de Babylone, Voltaire, extrait chapitre V, page 232 du manuel « L’arrivée de Formosante en Chine », 1768.

Intro à compléter par vos soins (accroche/présentation générale puis de plus en plus précise/problématique et annonce du plan) En quoi Voltaire dénonce t-il les religieux tout en proposant un nouveau modèle gouvernemental?

I) Un empereur modèle
a) un Empire merveilleux

– peuple parfait, poli et accueillant : hyperbole des 4000 mandarins, hyperbole des compliments : « ……………………………………. » Différent de la princesse qui apparaît touchée et polie mais teintée de suffisance : « ………………………………… »

– beauté richesse : « ………………………………………….

b) portrait moral de l’empereur

– absence de trait physique, de portrait physique.

– un véritable modèle :

– un être juste

c) un empereur puissant et dans l’action

– puissance :

– il agit :

II) Pour critiquer l’intolérance religieuse
a) la stratégie de l’auteur

– vivacité qui passe par les différentes formes de discours rapportés :

le jeu avec les temps :

les différents discours (narratif, argumentatif) :

– humour :

b) les religieux

– des êtres à part, loin du monde, qui vivent dans un endroit reculé, Voltaire amène ainsi le discrédit sur ces personnes différentes du monde moderne :

– injustes et intolérants :

– vénaux, cupides :

Lecture analytique n°4, La princesse de Babylone, extrait p 230 de votre Manuel « les Gangarides », chai 3, Voltaire, 1768. comment Voltaire valorise un peuple tout en critiquant celui de la France du XVIIIe ?

Intro : accroche sur les Lumières ou sur l’origine et la définition du mot « utopie » (Thomas More)…/ Présentation de l’œuvre et de son auteur puis présentation de l’extrait. Problématique et annonce du plan.

  1. Une société utopique
    a) personnages et Nature

    – de véritables héros, chevaliers, force héroïque(« peuple vertueux et invincible » : rythme binaire ac deux adjectifs forts et laudatifs + « les guerriers tombaient sous le sabre des Gangarides comme des moissons de riz… » métonymie et comparaison pour marquer la force de ces hommes.
    – unis, soudés : « il aime trop ses compatriotes » adverbe « trop » marque l’exagération + « nés tous égaux » marque l’idée d’égalité.
    – philosophe : comparaison ac les Chaldéens, en plus d’être des battants, ils détiennent aussi le savoir.
    – nature exotique : « rive orientale du Gange » répétition régulière du nom fleuve et du point cardinal correspondant à l’est (« l’orient » 3 fois), pays « Inde ».
    – Nature belle et abondante : « près éternellement fleuris » hyperbole portée par l’adverbe de temporalité, « D’ailleurs la terre des Gangarides produit tout ce qui peut flatter les désirs de l’homme » hyperbole désignant les ressources du pays. « végétaux prodigués par la nature pour nourrir tout ce qui respire » allitération en « r » pour marquer la richesse de la terre des Gangarides. « troupeaux innombrables » encore une fois hyperbole marquée par le nombre. « ces gros diamants » « mine » montrent la richesse également. « eaux salutaires du Gange »= utilité.b) Les animaux

– personnification licornes= guerriers, moutons= commerçants et peuple (produisent une laine parfaite), perroquet=orateur/prêtre (hyperbole « prêchent à merveille »).

– Les animaux sont dotés de la parole mais aussi de la pensée (le phénix= Voltaire= philosophe). La personnification évoque le merveilleux mais aussi l’idée d’égalité entre les êtres vivants. Ils sont écoutés et respectés (« son semblable », « ayant pris l’avis des licornes »).

– Les animaux sont aussi valorisés grâce à l’utilisation d’une énumération, de répétitions et de l’emploi du superlatif : « leur laine est la plus… »), de l’accumulation « c’est le plus bel animal, le plus fier… » et des hyperboles (que l’on trouve dans les chiffres, les quantités)

c) les valeurs des Gangarides

– égalité : entre les êtres vivants, égalité entre les berges, comme déjà dit précédemment.+ « nous ».

– végétarisme : référence à la culture indienne. « crime horrible »= pléonasme pour accentuer l’idée d’atrocité des carnivores.

– le pardon : « on employa six mois entiers à guérir le roi des Indes de sa maladie » = adverbe « humainement ». (ici maladie est une métaphore qui désigne l’envie de faire la guerre, l’orgueil de l’homme de toujours vouloir plus et se croire le plus forte et le plus légitime). Termes médicaux, on ne sanctionne pas, on soigne.

– religion : sans clergé ni rite, de simples réunions. « rendre Grâce à Dieu » « remercier Dieu ».

II) Critique implicite

a) religion
– choix ironique du perroquet pour représenter le prêcheur. (humour aussi présent dans le choix des animaux : licorne normalement=pureté, virginité, ici guerrière, moutons= le peuple suiveur, idée de bêtise, suivent sans réfléchir. Voltaire critique implicitement toute la société

b) Condition du peuple et monarchie
– berger exploité : ton polémique de l’oiseau ac l’utilisation de l’impératif et la formule restrictive, critique la situation des bergers de Babylone, antithèse l556 « à peine »/ « infiniment » pour marquer l’absurdité de la pauvreté des bergers + comparaison ironique entre les habits des bergers et ceux des moutons pour appuyer cette absurdité. Utilisation d’une métaphore « gémissent sous le fardeau » montre le mal-être des bergers babyloniens.
– les hommes : dépravation des hommes : « alimentés de carnage », « abreuvés de liqueurs fortes » humour dans l’évocation des raisons qui amènent l’homme à faire la guerre (« carnage »=viande, « liqueur »= vin.)
– critique du roi, du système monarchique : « exacteur » impôt, « maître »= idée de soumission alors que chez les Gangarides, on prône l’égalité.+ « s’abaisser à être », « il aime trop ses compatriotes » : implicitement on comprend qu’être roi est donc indigne et nécessite de ne pas aimer son peuple= dénonciation polémique de la monarchie absolue. + jeu de mot ac le verbe « abaisser » car on s’abaisse normalement pour saluer le roi.

c) la guerre
– registre épique (verbes d’action, provoquer effroi chez le lecteur, champs lexicaux du combat et de l’atrocité) et tragique.
– dévalorisation des envahisseurs : « Inde assez fou », « sa sotte cour et ses imbéciles guerriers » : parallélisme de construction, «  cent manières différentes » hyperbole
– présent de vérité générale l483, « les hommes » champ lexical de la violence « carnage » « sang » « aduste » « fureur » « dévaster »+ guerre associée à la folie « fou » répété deux fois synonyme « démence » + ironie.
– « verser le sang de leurs frères, et de dévaster des plaines fertiles pour régner sur des cimetières ». phrase forte construite ac une musicalité (rime en « ere »), opposition entre « verser le sang » et le terme familial « frère », antithèse « fertile » et « cimetière », allitération en « r ».
– guerre= tableau d’un monde monstrueux, noirs où le sang coule à flot tel du vin.

Lecture analytique n°3, « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », discours, Olympe de Gouges, 1791

INTRODUCTION(accroche/Présentation/problématique  » En quoi ce discours est-il polémique?)

I) Un plaidoyer structuré
a) texte officiel

-pastiche : le titre, + « le droit » « article 1er », « en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants » : utilisation d’un texte historique pour appuyer son propos, mettre en exergue l’absurdité de l’oppression des femmes (devraient être considérées comme les hommes de la déclaration des droits de l’homme) et donner une valeur officielle à son texte.

– le pronom « je » est très peu utilisé, l’auteure s’efface à la faveur de sa cause. Mais cela reste de l’argumentation directe.

– solennité : registre oratoire, adresse directe aux hommes (apostrophe « Homme » + champ lexical juridique « droit » « assemblée » « législature » + questions rhétoriques, on est donc dans un plaidoyer), et du sérieux « sacré » « solennelle », Olympe de Gouges utilise donc un vocabulaire technique pour convaincre son lecteur.

b) arguments de la raison

– texte structuré : – Apostrophe, ouvre le discours – Généralités parlant à tous

– texte officiel : intro/droit et devoir/pouvoir des femmes/ les réclamations à écouter des femmes /ccl.) On remarque donc une vraie progression. – connecteurs « « l’exemple », « afin que » répété trois fois, « en conséquence »,

– raisonnement déductif, passe d’une représentation de la Nature où règne l’égalité, à la société humaine (et surtout à l’homme), dans laquelle règne l’oppression, s’appuie donc sur un raisonnement logique et une preuve, une comparaison, universelle et invite l’homme (et ainsi le lecteur) à une démarche expérimentale : montre encore une fois que les hommes sont une « exception » dans la nature.

– anaphores : « Partout », « afin que » pour appuyer son propos, insiste sur l’idée d’une égalité « partout » dans la Nature, excepté chez les hommes. L’anaphore d’ « afin que » met en valeur toutes les revendications, les souhaits d’Olympe de Gouges pour améliorer la condition des femmes.

c) universalité

– argument universel, compare l’homme à la Nature « végétaux » « nature ». Montre la singularité de l’espèce humaine à séparer les hommes et les femmes.

– ouverture de son propos sur les institutions : « corps social » « institution politique » « constitution » « des bonnes mœurs, et bonheur de tous », « les auspices de l’Être suprême » « malheurs publiques » « gouvernement », montre l’universalité de sa cause, souhaite que tout le monde l’entende et l’écoute, le changement doit venir d’en haut, espère le soutien des institutions, l »auteure s’emploie à défendre le droit des femmes à une représentation politique (comme les hommes), formulation d’une requête, mais sans appel : « A décréter par l’Assemblée nationale… »

II) Pour une dénonciation émue de la condition des femmes

a) dévalorisation des hommes

– tutoiement : amène de la familiarité, adresse directe « Dis-moi », Olympe de Gouges annonce donc dès le début de son discours à qui elle s’adresse. – ironie de l’auteure « es-tu capable d’être juste ? », « ta force ? », « tes talents ? » « Si tu le peux » pour bousculer les hommes et les lecteurs.

– insultes directes dans une gradation ascendante « bizarre, aveugle, boursoufflé… » qui finit par « despote »+ utilisation d’un superlatif « la plus crasse », la bêtise des hommes laissant les femmes en bas de l’échelle est assimilée à de la saleté en même temps qu’à de la méchanceté, l’idiotie des hommes est aussi mis en valeur par l’opposition qui précède « dans ce siècle de lumières et de sagacité »

– l’homme est dépeint comme un persécuteur : « empire tyrannique », « despote » or nous sortons de la Révolution qui a déchu le roi et son pouvoir absolu, on ne veut plus de pouvoir dictatorial, l’homme est donc assimilé à ce qu’on a combattu pendant la Révolution.
– « es-tu capable » « si tu l’oses », « si tu le peux », la forme interrogative et la conjonction de coordination « si » exprimant l’hypothèse, réduisent l’homme à un être incompétent, tout comme « s’est fagoté », et les verbes d’état « tu sembles » « il prétend ».
– allitération en « s » « L’homme s’est fagoté… » exprimant la sournoiserie des hommes. – emploie de l’impératif « Observe », « Remonte » « rends-toi »… Olympe de Gouges ordonne un changement.

b) Valorisation des femmes et de l’égalité entre les êtres

– On devine les aspirations d’Olympe de Gouges pour un monde meilleur et plus juste à travers les expressions « ensemble harmonieux » « coopèrent », « évidence », et montre l’égalité comme une « sagesse » (assimilée à Dieu dans le texte car Dieu a créé un monde où l’égalité triomphe) « grandeur », « chef d’œuvre immortel » (assimilés à la nature car la Nature ne distingue pas les sexes) .
– la femme est finalement décrite, on parle de sa « beauté », de son « courage », de sa « liberté », ayant « toutes les facultés intellectuelles » qu’il faut, l’écrivain souhaite valoriser le sexe féminin.
– Olympe de Gouges cherche aussi à apitoyer le lecteur en évoquant la dure condition des femmes et leurs « fléaux » leurs malheurs, leurs souffrances et rappelle la dignité de son sexe : « ignorance » « oubli » « mépris » « oppression » « souffrances maternelles » l’hyperbole : « les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements »
– recours à un groupe ternaire : « mères, filles, sœurs, » + « représentantes de la nation »qui illustrent une revendication légitime en rappelant les liens étroits entre les hommes et les femmes, toucher le monde entier car tout être humain a une mère. – Enfin Olympe de Gouges se veut la porte-parole de cette communauté (les femmes), elle utilise donc comme nous l’avons déjà dit l’argumentation directe. On sent également une certaine agitation, ébullition, emportement, dans son discours, avec le changement de pronom « tu » « il » « moi » « elles » qui sert également à impliquer toutes les corps de la société, mais et surtout elle-même : « c’est une femme qui te pose la question » « mon sexe », allitération en « m » dans l’expression « empire d’opprimer mon sexe » marquant son mécontentement, « quand je t’en offre les moyens », elle s’inclut donc dans son propos et en se place en représentante.

Conclusion (à rédiger) :

Lecture analytique n°2, « femmes soyez soumises à vos maris » pamphlet de Voltaire, 1768

Intro :- accroche/ présentation générale présentation du texte / Problématique: Comment Voltaire dénonce-t-il la condition des femmes?/plan

I) Le portrait d’une originale 

a)Une femme avec du caractère

Voltaire dresse le portrait d’une femme qui détient une grande force de caractère. Les premières lignes du texte sont un récit de vie qui montre plutôt une femme à la mode, une aristocrate qui a mené une existence futile. Mais le portrait s’affirme ensuite, au travers du dialogue entre la maréchale de Grancey et l’abbé de Châteauneuf. On y découvre la maréchale prompte à s’emporter, comme le montre la violence de sa réaction après la lecture, dans les Epîtres de Saint Paul, de la phrase qui lui a déplu:« toute rouge de colère ». Son geste même (« j’ai jeté le livre») témoigne de sa fureur. Cet emportement est toujours sensible dans l’entretien qui nous est rapporté, et la force de son indignation se mesure aux menaces virtuelles adressées à l’apôtre («je lui aurais fait voir du pays ») mais aussi à ses questions indignées et répétées:« Sommes-nous donc des esclaves ? » Elle utilise aussi des exclamations véhémentes, marquées d’ironie «voilà une plaisante raison pour que j’aie un maître!».

b)refus de la soumission

La maréchale refuse avec la plus grande énergie l’invitation chrétienne à la soumission, et cette énergie est aussi sensible au développement de sa réplique qui a tout de la diatribe passionnée ne laissant plus guère de place à son interlocuteur, ici l’abbé de Châteauneuf. La maréchale ne mâche pas ses mots, quoique fréquentant la société élégante et, pour plaider la cause des femmes, elle n’hésite pas à évoquer de manière très directe les plaies propres à la condition féminine:la grossesse, nommée ici «une maladie de neuf mois», les menstruations féminines nommées «des incommodités très désagréables pour une femme de qualité». Il s’agit certes de périphrases, mais qui évoquent des réalités physiologiques très claires, et qui sont donc très crues pour une conversation d’époque.

II)La dénonciation de la condition féminine 

a) humiliation de l’ adversaire

Pour contester la phrase de Saint Paul qui la choque, la maréchale utilise d’abord un argument ad hominem(reprise de parole pour se moquer, ou moquerie sur le physique ou l’intellect de l’adversaire). Elle discrédite donc la personne même de l’apôtre : « je suis persuadée que votre saint Paul était un homme très difficile à vivre ». Elle l’attaque en fait plus particulièrement dans sa vie conjugale, comme le montre l’expression qui suit:«il fallait que sa femme fût une bien bonne créature».

b) l’interdépendance des deux sexes

Elle emploie ensuite plusieurs arguments pour contester plus rationnellement l’invitation à la soumission féminine. Elle montre d’abord que la différence entre sexes fonde les conditions d’une interdépendance, et non d’une soumission : « […] en nous rendant nécessaires les uns aux autres». Elle explique ensuite que l’inégalité entre hommes et femmes n’a pour base que la force physique des premiers : « je sais bien qu’en général, les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres ». Ce deuxième argument est souligné par la force de son ironie, sensible à l’antiphrase:«j’ai bien peur que ce ne soit là l’origine de leur supériorité ».

c) émotions

Mais la maréchale ne se borne pas à contester le texte des Evangiles, elle témoigne aussi avec beaucoup d’émotions de la difficulté de la vie des femmes à son époque. Elle rappelle combien la femme est soumise à l’obligation de procréer, le mariage n’existant en effet qu’à cette fin:«N’est-ce pas assez qu’un homme […] ait le droit de me donner une maladie de neuf mois ». Elle souligne les dangers de la grossesse et de l’accouchement:«une maladie qui est quelquefois mortelle», «de très grandes douleurs». Elle montre la vulnérabilité des femmes, même devant la justice:«un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur». Bref, elle dresse un tableau pathétique du sort réservé aux femmes qui ajoute une force persuasive à sa thèse.

III)L’ironie du narrateur 

a) un personnage comique

Le narrateur n’hésite cependant pas à se moquer du personnage qu’il met en scène. Les premières phrases du texte sont empreintes d’ironie puisqu’on y dresse le portrait d’une femme futile, comme le souligne l’antithèse plaisante « […] cette dissipation […] qui occupe(nt) sérieusement les femmes ». Cette femme élégante vit dans la frivolité d’occupations oiseuses:«n’ayant jamais mis dans sa tête que les nouvelles du jour […]». Son ignorance paraît même à la limite du crédible puisqu’elle est censée découvrir un des textes sacrés des Evangiles, avec les lettres de Saint Paul.

b) reproches cachés.

Sa conversion à la culture est présentée par le narrateur comme imposée par l’âge et les contraintes de la nature:il faut renoncer à plaire d’où la métaphore ironique du «trône» que l’on change. La reine des cœurs entreprend de se cultiver! On peut remarquer combien les expressions qui suivent «on lui fit lire», «on lui donna ensuite » sont péjoratives et montrent le peu d’autonomie de la maréchale dans ses choix culturels. Dans son ignorance, dans sa futilité passée, dans son emportement incontrôlé, le personnage peut sembler quelque peu caricatural:on reconnaît surtout sans doute l’effet d’une ironie souveraine qui n’épargne pas même les personnages détenteurs de la bonne parole.

Ccl : Les traits caractéristiques du pamphlet sont bien présents ici: l’ironie:ironie du narrateur à l’égard de la Maréchale de Grancey ; ironie du personnage dans son discours ; un texte de combat : Voltaire choisit ici un porte- parole pour dénoncer l’inégalité entre homme et femme telle qu’elle paraît recommandée par une lecture littérale de cette parole évangélique. un texte qui suscite l’indignation : l’injustice du sort réservé aux femmes apparaît clairement dans la réplique de la maréchale de Grancey qui souligne les difficultés liées à leur condition même. Ouverture :

 Lecture analytique numéro 1 : Montaigne, Les essais, I, 26, « Sur l’institution des enfants »

Intro : accroche/ présentation (générale et extrait)problématique: En quoi cet essai est-il humaniste? En quoi cet essai critique-t-il l’éducation du 16e siècle?/plan.

I) Une éducation désuète (vieillissante)

a) critique des précepteurs de son temps

– le nom « un guide » est utilisé comme synonyme de précepteur, Montaigne utilise la métaphore de l’accompagnement ( on doit « guider », accompagner, l’élève), dès le début de son essai pour exprimer sa vision du précepteur.

– parallélisme de construction « tête bien faite que bien pleine » qui accentue l’idée de réflexion : le précepteur doit savoir réfléchir et ne pas être qu’un catalogue de connaissances.

– oppose « modèle usuel », « notre usage » à «  manière nouvelle », on comprend alors que Montaigne compare deux méthodes (l’ancienne et la sienne)

– « je souhaiterais qu’il se comportât dans l’exercice de sa charge » : utilise le conditionnel pour exprimer un souhait, Montaigne réclame une nouvelle méthode d’enseignement. L’expression « exercice de sa charge » amène la solennité (le sérieux) en utilisant le champ lexical du monde professionnel.

– champ lexical de l’erreur : « corrig(er) la méthode usuelle », «  Faute d’apprécier », « gâtons tout » prouve qu’on est dans la critique

– formule latine, sa traduction dévoile bien l’idée que le professeur peut faire du mal s’il se croit seul et supérieur.

– apostrophe directe « Quant aux maîtres, » qui dévoile une critique explicite.

b) contre l’éducation collective
– « …même façon d’enseigner et une pareille sorte de conduite… » : parallélisme de construction qui accentue l’uniformité (monotonie, platitude, même savoir à tout le monde) de l’enseignement.

– beaucoup d’esprits de tailles et formes si différentes », deux adverbes « beaucoup » et « si » qui dévoilent la diversité des élèves (donc : uniformité de la leçon s’oppose à la diversité des élèves, cela pour bien montrer l’absurdité de la chose, de cette méthode).

– litote « il n’est pas extraordinaire », dire moins pour exprimer plus, ici dire : il est normal.

– hyperbole « peuple d’enfants », pour montrer l’importance des enfants. ( qui sont assimilés au peuple)

– antithèse : « tout un peuple d’enfants » ( veut dire : beaucoup d’enfants) qui s’oppose à l’utilisation de l’adverbe « à peine » associé aux chiffres « deux ou trois », pour montrer le peu de réussite de la méthode ordinaire.

Le collectif ne permet pas la réussite de la majorité des élèves.

c)contre le gavage

– terme péjoratif « criailler à nos oreilles» et allitération en « r » qui montre le côté désagréable de l’enseignement ordinaire.

– comparaison : « l’entonnoir », idée péjorative de remplissage, de « gavage ».

II) Pour une nouvelle éducation

a) L’adaptation

– « selon la portée » la préposition « selon » marque l’adaptation, le choix.

– métaphore cheval « trotter », « régler l’allure »… du cavalier, chez Montaigne, le précepteur est un cavalier qui doit écouter sa monture.

– verbes : « se rabaisser », « s’adapter », « y conformer sa conduite » qui amène bien l’idée d’ajustement.

– superlatif « tâches les plus ardues »+ adjectifs mélioratifs dans la phrase « est l’effet d’une âme élevée et bien forte » = louange du précepteur qui sait s’adapter.

b) l’indépendance, esprit critique, de l’élève.

– accumulation (« mettre sur la piste,…ouvrir ») de verbes d’action pour montrer que l’élève doit être actif, au centre de son apprentissage.

– chiasme (en lui ouvrant…ouvrir) appuie également l’idée de partage, d’échange entre précepteur et élève.

– antithèse : je ne veux/pas je veux : Montaigne exige (verbe vouloir) l’indépendance de l’élève qui doit prendre la parole

– conjonction qui marque l’opposition « mais » (ligne 24) encore une fois Montaigne compare les deux méthodes.

– parallélisme « non par le témoignage de sa mémoire mais par celui de sa vie » est là pour valoriser l’idée d’expérience : l’élève doit savoir réutiliser dans un autre cadre les connaissances apprises en cours.

– hyperbole« cent formes » + « autant de sujets différents », montrent bien l’idée de transformer le savoir appris et l’appliquer ailleurs.

– métaphore estomac, digestion. L’estomac transforme la nourriture comme l’élève doit réussir à transposer la leçon.

III) la stratégie argumentative d’un auteur humaniste

a) Implication de l’auteur

– je

– « nous » « on »

-verbe de volonté

-tournure impérative avec l’utilisation du subjonctif

– Argumentation directe sans détour, genre de l’essai, veut toucher de front son lecteur

b) persuasion

– argument d’autorité Socrate, Arcélias, et formule latine

– joue ac les images.

– « Nos oreilles d’enfant » nous devenons soudain nous aussi des enfants, souvenir de l’école, applicable aux enfants.

– ne se place pas au dessus des autres mais sur un pied d’égalité ac le nous, se reproche aussi des chose « nous gâtons tout » mais propose néanmoins un autre chemin.

c) humanisme

– enfant au centre = homme au centre

– davantage porté sur les lettres que sur les sciences, lier intelligence et morale

– référence à l’Antiquité

Ccl : résumer/ouverture.